Sans faire de mauvais esprit, on pourrait croire que chez Renault, la devise est  » Privatiser les profits et mutualiser ou socialiser les pertes ! » quand on a appris il y a quelques jours que l’Union Européenne allait verser au constructeur la somme de 24.5 millions d’euros pour la mise en place du fameux plan de départs volontaires de 4400 salariés issus de Renault et 6 ou 7 de ses fournisseurs.

Si l’on fait le détail des types de reclassements, on obtient  :

66% vont vers un congé de reclassement ( 2904 personnes  )

19% vont vers la retraite ( 836 personnes )

15% vont vers un projet professionnel personnel ( 660 personnes )

Finalement en dehors des retraités, ce sont 3582 salariés qui sont dans une situation instable, précaire voire même déjà délicate et c’est ceux là qu’il faut aider principalement dans le « retour à l’emploi ». Pour rappel la France avait sollicité en 2008/2009 le fameux FEM ( Fond européen d’aide à la mondialisation ) pour aider le constructeur lors de la crise à financer les départs des salariés de leurs emplois. Ces départs, leur accompagnement auraient couté à Renault plus de 37 millions d’euros et à l’époque, la France avait souhaité l’aide de l’Europe pour ne pas mettre plus en difficulté Renault. Et c’est donc en 2011 que la fameuse aide de 24.5 millions d’euros va être versée même s’il faut encore que le versement de l’aide par le FEM décidée par la Commission Européenne soit paraphée par les 27 membres de l’Union et ratifiée par le parlement Européen. Ce qui devrait être fait dans les prochains jours même si la bonne santé financière actuelle de Renault ( 3 milliards de bénéfices l’an passé ) et la très forte crise monétaire de la zone Euro pourraient entrainer quelques réticences ou grincements de dents de la parts de certains des 27 membres de l’UE. Ces 24.5 millions doivent servir à couvrir les frais  de :

-Conseils en recherche d’emploi

-Conseils en création d’entreprise

-Conseils en formation et reconversion

-Aides à la réinsertion et allocations diverses et variées

Reste qu’on peut aussi légitimement se poser la question du mode de fonctionnement du constructeur qui « facture » à l’état et à l’UE, les pertes, les risques et les plans sociaux et qui ne donne rien ou presque quand tout va bien… au moins financièrement ! Néanmoins, Renault sait qu’il peut compter sur un appui de poids, avec Laszlo Andor, le commissaire européen qui remet en avant le fait que l’industrie automobile européenne a été particulièrement touchée par la crise économique, que la production a beaucoup chuté en Europe pour finalement être délocalisée ( NDLR : Renault n’étant pas à la traine dans le domaine ! ) et que la situation des salariés du secteur est particulièrement difficile actuellement.

Via LeFigaro.

Crédit photo : Maxppp