C’est indéniable, la mode automobile du moment, c’est le SUV. Tout le monde s’y est mis, les modèles se multiplient, offrant l’embarras du choix pour le client en quête d’une auto à la fois berline et monospace le tout avec avec un look baroudeur. Skoda dispose depuis 2009 de son SUV maison, le Yéti, qui s’offre en ce début d’année un petit lifting pour rester dans le coup face à la concurrence toujours plus féroce. Direction l’Espagne pour cet essai qui nous conduira jusque dans le désert des Bardenas, endroit dépaysant où nous ferons connaissance avec cet abominable homme des … sables !

Essai-Skoda-Yeti-restylé-blogautomobile (105)

Quand on évoque les SUV compacts, on pense immédiatement à LA star du segment, le Nissan Qashqai. Il représente à lui seul près d’un quart des ventes du segment, un succès assez impressionnant dont tous les constructeurs rêvent… La nouvelle mouture arrive d’ailleurs en ce moment même sur le marché et nulle doute que les clients seront toujours aussi nombreux au rendez vous ! Sur les 2 autres marches du podium des ventes, on retrouve en 2ème position le Volkswagen Tiguan et en 3ème le Kia Sportage. Et le Yéti dans tout ça ? Eh bien…il est un peu plus loin ! Avec 2% de part de marché, il n’est certes pas un best-seller mais ses ventes sont tout à fait honorables puisqu’en France ce sont pas moins de 10 000 Yéti qui ont déjà trouvé preneurs depuis son lancement.

Souffrant d’un petit déficit de notoriété, le Yéti ne manque pourtant pas d’atouts pour séduire, à commencer par son look atypique.

La version 2014 se veut toutefois plus sérieuse : fini les gros phares ronds, place à la rigueur germanique tchèque. Vous l’aurez compris, les plus gros changements esthétiques se situent à l’avant. Celui de l’ancien Yéti avait le mérite d’être très original avec son double regard, peut-être trop diront certains et c’est sans doute pour cela que Skoda a revu sa copie en assagissant copieusement la proue de son SUV. Les projecteurs soulignés par des leds (sauf sur les versions d’entrée de gamme) sont désormais rectangulaires et les antibrouillards retrouvent une place plus traditionnelle en bas du bouclier.

Et le bouclier justement, parlons-en ! Le Yéti offre désormais la possibilité de choisir entre 2 styles distinctifs : celui de base qui équipe nos modèles d’essai, où une finition « Outdoor » plus baroudeuse avec de petits ajustements esthétiques qui renforcent l’aspect tout terrain de l’engin. On a donc affaire à deux restylages en un ! (découvrez sur les images ci dessous les différences entre la version classique, en blanc, et l’Outdoor).

Le profil quant à lui n’évolue pas et offre toujours un dessin sympathique et original avec un montant B couleur carrosserie bien visible coupant visuellement la voiture en deux. Le style général est à mi chemin entre un SUV traditionnel et un ludospace (type Berlingo ou Kangoo) avec un arrière très vertical. La version Outdoor propose des rétroviseurs gris argent, des baguettes de protection latérales ainsi que des bas de caisse noirs alors que le Yéti « normal » voit ces différents éléments peints couleur carrosserie.

A l’arrière, très peu de modifications mais on peut souligner l’arrivée de feux à led (en série ou en option selon les finitions) ainsi qu’un nouvel embouti du coffre qui reprend la signature stylistique trapézoïdale des dernières productions de la marque.

Petit détail à noter : la version Outdoor possède des angles d’attaque et de sortie supérieurs de 2° grâce à ses boucliers spécifiques, ce n’est certes pas grand chose mais cela peut se révéler utile  lors d’escapades hors des sentiers battus pour éviter de frotter contre un obstacle rebelle qui voudrait porter atteinte à l’intégrité physique de votre Yéti !

Le Yéti propose pas moins de 13 couleurs de carrosserie, 6 couleurs de toit et 8 modèles de jantes, offrant ainsi de très nombreuses possibilités de personnalisation.

A l’intérieur, c’est status quo (non, pas le groupe de rock des 70’s) : le dessin reste le même, seul un nouveau volant fait son apparition, accompagné de nouveaux tissus et inserts décoratifs. Pas de quoi chambouler un client de la première version donc, qui retrouvera une qualité de finition et d’assemblage de très bonne facture, au niveau des standards Volkswagen. Et comme chez le cousin germanique, la planche de bord respire la joie de vivre par ses couleurs gaies et son ambiance festive (ceci est une plaisanterie).

