Au début des années 90, alors que la fameuse invasion coréenne que « craignent » tous les spécialistes européens du monde automobile ne va pas tarder, que les japonais sont entrain de tout dévorer selon les adeptes du protectionnisme forcené et que les chinois portent encore des veste Mao et roulent encore à vélo, Mazda développe, à l’image de ce que font ou ont fait les autres cosntructeurs japonais, sa griffe Haut de Gamme destinée, déjà,  à aller chercher les premiums  allemands mais aussi anglais ou italiens ( oui ils en ont fait ! ). Et pour ce faire, le constructeur d’Hiroshima lance en Europe la marque Xedos qui doit devenir l’équivalent de Lexus, Acura ou Infiniti.

Fer de lance de cette nouvelle marque en Europe  ( Eunos au Japon ), il y a la 6, Xedos 6 ! Une berline longue de 4.56 m à l’allure élégante, presque italienne ( un p’tit quelque chose de 156 ) qui est destinée à aller chercher les serie3, Audi 80, 190 E, Alfa Romeo 155, Saab 900 ou Rover 600.

 

Lorsqu’elle est présentée en octobre 1992, la Xedos 6 séduit immédiatement avec sa ligne fine, racée, pas vue pour l’époque et son petit moteur noble.Mazda qui est en pleine bourre à l’époque ( voir fin d’article ) a développé cette voiture du la plateforme de la plébiènne 626 Mk 4  ( qui séduit grâce avec son allure de Safrane molle, son moteur 2.0 L D Comprex de 75 ch et des tarifs attractifs.  La 626 aura tout de même droit au V6 2.5 L en finition GT ). Mais là où Mazda fait fort c’est que d’entrée de jeu la Xedos 6 est disponible avec un 2.0 L V6 implanté transversalement de 144 ch à 6000 trs/min, 171 Nm. Ce moteur est un vrai plaisir pour l’époque, vif, mélodieux, souple, peu gourmand et largement aussi performant que le L6 125 ch de chez BMW, le V6 Alfa  Romeo ou le 2.0 L Rover né Honda.

212 km/h, 30.0 secondes pour le kilomètre D.A, 9.2 secondes dans l’exercice du 0 à 100 km/h, cette traction de 1235 kg offre des performances largement dans le coup associées à un chassis performant pour l’époque et jamais piégeux ou imprévisible. Un vrai plaisir au volant d’autant que la BVA ou la BVM5 sont précises, rapides et participent pleinement à l’agrément de conduite de cette Xedos. La Xedos est un peu à l’image de ce qui se fait chez BMW, c’est une voiture orientée vers le conducteur et le plaisir de la conduite avec une agréable planche de bord, toute en rondeurs, un volant en cuir bien positionné et un niveau d’équipement très acceptable notamment avec la finition SSP qui incluait le cuir, la clim, les boiseries, une agréable hifi, les AB et quelques autres équipements d’origine qui étaient encore à l’époque l’apanage des constructeurs japonais.

 

La voiture est très bien accueillie lors des essais clients mais elle ne se vend pas très bien pour plusieurs raison :

-Absence d’image et réseau éparse pas habituée au HDG

-Une accessibilité arrière et un espace arrières mesuré ( garde au toit, espace pour les jambes et attention à la tête en entrant dans l’auto )

-Pas de motorisation diesel et pas de hayon

En 1995, Mazda tente de récupérer le coup en lançant la version 1.6 L ( le même que sur le MX3 ) forte de 107 ch et nettement moins bien équipée  qui ne connaitra pas le succès de la version 2.0 L V6 à moteur KF56 V6. L’été 1998 voit la disparition de la version 1600 et 6 mois plus tard c’est la version 2.0 L qui quitte le marché dans l’indifférence générale alors que la voiture pleine de qualité est laminée sur le marché par les BMW, Audi, Mercedes mais aussi Accord, 155…mêmes les Rover se vendent mieux à l’époque c’est dire le fiasco de cette auto mais aussi de la griffe Xedos qui périclite très vite, notamment en Europe avec la massive Xedos 9 sans charme si ce n’est celui de la qualité de fabrication , le V6 2.5 L ou la place à l’arrière.  Le rattachement envisagé de la RX7 à la gamme Xedos un temps envisagé ne fut pas appliqué et de nos jours il ne reste rien de cette division luxueuse de Mazda.

Ci dessous deux images d’une petite 1600 avec options PM, AB et JAlu. ( les 1600 était hautes sur pattes ! )

 

L’époque de la Xedos  est une grande période pour Mazda avec un MX5 en pleine conquête, un sympathique coupé MX3  avec un petit V6 1800 4 arbres de 133 ch qui était un régal, les 323 Astina V6 2.0 L( même moteur que sur la Xedos ), les 323 GTR dont j’ai été un grand utilisateur, les coupés MX6 2.5 L ou les mythiques RX7 Turbo ou le très élégant coupé Eunos Cosmo ( mais non importé ).

 

La Xedos 6 en vidéo.

Difficile de vous en proposer plus car les Xedos ont disparu de nos routes ou presque, il faut dire qu’elles n’étaient pas nombreuses et en occasion elles ont une seconde vie, pas forcément terrible, dans les Balkans ou en Europe centrale. Et pour ceux qui seraient interessés par le V6 4 arbres de 144 ch , sachez que l’on arrive à en trouver encore quelques une entre 2500 et 3500€ environ. Une voiture dont je garde un très bon souvenir !

 

Via Mazda, Youtube.