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Le circuit, ça fait longtemps que vous y pensez pour vous dégourdir les roues sans danger. Voici un petit guide pour vos premiers pas.

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  • L’assurance et les risques d’accident

Ce n’est pas très joyeux pour débuter, mais je préfère commencer par le plus important : les risques. Le minimum pour tourner sur circuit est la Responsabilité Civile, pour vous assurer en cas de dommages causés aux tiers. Attention, vous avez forcément une RC avec votre assurance voiture mais celle-ci ne vous couvre pas toujours sur circuit !

Il faut bien regarder vos conditions générales, mais le mieux est d’en faire directement la demande auprès de votre assureur et d’exiger une trace écrite. Si jamais votre assureur refuse la RC sur circuit, la plupart du temps l’organisateur de la journée en propose une et vous refusera de toute façon l’inscription si vous n’y souscrivez pas ou si vous ne fournissez pas une attestation de votre assureur. A noter que vous pouvez également souscrire à une RC circuit à la journée auprès d’organismes tiers et dans ce cas là vous pouvez même l’étendre aux dommages causés au circuit (c’est très cher une barrière).

La RC ne couvre que les dommages causés aux tiers, pas à votre voiture ! Il faut bien en avoir conscience. Pourtant, vous vous dites, pour certains, que vous êtes assuré tout risques donc pas de soucis de ce coté là, non ? Faites attention encore une fois à vos Conditions Générales ! La plupart des assurances possèdent une exclusion des garanties en cas d’usage de la voiture sur circuit. A titre d’exemple, c’était très clairement indiqué lorsque j’étais chez eAllianz (en ligne). Néanmoins certaines assurances le font sans surcoût comme Allianz (pas en ligne, attention !). Il est inscrit dans les CG d’Allianz que la voiture est couverte à condition qu’il ne s’agit pas d’épreuves de qualification, de compétition ou d’épreuves chronométrés. En bref, il faut oublier toute sorte de compétition. Mais sachez que la plupart du temps le tout risque n’existe pas sur circuit.

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  • Le choix du trackday

Une fois que vous êtes au point niveau assurance, il est désormais temps de choisir votre journée circuit. Vous avez pour cela deux solutions: la journée « open » ou le trackday.

La journée « open » est une journée organisée plus ou moins souvent par le circuit en lui-même. C’est plutôt destiné à la découverte de l’univers du circuit et peut avoir lieu deux fois par an à une fois par mois selon le circuit. Les journées « open » sont rares à Spa mais régulières à Croix en Ternois par exemple (journée « GTI »). Elles ont l’avantage d’être moins chères mais ramènent beaucoup de débutants et/ou de têtes brûlées attirés par le faible prix de la journée, ce qui peut devenir risqué.

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Les trackdays sont des journées organisées par des organismes spécialisés, type association, qui louent la piste et vendent ensuite des inscriptions à la demi-journée, journée ou même week-end. Si les trackdays se ressemblent, chaque organisme a son propre fonctionnement, son propre standing, sa propre façon de faire. L’événement peut être en open pit-lane, on rentre et sort de piste quand on veut, ou par session, vous avez des horaires de roulage précis et êtes divisés en groupes. L’organisateur peut avoir des exigences de sécurité, ou pas du tout. Il peut limiter le nombre de personnes en piste, décider de scinder en groupes, organiser une session pour les débutants, organiser une session pour les filles… Toujours est-il que le choix de votre organisme conditionne les personnes qui rouleront avec vous et donc votre sécurité et celle de votre voiture.

Au niveau du tarif, tout dépend du circuit et du standing. Cela peut descendre à 50€ pour une journée sur un petit circuit sans à cotés, jusque ∞ € pour un week-end sur un grand circuit avec repas, logement, coaching, etc. Pour le coup, le bouche à oreilles est un très bon moyen de choisir. Épluchez les clubs, forums et retours sur Facebook. A savoir que les organisations anglaises sont souvent bluffantes de professionnalisme.

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  • La voiture

J’imagine que si vous lisez ceci, vous avez une voiture un minimum intéressante à poser sur circuit. S’il peut être amusant d’y mettre votre Clio 2, je vous le déconseille fortement, vous allez juste réussir à fissurer le parebrise ou tordre le châssis (c’est du déjà vu, il avait du mal à fermer la porte). Le circuit est très contraignant pour la voiture mais si vous respectez certaines règles, ce n’est pas du tout un problème, il ne faut juste pas faire n’importe quoi. Déjà il faut vérifier que votre voiture est en parfaite condition : disques, plaquettes, pneus, vidange, etc. Un check-up complet s’impose. Ça parait si simple et pourtant je me suis moi-même fait avoir. Je n’avais pas vérifié mes plaquettes intérieures et me suis retrouvé sur la ferraille en pleine session. Allez donc trouver un jeu de plaquettes un dimanche ! Si vous devez surtout retenir une chose : on ne termine pas sur piste pour changer ensuite. Exemples : plaquettes qui ont encore de la matière mais qui vont être à changer sous peu. On change avant car sinon c’est le meilleur moyen d’avoir un problème sur piste.

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Autre point primordial : on fait chauffer et on fait refroidir ! Quand on arrive en piste, on commence par un tour, voire un tour et demi pour faire chauffer le moteur mais aussi, et c’est tout aussi important, les pneus et les freins. Les freins ne vont pas aimer le freinage 5 => 2 s’ils n’ont pas chauffé. J’ai voilé mes disques ainsi car j’avais fait moins d’un tour de chauffe. Le tour de refroidissement est aussi important. Un petit tour avant de rentrer aux stand c’est bien. S’il fait chaud, on ouvre les fenêtres et on met le chauffage. Une fois dans les stands on ne met pas son frein à main, car là c’est les disques arrières que vous allez voiler.