L’idole des vieux jeunes le disait si bien : noir c’est noir (quel philosophe ce Johnny !). L’intérieur est certes bien fini mais quelle tristesse ! Il est néanmoins possible d’opter pour une sellerie marron (non ?) voire beige (incroyable !) pour briser la monotonie ambiante et offrir un peu de couleur claire à l’habitacle. Une partie de la planche de bord ainsi que les contre portes prennent de la couleur également, rendant le tout plus accueillant. Un insert en plastique brillant vient enjoliver la planche de bord, ce dernier est disponible dans plusieurs coloris également (comme quoi, j’étais un peu mauvaise langue en affirmant que tout était noir, ce n’est pas tout à fait vrai !).

Question cruciale désormais lors d’un essai : est ce que le plastique est moussé ? Réponse : oui ! Enfin oui, mais pas partout ! Tout le haut de la planche de bord l’est, les parties basses ainsi que les contres portes (en résumé tout ce qui n’est pas noir sur les versions « bicolores ») sont quant à elles réalisées dans un plastique dur, au toucher quelconque mais offrant un aspect visuel très proche.

Le nouveau volant est agréable à prendre en main (il est un peu plus épais que l’ancien), les ajustements sont précis, il n’y a pas de boutons à profusion, l’ergonomie est simple et efficace, bref pas grand chose à redire sur la qualité de cet intérieur qui se classe aisément dans le haut de la catégorie. On aurait tout de même aimé un peu plus de fantaisie, mais la sobriété plait aussi, alors… Sobriété toujours concernant le design des compteurs, basique mais fonctionnel. La nuit venue, les différents boutons de la planche de bord s’illuminent en vert clair (non, pas le vert fluo des autos des 80’s et 90’s, un vert plus agréable à l’œil !) et les compteurs en blanc.

Restons à l’intérieur : qu’en est-il de l’habitabilité ? Avant d’évoquer ce point, quelques précisions techniques ! Le Yéti mesure 4,22 m de long, ce qui le place directement en face de…euh…personne ! Il est en fait à cheval entre 2 segments : les SUV classiques et les crossovers urbains. A titre de comparaison, un Nissan Qashqai 2 mesure 4,38 m (4,33 m pour le 1), un Peugeot 3008 4,36 m, un VW Tiguan 4,42 m, un Renault Captur 4,12 m et un Peugeot 2008 4,16 m.

Malgré cette taille assez contenue, le Yéti propose des dimensions intérieures généreuses et une modularité digne d’un monospace !

Les 3 sièges arrières sont indépendants, coulissent, se rabattent, s’enlèvent : en tout une vingtaine de combinaisons d’aménagement intérieur sont possibles, il est le seul de la catégorie à disposer d’une telle flexibilité. Un bon point pour le Yéti donc ! Seul petit regret, le volume du coffre lorsque les sièges sont reculés au maximum (obligatoire lorsqu’on veut transporter des adultes à l’arrière) : 416 l. C’est un peu moins bien que les Qashqai (430 l), 3008 (512 l) et Tiguan (470 l), mais un peu mieux que les Captur (377 l) ou 2008 (350 l). Mais il est difficile de concilier taille extérieure contenue, habitabilité généreuse et grande capacité de chargement, il faut savoir faire des compromis. Des rangements sont présents un peu partout dans l’habitacle, des contre portes avec leurs généreux bacs jusqu’au plafonnier et son range lunettes en passant par l’accoudoir central …

 Le Yéti offre à ses occupants une garde au toit généreuse, les grands gabarits ne se sentiront pas trop à l’étroit à l’arrière. En option, il est possible de disposer d’un toit ouvrant panoramique (spéciale dédicace à Eric) qui apporte une belle luminosité supplémentaire à l’habitacle. Son ouverture ainsi que son occultation sont entièrement électriques, commandées via un bouton situé au niveau du plafonnier.

