GTI….  trois lettres qui claquent et qui rappellent des souvenirs à tout bon bagnolard depuis 40 ans. Mais aujourd’hui c’est aussi une vraie gamme, que nous allons découvrir.

La Golf GTI est apparue en 1976 dans la gamme de Volkswagen, un peu par accident, mais surtout par un travail en toute clandestinité de la part des ingénieurs de Wolfsburg. Le résultat de leurs essais nocturnes est devenu le parangon de toutes les bombinettes à moteur pendant des décennies. Oh, avec des hauts et des bas. On ne vit pas aussi longtemps sans avoir quelques faiblesses. Le signe GTI est même devenu à une époque une simple finition plus ou moins sportive sur la Golf et se vit même accolé au TDI sur la Golf 4. Après ces errements coupables, Volkswagen est heureusement revenu à des meilleurs dispositions et a décidé d’orner également la petite up! et la Polo du mythique logo.

Nous avons déjà testé chacun de ces modèles, dans des conditions diverses. Mais c’est la première fois que les trois modèles s’offraient à l’essai, sur le même circuit, en même temps. Belle occasion, non ? Ah, une précision importante. Je ne suis pas un pilote. Du tout. Je suis même très très moyen sur circuit. Mes jeunes camarades Ancelin ou Aymeric sont bien plus doués pour ça que moi. Mais bon, sincèrement, essayer une voiture sportive par un monsieur-tout-le monde, c’est un peu aussi refléter la réalité, non ?

Allez, c’est parti pour la région paloise, ou dès la sortie de l’aéroport toute la gamme GTI nous attend, en rouge et blanc. La petite up! est a priori la nouveauté la plus sympa de la gamme, mais avec mon copilote du jour (Joris du Billet Auto), nous n’hésitons pas longtemps : la Golf GTI Performance toute rouge au fond fera parfaitement l’affaire pour rejoindre notre destination. Joris me laisse obligeamment les premiers tours de roue (“honneur aux plus âgés”… ptit c*n va !). La position de conduite est très facile à trouver. Je me sens toujours bien dans une Golf. C’est carré, bien organisé, ergonomique.

Certains dirait tristounet aussi, mais personnellement, ça me convient. Au moment de démarrer, bonne surprise : cet exemplaire de Golf est en boîte manuelle. Et Volkswagen a poussé le vice jusqu’à reprendre le design “balle de golf” de la première GTI. Un peu kitsch, surtout associé aux baquets à tissu à carreaux, mais la présentation intérieure est du coup plus gaie qu’une Golf TDI de base. Cette même présentation est d’ailleurs reprise sur tout la gamme GTI.

Les premiers tours de roue se font tout en douceur avant d’aborder quelques virolos et notre destination finale : le circuit de Nogaro. La Golf accélère fort, tient la route de façon extrêmement neutre mais en terme de sensation, je reste un peu sur ma faim. Si la puissance atteint la valeur respectable de 245 ch, le poids se fait hélas trop sentir. 1340 kg, dans l’absolu c’est plutôt correct pour une compacte, mais une sportive a besoin de meilleures statistiques pour pouvoir apporter des sensations. La Golf GTI s’est assagie. Terminée la petite boule de nerf virevoltante, mais place plutôt à une voiture plus typée “confort performant”, à l’image d’une Mégane GT ou d’une 308 du même nom, avec quand même une poignée de chevaux en plus. Cela n’entache pas les qualités et l’homogénéité de la voiture, mais si vous voulez plus de tonus, il faudra aller voir vers la future Golf GTI TCR, ou carrément la Golf R et ses 300 ch.

A Nogaro, c’est quasiment carte blanche. Un circuit, un lot de 6 voitures griffées GTI, c’est’y pas beau la vie ? Cachée sous une bâche, une Golf TCR nous attend également, mais j’y reviendrai. Pour l’indispensable tour de reconnaissance, je prends le volant de celle qui m’intrigue le plus : la up! Les données techniques de la voiture la désignent comme l’héritière naturelle de la première Golf GTI : dimensions, puissance et performances sont sensiblement équivalentes. Le petit 3 cylindres TSI de 115 ch émet un petit grondement de chaton énervé, comme tous les moteurs de son espèce. C’est plutôt amusant et ça colle à la philosophie de la voiture. L’habitacle est traité dans l’esprit GTI : tissu Clark à carreaux, du rouge partout (pour ajouter au moins 20 ch à la puissance perçue) et l’ordinateur de bord qui n’est rien d’autre qu’un iPhone disposant d’une application spécifique. J’attendais beaucoup de la up!, peut-être trop. J’ai finalement été assez déçu : la boîte tire trop long, le freinage manque de mordant (même si les voitures étaient en fin de séance d’essai, avec des plaquettes et pneus bien usés). Elle est quand même très joueuse et le 3 pattes ne manque pas de souffle (0 à 100 km/h en 8,8 secondes). Une jolie petite bombinette, mais j’avoue ne pas m’être senti à mon aise à bord. Un meilleur pilote pourrait sans doute mieux l’exploiter.

