Alors qu’en Europe nous avons le droit à une sorte de compétition entre les constructeurs automobiles pour savoir qui construira la voiture de série la plus rapide sur le Nürburgring, les japonais ont en 1994 créé une compétition officielle de Time Attack sur le circuit de Tsukuba. Des années plus tard, on se retrouve en Australie avec le Superlap Australia en 2008 (qui se déroulera sur 2 circuits différents durant les 2 années de son existence), évènement qui deviendra le World Time Attack Challenge en 2010 et qui utilisera exclusivement le « Sydney Motorsport Park » (anciennement « Eastern Creek International Raceway »). L’édition 2014 de l’évènement a lieu actuellement, du 17 au 19 Octobre 2014.

La règle est très simple : les concurrents ne cherchent pas à arriver premier sur plusieurs tours, mais à inscrire le tour le plus rapide. C’est particulier, mais voir des « hot lap » en caméra embarquée donne des frissons !

Tiens, ça ressemble à des qualifications pour la pôle position…

C’est exactement ça ! Mais contrairement aux courses de World Endurance Championship (24h du Mans par exemple), toutes les catégories ne roulent pas mélangées. Il y a 4 catégories distinctes, avec pour chacune un cahier des charges pour le véhicule, mais également pour le pilote :

– Clubsprint
– Open Class
– Pro Amateur Class
– Pro Class

Plutôt que de vous faire un très long texte ennuyeux, voyons plutôt ce que ça donne en image :

– Clubsprint

Les voitures ici ont le droit à peu de modifications aérodynamiques, bloc moteur issu du véhicule d’origine (mais modifications autorisées), pas de boîte de vitesse séquentielle, pas de pilote professionnel, 8 pneus Yokohama ADVAN Neova AD08 et surtout, un poids minimum de 1425 kg OU un poids d’origine sur lequel on peut retirer 5% : Pour faire simple, si la voiture pèse 1700 kg d’origine, il est possible de réduire à 1425 kg, mais si vous avez par exemple une voiture pesant 950 kg d’origine, vous retirez 5% de poids d’origine au maximum.

– Open Class

Le poids est ici réduit à 1257 kg minimum, ou 15% de moins que le poids d’origine. Pour aider, les vitres ont le droit d’être en Lexan (marque de Polycarbonate, au même titre que Makrolon ou Plexiglass) à l’exception du pare-brise. Les pneus gagnent en grip en passant au ADVAN A050 et leur nombre autorisé passe à 12, les modifications moteur sont illimitées, mais la partie aérodynamique est limitée. Les pilotes professionnels sont les bienvenus.

– ProAm Class

Les choses deviennent intéressantes avec des modifications illimitées tant au niveau moteur qu’au niveau de la carrosserie, et le résultat fait penser à une voiture conçue pour le Pikes Peak Hill Climb. Aucune indication quant au budget, qui doit être néanmoins conséquent vu certaines autos… Les pneumatiques restent les mêmes que la catégorie inférieure, mais 16 pneus sont autorisés. Le pare-brise peut être en Lexan si besoin afin d’alléger le véhicule. Seule contrainte : pilotes amateurs uniquement.

– Pro Class

Les voitures sont exactement les mêmes en terme de réglementation que pour la ProAm Class, à deux différences près : 24 pneus et pilotes professionnels autorisés.

 

De la vitesse, toujours plus de vitesse !

Si il y a  une chose qui est sûre, c’est que les temps au tour ont fondu comme neige au soleil entre 2010 et 2013 en passant de 1:30.5870″ à 1:24.8550″, et 2014 semble être une année où le record sera de nouveau battu si l’on en croit la première journée qui s’est ponctuée par un 1:25.276″ pondu par la Mitsubishi Lancer Evolution IX de PMQ Racing (en ProAm Class).

À titre indicatif, le record établi par une voiture courant en V8 Supercar est de 1:30.9123″. Une formule 3 pointe à 1:22.6290, une Porsche 991 GT3 Cup à 1:30.9042″ et une Radical SR8 à 1:25.7027″. Bref, ça va vite, surtout pour des voitures de tourisme auxquelles on impose un règlement très stricte et qui ne reposent même pas sur des pneus slicks (on tourne pour certain à 2.90G latéraux malgré cette limitation !).

Quoi qu’il en soit, n’étant pas forcément éveillés aux heures australiennes (9h de décalage avec Sydney), et encore moins présent sur place, il reste les résumés en vidéo sur le site officiel du WTAC, et pour ceux étant insomniaques ou vivant en décalé, il est possible de suivre en direct la compétition, en cliquant ici.

En Europe, cette discipline est représentée par le European Time Attack Series, qui est présente dans 5 pays de l’Union Européenne, mais pas en France… Leur popularité n’excède pas celle du WTAC (qui est devenue un terrain de guerre pour les préparateurs automobiles japonais et australiens qui ont une certaine culture dans ce domaine), mais espérons que la sauce prenne afin de répandre cette discipline encore trop méconnue dans nos contrées, bien qu’il y ait eu un semblant de compétition en 2010 n’ayant laissé strictement aucune trace sur internet…

Pour finir, une petite vidéo en caméra embarquée du tour ayant marqué le record lors de l’édition 2013 :

Crédits photographiques : www.worldtimeattack.com