Et la visibilité dans tout ça ? On peut certes regarder le ciel, mais peut-on manœuvrer sereinement ? La réponse est oui ! Il faut dire que la forme « cubique » de l’engin aide bien : on voit le bout du capot, le montant C n’est pas trop épais, la lunette arrière est d’une taille raisonnable et la découpe verticale du coffre permet de visualiser instantanément le gabarit de l’auto au moment du redouté créneau. De plus, les surfaces vitrées sont généreusement dimensionnées et il est possible d’opter pour une caméra de recul qui rendra l’affaire encore plus facile. Vous n’y arrivez toujours pas ? Pas de soucis, Skoda a pensé à tout en proposant en option une fonction de parking automatique, en créneau ou en bataille. On ne gère alors que l’accélérateur et le frein, le Yéti s’occupe de la direction tout seul. Cet équipement devient certes de plus en plus courant sur tous les segments, mais il faut reconnaitre que c’est toujours aussi bluffant ! (Pour que le système puisse réaliser un créneau, la place doit mesurer au moins 60 cm de plus que la voiture).

La transition est toute faite pour évoquer à présent les différents équipements du Yéti. Ici, pas de contenu techno ultra high-tech, mais les principal est là : on retrouve de série régulateur de vitesse, climatisation, rétros électriques et dégivrants, 4 vitres électriques, ESP, contrôle de la pression des pneus, ordinateur de bord… Et en option ou en fonction des finitions : phares bi-xénon, aide au démarrage en pente, clim auto bi-zone, aide au stationnement, feux de jour à LED avant et arrière, bluetooth, GPS … Pour ce dernier, 2 modèles différents sont disponibles, un basique et un plus évolué disposant d’un plus grand écran et d’un disque dur, les 2 modèles sont tactiles mais leur technologie date un peu (graphismes, réactivité…), et il n’est malheureusement pas possible de disposer du système équipant la Golf 7. Il faudra être très attentif en arrivant sur un rond point ou une intersection à sorties multiples, car il arrive que la « flèche » représentant la voiture ne tourne pas tout à fait en temps réel, ce qui peut vous faire louper la bonne route (testé et approuvé !).

Et quoi de mieux pour tester un GPS que d’aller faire un p’tit tour ? Aller, c’est parti, direction le désert des Bardenas !

Durant cet essai, j’ai pu essayer 3 motorisations différentes : le 1.6 TDI 105 DSG7, le 1.2 TSI 105 BVM6 et le 2.0 TDI 170 4×4 BVM6.

Commençons par traiter du « petit » diesel de 105 ch. Cette motorisation représentera sans aucun doute une grande majorité des ventes en France, accompagné par son frère, le 2.0 TDI 110.

Obligatoirement associé à la boite DSG7 (si l’on excepte la version Business qui elle propose une boite manuelle 5 vitesses), ce bloc suffira amplement à la majorité des usages d’une petite famille. Alors bien sûr, c’est loin d’être un foudre de guerre, mais il offre des performances correctes tout en contenant sa consommation (Skoda annonce 5 l/100 km en cycle mixte).  Malgré tout, il ne peut échapper au très sévère malus 2014 : avec ses émissions de 132 g de CO2 par kilomètre, il faudra ajouter 150 € à la facture. Le couple maxi (250 Nm) est disponible entre 1500 et 2500 tr/min, et l’excellente boite DSG permet une conduite souple sans à coup. Le passage des rapports se fait avec une fluidité remarquable, le seul bémol à noter est que quelques fois on ressent l’impression de rouler en léger sous régime, mais rien de rédhibitoire. En cas d’un besoin soudain de puissance, par exemple pour doubler, une plus forte pression sur l’accélérateur et l’auto réagit immédiatement en tombant un ou plusieurs rapports si besoin. Jamais la boite ne surprend par ses réactions, un bon point pour la sécurité. Cette association moteur/boite dispose du label « Green Tec », synonyme chez Skoda de la présence d’un Stop&Start, de la récupération d’énergie au freinage et de pneus à faible résistance au roulement. Pour les allergiques à la « boitoto », il faudra opter soit pour la version Business (plutôt destinées aux entreprises, mais qui elle reste neutre avec ses 119 g CO2/km), soit pour le 2.0 TDI 110 BVM5 qui offre des prestations quasi similaires pour un prix inférieur d’environ 2000 €.

