Criblé de dettes, quasiment sans aucune production depuis le printemps dernier, confronté à des défection de distributeurs, Saab vient de déposer le bilan et de se placer sous administration judiciaire dans le cadre de la loi de protection contre les faillites.

Victor Muller de déclarer :  » Nous avons conclu qu’un processus de restructuration volontaire nous accorderait un temps suffisant pour payer les salaires, obtenir des financements à moyen terme et préparer une ( possible ) reprise de production ». Victor Muller de poursuivre « …l’entreprise est en gros, entrain de glisser vers la liquidation comme nous avons trouvé Saab quand nous l’avons racheté… mais la situation s’est avérée plus grave que prévu ! Saab n’est pas en faillite, l’entreprise fonctionne , simplement nous ne produisons pas de voitures ! » Doit-on rire à la lecture de tels propos, un peu tout de même car un constructeur automobile qui ne construit pas de voitures n’a aucune raison d’être sous cette forme industrielle ce qui semble donc être le cas de l’entreprise suédoise.

Le tribunal de Vänersborg a désigné  un administrateur judiciaire ( Guy Lofalk ) qui va étudier dans les prochaines semaines la viabilité du plan de restructuration proposé par la direction de Saab. Avant la fin du mois de septembre, ce plan sera soumis aux juges du tribunal et présenté aux différents créanciers. S’il est accepté, l’équipe de V.Muller et l’administrateur auront trois mois pour le mettre en place ( délai renouvelable 3 fois soit une durée totale d’une année ) si c’est non, vous savez tous ce qu’il adviendra de Saab !

Avec cette procédure, V.muller espère ramener la sérénité dans l’entreprise et faire en sorte que rien de fâcheux n’arrive à Saab dans les prochaines semaines. Il dit aussi que cette mise sous la loi de protection contre les faillites doit assurer une stabilité dans un proche avenir et simultanément attirer de nouveaux financements et de nouveaux investisseurs ! Oui….

On sait aussi qu’avec cette fameuse loi de protection contre les faillites, V.Muller assure le paiement des salaires de ses employés puisqu’il profite du système suédois de garantie des salaires. IF Metall, principal syndicat présent chez Saab, on crait toujours le pire mais on estime aussi que cette décision pourrait aussi être une bonne solution pour avoir l’espoir d’un futur pour Saab. Néanmoins, cette nouvelle situation ne change pas vraiment la donne notamment sur les marchés ( Amsterdam pour Saab ) puisque la cotation de l’action Saab a du être suspendue car l’action est tombée à un niveau ridiculement bas de 0.72€/action ! Voilà qui en dit long sur la confiance des investisseurs ( et des spéculateurs ) sur l’avenir de Saab qui est bien pire que celui de 2009 car aujourd’hui le constructeur n’a rien à proposer de neuf si ce n’est quelques projets qui sont très loin de pouvoir se matérialiser.

Par ailleurs, depuis quelques jours des informations sont remontées à la surface au  sujet des rémunérations de certains membres du conseil d’administration de Swedish Automobile, ainsi le président du dit conseil, le néerlandais H.Hugenholtz s’est fait augmenter de… 633% ! La « bête » n’est pas morte mais déjà certains se servent de beaux morceaux et cela ne joue pas dans le sens de la crédibilité de la société. Et puis il reste l’épineux dossier des créances dues par Saab qui sont estimées à 150 millions d’euros par V.Muller et beaucoup plus par des experts du monde de l’automobile. D’ailleurs selon plusieurs d’entre eux, ce ne sont pas 300 ou 400 millions d’euros qui sauveront Saab mais entre 900 millions et 1 milliard d’euros ce qui n’est pas la même chose. Enfin V.Muller compte toujours sur les deux financements chinois et le traitement rapide de son dossier par l’état chinois. On dira que c’est un optimisme de façade quand on sait que pour des entreprises bien plus importantes que Saab, bénéficiaires, avec pignon sur rue et associés en Chine,  vendant des dizaines ou des centaines de milliers de voitures il faut près d’une année pour obtenir un accord de l’état chinois.

Saab, contrairement à ce l’on veut bien nous faire croire est vraiment au plus mal, à un point qu’il n’a jamais connu ( même en 2008-2009 ) et on veut bien adhérer aux propos « optimistes » du patron mais on veut aussi bien croire les propos des experts sur le sujet.

 

Via DI, Saab, AFP.

Merci à Plantu pour son petit juge ! 😉