Depuis que je suis tout petit, je me réveille tôt le matin pour regarder les Grands Prix de Formule 1. Dans ma mémoire de jeune homme de 28 ans, j’ai des souvenirs de batailles entre Shumacher et Hakkinen ou encore avec Jacques Villeneuve. Lorsque j’ai reçu de la part du manufacturier de la F1, Pirelli, une invitation pour vivre une journée d’essais sur le circuit de Barcelone, vous imaginez bien quelle a été ma réponse…

Retour du Salon de Genève à 2h du matin et départ pour Barcelone à 6h, je dois avouer que je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit du 7 au 8 mars. Avion attrapé de justesse, l’arrivée dans Barcelone ensoleillée finit de me réveiller.

Une heure plus tard, nous voilà sur le circuit et j’entends déjà les V6 vrombir sur la piste. Oui, c’est vrai que le bruit n’est plus aussi fabuleux que les regrettés V10 ou V8 des années 90 et 2000. Mais il faut avouer que depuis l’année dernière, les moteurs ont une sonorité déjà plus sympa surtout lorsque l’on connaît leur cylindrée de 1,6 litres.
Grâce à notre hôte, les contrôles de sécurité s’effacent rapidement. Et on arrive déjà dans les paddocks où je découvre les motorhomes gigantesques des écuries. Celles-ci dépensent des millions d’euros pour détenir le plus beau. A ce jeu, c’est Mercedes qui gagne avec un motorhome qui passerait presque pour une petite villa d’architecte.
Après avoir visité cette partie très impressionnante, direction l’hospitalité de Pirelli pour y prendre une collation. Puis, direction la terrasse qui surplombe les stands observer pour la première fois des F1 sur circuit de mes propres yeux. Il me revient alors à l’esprit, un certain dimanche matin d’août 2008 dans les rues de Paris. Une matinée où Redbull avait fait rouler une monoplace, Sébastien Bourdais à son volant. Un souvenir qui reste toujours aujourd’hui gravé dans ma mémoire. Les monoplaces d’aujourd’hui sont bien moins expressives pour les oreilles qu’auparavant mais leur vitesse et le fait d’être sur un vrai circuit du championnat, les rends très impressionnantes. On assiste à des scènes de Grand Prix : une F1 entre dans les stands et allume son limiteur de vitesse dans un vacarme assourdissant. Elle arrive devant son stand et les mécanos se jettent dessus pour changer les pneus et hop c’est déjà le départ en trombe. Voir cela à la télévision est très impressionnant, mais le vivre en vrai et d’aussi près, quelle claque !
Les équipes de Pirelli nous emmènent ensuite à l’écart pour nous présenter la gamme de pneumatiques qui sera à disposition des team F1 sur cette saison entière. Ils sont au nombre de 9 en comptant les pneus intermédiaire et pluie. Pour chaque Grand Prix et selon les conditions météorologiques, les écuries pourront choisir entre seulement 3 types de pneus différents et imposés sur cette manche. Ils devront en utiliser au moins 2 différents durant la course. Cette règle aura pour but de favoriser la compétition avec des arrêts aux stands plus nombreux. Ce qui aura théoriquement pour but de proposer plus de batailles aux spectateurs.
Un nouveau pneu fait son apparition cette saison, l’Hyper-tendre, reconnaissable à sa couleur rose. D’ailleurs, chaque pneu est identifiable grâce à sa couleur dédiée comme vous pouvez le voir ci-dessous :
Beaucoup ont critiqué Pirelli l’année dernière pour leurs pneus qui ne tenaient pas assez longtemps. Mais il est important de savoir qu’il s’agit en fait d’une demande de l’organisation pour obtenir toujours plus de compétition avec plus de changements de pneus. D’où l’apparition de ce pneu inédit. Après ce petit enseignement sur la composition des pneus, je m’essaye à en porter un comme un mécano de F1. Je m’attendais à un poids beaucoup plus important. Mais, la jante en magnésium est ultra légère et le poids de 12 kilos me parait faible pour un tel encombrement. De quoi faire tranquillement un peu de muscu avant de retourner prendre en photos les voitures.
Direction le côté opposé de la ligne droite des stands. On se rend compte que les journées d’essais ont beau être publiques, les écuries se protègent des regards indiscrets en fermant totalement leurs stands avec des parois. Et c’est finalement ça le plus important et intéressant lors de ces journées. Les constructeurs sont là pour essayer les nouveaux réglages, mais ils sont aussi là pour faire de l’esbroufe. Ils doivent tout faire pour que les concurrents ne connaissent pas réellement les performances de leurs voitures. En début d’après midi, on nous annonce une surprise, l’écurie Redbull nous accueille durant une demi-heure dans leur stand pour admirer les mécanos préparer la voiture de Max Verstappen. Malheureusement, aucune photo n’était possible, car trop de secrets industriels se cachent dans ces moments-là. Je vous l’assure, voir les mécaniciens au travail sur cette voiture était incroyable. En arrivant à l’intérieur du stand, on aperçoit la F1 de Verstappen dénudée, plus de capot moteur. Je n’avais jamais eu la possibilité de voir une F1 de cette façon, et surtout à seulement quelques centimètres. Je me rends compte de la complexité de l’ingénierie mise en œuvre dans une telle voiture tout comme de la taille ridiculement petite du moteur au vu de la longueur et largeur de l’auto.
Autre chose assez amusante, les mécanos passent leurs temps à mettre du gaffer sur la F1 ou autres petites modifications aérodynamiques qui sont tout de suite masquées avec de la bombe de peinture noire. Il faut savoir que certaines écuries chargent des photographes de presse de shooter très précisément des voitures pour savoir quelles sont cesdites modifications.
Après cette visite très instructive, on reprend notre périple autour du circuit pour faire de nombreuses photos et profiter jusqu’à 18 heures, fin des essais et notre retour sur Paris.
Quelle journée ! Ce fût intense et très instructif. J’attends avec impatience le début de la saison qui aura lieu à Melbourne en Australie le week-end du 25 mars prochain. Mais surtout le grand prix de France, qui revient cette année au Paul Ricard !
Vous voulez en savoir plus sur ces essais hivernaux ? N’hésitez pas à lire les articles de notre expert de la F1 Anthony : ICI et ICI.
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Je tiens à remercier Pirelli pour cette invitation exceptionnelle et leur gentillesse.
Crédit photos : Pirelli et Ugo Missana