En ce qui concerne les pneus, l’idéal est tout de même d’avoir un jeu de jantes avec des pneus dédiés à la piste, ce qui permet d’éviter de repartir avec ses pneus au témoin. Qui plus est les pneus d’origine, mêmes sportifs, peuvent fondre comme neige au soleil compte tenu des contraintes. Néanmoins, on n’a pas tous cette possibilité. Alors deux choses : on privilégie plutôt les sessions courtes, ça ne sert à rien de continuer à tourner avec les pneus à l’agonie. Et on baisse la pression des pneus. Sans ça vous allez vous retrouver avec des pneus à 3 bars, voire plus, et là ça devient n’importe quoi. Autant rouler sur du chewing gum. Pour débuter, le plus simple consiste à faire quelques tours, sortir et baisser la pression pour se retrouver à la pression à froid préconisée par le constructeur. Ensuite seulement vous pouvez baisser la pression en fonction du comportement de la voiture. On regonflera à la pompe à vélo (si si, ça fonctionne très bien). Dernière chose : on n’oubliera pas son crochet de remorquage en cas de sortie de piste

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  • Le pilote

A la rigueur, j’ai envie de dire que c’est là qu’il y a le moins de préparation à faire. Bien évidemment il faut arriver reposé et détendu. Une tenue confortable est de rigueur. Par exemple jean +t-shirt (il peut vite faire chaud là dedans, même en hiver). Nul besoin de gants à moins d’avoir un volant en peau retournée, daim, Alcantara ou simili. Nul besoin d’avoir non plus des chaussures de pilote même si, je l’avoue, c’est un sacré confort. Mais une bonne paire de chaussure qui laisse la cheville mobile et avec une semelle fine est conseillée. Qui a dit Converse ? Sinon la piètre qualité des chaussures H&M peut avoir ici tout son intérêt.

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Élément indispensable, je n’ai pas encore parlé du casque. Vous pouvez prendre n’importe quoi : casque de moto, de kart, de moto cross. On évitera tout de même les casques de vélo, skate ou autre hein ! On conseillera de tout évidence un casque dédié. Le moins cher est l’OMP Jet Star, il se trouve à 80€. Confortable et peu cher, il n’a pas vraiment ma préférence car c’est un casque ouvert. Je lui préfère les casques OMP ou Sparco de base qui se trouvent aux alentours des 100 € et qui sont fermés. Au dessus, on passe directement aux casques homologués FIA et on ne trouvera rien à moins de 260€ (RRS est la marque la moins chère de ce coté là).

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  • En piste

N’attendez pas de moi que je rentre ici dans les détails des techniques de pilotage, des trajectoires et autres conseils pour chasser le chrono. Ici le but est de débuter de façon simple et sécuritaire. En piste, les rétroviseurs et le clignotant sont au moins aussi importants que sur la route alors on s’en sert ! Vous êtes ici pour vous amuser, beaucoup, et chasser le chrono, un peu. Le chrono ne doit pas devenir un but ultime au point de vous mettre en danger vous et les autres. Alors on regarde dans ses rétros, on laisse passer les beaucoup plus rapides en leur indiquant par un coup de clignotant l’endroit où on va se déporter. De même, lorsqu’on arrive sur un plus lent, on attend qu’il daigne nous laisser passer. Ça peut être long et agaçant mais s’il ne vous a pas vu, ça peut faire mal. Tous les trackdays ne vont pas dans ce sens, d’où l’intérêt de le choisir avec attention pour éviter de se retrouver avec des fous furieux. Autre point, on n’enchaîne pas 20 tours. C’est le meilleur moyen de 1. fatiguer sa voiture, 2. se fatiguer donc 3. se sortir. Par ailleurs, on n’hésite pas à demander à monter avec des personnes plus expérimentés ou à les faire monter avec vous. L’ambiance en trackday est très sympa et bon enfant alors faites vous aider, plein de pilotes seront ravis de vous initier à la piste. Et dernière chose, on progresse plus vite en commençant plus lentement, tant pis pour votre ego !img_7634

  • Le chrono

Bon OK, on n’est pas non plus là pour enfiler des perles. Comment se chronométrer ? Système D : vidéo et on analyse ensuite. Pas très précis mais ça donne tout de même une bonne idée en prenant un bon point de repère et un logiciel vidéo qui prend en charge les dixièmes. Une application sur son portable qui se sert du GPS : Harry’s Lap Timer sur iOS (payant) ou Race Chrono sur Android (gratuit en partie). Certains disent qu’une vidéo est plus précise que le GPS à 1 Hz du smartphone, j’en doute. Cette option a l’avantage de pouvoir bien analyser ses tours avec la vitesse, les temps partiels, le temps optimisé et tout ça en ayant le chrono sous les yeux. Vous pouvez même, pour certains, le synchroniser à une GoPro. En plus précis, vous pouvez acheter un récepteur GPS externe 10 Hz, une centaine d’euro, ce qui permet d’améliorer très grandement la précision. Cela est compatible avec les applications pré-citées. Ensuite on arrive dans du chronométrage professionnel type Alfano et les prix s’envolent à moins de s’en bricoler un, je vous laisse vous renseigner par vous même.

Voilà un petit guide qui a pour but de rassurer ceux qui ont peur de se lancer sur circuit avec leur voiture. Sachez qu’on n’est pas obligé de rouler à fond, il n’est pas question de course et on y apprend beaucoup sur nous et notre voiture. C’est un vrai plaisir que de rouler hors contraintes et de vraiment profiter de sa voiture. Bon amusement !

Crédit photo: UBcargrapher, Thomas D., Gonzague Dambricourt