Retour sur la Golf, mais dans un tout autre élément que les départementales pas encore limitées à 80 km/h. C’est la plus puissante des 3, la plus rapide (250 km/h) et la plus performante (6,4 secondes pour le 0 à 100) et cela se ressent nettement dans les quelques lignes droite de Nogaro. La voiture est saine, facile à prendre en main, et bénéficie d’un freinage puissant et équilibré. L’aspect fun, par contre, n’est pas vraiment au rendez vous. Rapide, confortable et efficace, elle a tout de la compacte sportive idéale pour ceux qui ne font pas de circuit régulièrement, ce qui représente déjà une très grande part de la cible de acheteurs potentiels.

Voici enfin le tour de la petite dernière : la Polo GTI. De dimensions compactes (environ 4,05 m de long), elle bénéficie du même moteur 2.0 TSI que sa grande soeur Golf, mais dégonflé ici à tout juste 200 ch. Disponible pour l’instant uniquement en boîte séquentielle DSG à 6 rapports, elle apparaît sur le papier comme le bon compromis. Je prends place à bord et je retrouve l’ambiance GTI : tissu à carreaux et des touches de rouge-qui-va-vite. L’instrumentation est entièrement numérique, une première je crois sur ce niveau de gamme. La planche de bord est d’un design moderne et coloré, ça change des VW tout en noir. Mais la qualité des matériaux de la planche de bord est largement en retrait de ce dont on a l’habitude.

Mais on n’est pas ici pour faire “toc toc” sur les plastiques. Moteur, action. Je me sens tout de suite à l’aise à son bord. En mode sport, le moteur et l’échappement produisent un joyeux grondement communicatif, qui donne envie d’aller chatouiller un peu les virages. Je retrouve une partie des sensations de la Golf, mais en bien plus ludique. Plus légère, elle est aussi plus joueuse du train arrière. J’en sors vraiment conquis, car c’est à mon avis la plus réussie, la plus homogène des 3 GTI de la gamme. J’aurai la chance de reprendre son volant pour retourner à la gare TGV en fin de journée, et ce premier contact sera largement confirmé en utilisation courante.

Clou de la journée : un baptême de piste en Golf TCR ! Le TCR est le championnat de voitures de tourisme en vogue en ce moment. Beaucoup de constructeurs s’y lancent car les coûts sont assez modestes et que la concurrence y est vive. Le jeune pilote allemand Benjamin Leuchter nous explique que la réglementation va imposer des calculs très précis pour arriver à équilibrer les chances des concurrents, en ajoutant ou retirant du poids, ou en bridant la puissance. Voilà qui promet de belles bagarres sur piste avec des voitures très proches en terme de performance.

La Golf GTI TCR de compétition est un joyeux mélange de pièces de série : caisse de Golf R, moteur de Golf GTI, sérieusement revu et boosté (boîte à air, cartographie et échangeur spécifiques), boîte DSG de série ( ! ). Les coûts de développement sont donc réduits par l’utilisation de pièces de grande série. La carrosserie est quant à elle copieusement élargie pour accueillir des pneumatiques plus généreux, et reçoit un monumental aileron sur le hayon. Benjamin nous apprend d’ailleurs que le même aileron est utilisé pour tous les concurrents du TCR. Au final, ainsi gréée, la TCR développe 350 ch et 420 Nm pour 1250 kg. Mais c’est évidemment le pilote qui fait tout la différence.

Et on peut dire que “Benny” connaît son affaire ! Outre une victoire en VLN au Nurbürgring, il est également vainqueur des 24h de ce même circuit, et des 24h de Dubaï, le tout en catégorie TCR bien sûr. Benny va se livrer à une démo éblouissante, tout en étant loin de son maximum. La Golf virevolte d’une courbe à l’autre en gardant un grip phénoménal. Plus que la vitesse maximale, c’est bien ses facultés de reprise en sortie de courbe qui impressionnent. Benny s’en donne à coeur joie en allant chercher les vibreurs pour paufiner ses trajectoires. Du grand art, et toujours avec le sourire et une grande sympathie. Un sacré bonhomme !

Si la Golf TCR vous intéresse, deux solutions : soit acheter la version compétition/client à près de 100 000 €, mais qui forcément ne peut pas rouler sur route ouverte, soit patienter pour acquérir la série limitée GTI TCR qui devrait sortir en fin d’année avec près de 290 ch sous le capot ! En parlant de prix, la up! est affichée 16 790 €, la Polo 28 290 € et enfin la Golf à 36 700 €. Si vous souhaitez relire nos essais des GTI par des vrais adeptes de “piloting”, c’est par ici : up!, Golf et Polo. Leurs avis sont différents des mieux, et heureusement ! Pour ma part, c’est clairement la Polo qui me semble le meilleur compromis en étant facile à utiliser, et joueuse si nécessaire.

J’adresse mes plus vifs remerciements à Volkswagen pour l’invitation à cette journée d’essais

Crédits photos : Régis Krol