Sur la route, le Yéti offre un comportement proche de celui d’une berline, et c’est une bonne surprise puisqu’au premier abord on pourrait penser qu’avec son dessin surélevé qui impose un centre de gravité haut perché il aurait une tendance prononcée pour le roulis, mais il n’en est rien. Bien aidé par ses roues posées « aux quatre coins », les petites routes sinueuses du pays basque menant à la frontière Espagnole s’enchainent sans broncher, le tout dans un confort très correct. L’assise des sièges est relativement ferme, mais on y est bien installé, avec un bon maintien latéral, et l’amortissement n’est pas trop raide comme c’est souvent le cas chez les allemands (car n’oublions pas que le Yéti est bâti sur une plateforme de Golf 6). S’il y avait un petit reproche à faire, il concernerait le ressenti de la pédale de frein, relativement « molle » et qui nécessite un petit temps d’adaptation. Les kilomètres défilent et vient le temps de tester les aptitudes du Yéti hors des routes bitumées !

La garde au sol de cette version TDI 105 est de 155 mm, contre 180 mm pour les autres versions. On peut toutefois entreprendre une balade sur les petits chemins sans trop se poser de questions, cette hauteur de caisse est largement suffisante pour la plupart des petits obstacles que l’on peut être amené à rencontrer.

Il ne faudra cependant pas oublier que nous sommes en présence d’une « simple » version 2 roues motrices et éviter de s’aventurer dans des bourbiers sous peine de devoir appeler Tracteur Tom (quelle référence !) pour un petit coup de main !

Pour ceux qui ont une âme d’aventurier, le Yéti 4×4 sera plus approprié. Disponible en 110, 140 ou 170 ch, cette version est équipée d’un système de transmission Haldex (non permanente) qui permettra d’affronter des pistes plus exigeantes. Malheureusement, le désert des Bardenas ne propose pas de grosses flaques de boues où autres pentes abruptes pour mettre à mal le système (désolé Eric !). Malgré tout, une belle bosse permet de faire « lever la patte » au Yéti sans soucis, et sans rien toucher !

Pour les adaptes du franchissement, l’assistance Offroad est disponible : il s’agit d’une aide à la descente, le système se charge de maintenir une allure constante pendant que le conducteur se charge de la direction.

Le Yéti peut donc se targuer d’être un vrai franchisseur, et pas simplement un « escaladeur de trottoir » !

Dans cette version 170ch, il propose d’un agrément hors pair avec des performances intéressantes (0 à 100 km/h en 8,4 sec, reprises énergiques) avec une conso mixte équivalente à celle de la version 140 ch (6,3 l/100 km annoncés). Cependant son tarif d’entrée (31 920 €) et son malus (900 € en BVM6, 2200 € en DSG6) devraient limiter sa diffusion. Néanmoins, il convient de signaler que la première version du Yéti s’est vendue à 36% en version 4×4.

Pour les petits rouleurs, le moteur d’entrée de gamme 1.2 TSI 105 représentera un choix quasi incontournable. Silencieux, disposant d’un agrément de diesel avec un couple maxi disponible très tôt et sur une grande plage (175 Nm de 1550 à 4100 tr/min) et une consommation mesurée (6,1 l/100 km en cycle mixte), il pourrait même séduire des aficionados du gazole ne jurant que par ce carburant ! Cette motorisation est disponible en BVM6 ou DSG7. Pour plus de punch, le 1.4 TSI 122 fait son apparition dans la gamme.

Question tarifs, le Yéti débute à 20 300 € en finition Active d’entrée de gamme avec ce 1.2 TSI 105. Le premier prix diesel est quant à lui de 23 160 € (2.0 TDI 110) et la première version 4×4 se négocie à 26 290 € (en 2.0 TDI 110 également). Il n’est donc pas spécialement « bon marché » comme le sont traditionnellement les Skoda, mais au regard de ses prestations le tarif ne semble pas excessif.

Voici la grille tarifaire complète ainsi que les équipements :

tarifs-et-equipements-yeti

Alors que retenir de ce Yéti ?

Il présente de nombreux atouts : une modularité bien pensée, une taille comprise entre les SUV urbains (Captur, 2008) et les SUV compacts (Qashqai, 3008) en offrant une habilité appréciable, une finition de bonne facture, la possibilité d’opter pour une transmission 4×4, un vaste choix de moteurs/boites…

Bref, une auto à ne pas oublier dans ses choix lorsqu’on est à la recherche d’un SUV ! De plus, son look sympa permet de rouler différent sans sacrifier la praticité ni payer le prix fort !

Si vous êtes intéressé, le catalogue complet avec les caractéristiques techniques et les options se trouve ici !

Je tenais à remercier toute l’équipe de Skoda France pour l’invitation, l’accueil et l’organisation de cet essai !

Crédits photos : Romain BRESADOLA for blogautomobile