Après la prise en main du Mini Countryman dans la vallée du Douro, BMW avait mis à notre disposition la toute nouvelle Série 5 afin de nous en faire prendre le volant. La berline, aux 7.6 millions d’exemplaires vendus tous millésimes confondus, revient donc avec une septième génération pleine de promesses mais dont le design évolue finement. Alors que nous propose BMW avec son nouveau fer de lance ? Nous avons eu la chance d’essayer les versions 540i et 520d, deux versions totalement différentes, qui nous ont permis d’entrevoir les capacités dynamiques et de confort de la bavaroise.

Avant le départ de l’hôtel Six Senses, je profite du fait que les voitures soient toutes garées côte à côte pour tester la fonctionnalité introduite sur la grande sœur Série 7, à savoir : le stationnement autonome télécommandé via la Display key. Je n’avais pas pu tester cette fonctionnalité sur la pré-série que j’avais pu conduire en 2015 aux alentours de Saint-Tropez, l’occasion d’essayer cette technologie était trop tentante pour le geek que je suis.

Pour effectuer l’entrée ou la sortie d’une place de stationnement, il est nécessaire de prendre en main la Display Key et de se rendre sur le menu dédié. Il faut ensuite se tenir proche de la voiture, très proche (au niveau du rétroviseur), celle-ci va alors s’associer avec le véhicule. Après avoir démarré le moteur à distance, l’auto sort à très faible allure de sa place ou y rentre grâce aux nombreux capteurs de présence. Une fonction tout de même assez incroyable pour le fan de K2000 que je suis, j’avais presque envie de dire à la voiture « Kitt démarre le moteur » et entendre en retour « Bien reçu Ugo ». Malheureusement la nouvelle Série 5 ne dispose pas encore d’une voix de synthèse élaborée.

Pour parler de ce qui fâche, il faut avouer que se tenir à côté du rétroviseur, pour une fonctionnalité qui permet de sortir la voiture d’une place trop exiguë pour nous permettre d’y monter est un peu mal venu. Comment puis-je me tenir à côté du rétroviseur de mon automobile si je n’ai pas la place d’y monter ? L’excuse avancée par la marque munichoise est qu’il est important de rester près de la voiture en cas de problème. Je veux bien les croire mais ça enlève toute l’utilité d’une telle fonction diablement séduisante au premier abord.

Avant de prendre en main le volant pour nous rendre sur les magnifiques routes de la région, j’ai voulu tester une autre fonctionnalité : le Remote View. Depuis votre smartphone, vous pouvez voir en temps réel ce qui se passe autour de votre voiture (3 fois sur un laps de temps de 2 heures). Il s’agit en réalité d’une photo prise par toutes les caméras de la voiture et ensuite assemblées pour réaliser une vue à 360°.

Le processus est un peu long, environ 5 minutes. Il faut en effet se connecter au serveur, que celui-ci envoie une requête à la voiture pour faire les photos, que les prises de vues soient effectuées, que les photos repassent par le serveur et soient assemblées avant de les envoyer sur l’application BMW Connected. Vous pourrez enfin observer l’environnement de votre automobile. Voyez plus tôt :

Après avoir fait joujou avec tous les équipements technologiques de l’auto, je prends le volant de la 540i avec mon acolyte du jour Alexandre, d’Autocult. La 540i est le modèle de base le plus puissant en motorisation essence. Je ne parle donc pas ici de la version M550i qui est une version revue et corrigée par la division MPerformance de BMW.

Cette motorisation est donc un 6 cylindres en ligne bi-turbo (l’architecture reine de BMW depuis 1933) de 3 litres de cylindrée, développant 340ch et 450 Nm de couple. De quoi avoir à la fois des performances très intéressantes avec un 0 à 100 km/h en 4.8 s et une onctuosité qui permet aussi de conduire sur le couple. Mais nous y reviendrons un peu plus tard.

Installé pour la première fois à son volant, je dois dire que je suis littéralement charmé par l’affichage tout numérique du compteur. Je ne suis absolument pas fan des compteurs 100 % numérique. Mais BMW a su garder son âme avec les cercles qui dessinent et rappellent les compteurs à aiguilles qui font et faisaient le charme des BMW. Ici en mode sport (voir ci-dessus) les compteurs sont parés d’une teinte orange sanguine très nerveuse, qui laisse paraître l’énervement que peut produire le 6 en ligne si l’on écrase la pédale de droite.

A l’intérieur, on est dans le luxe, calme et volupté. Oui j’en fais peut-être un poil trop, mais lorsque l’on regarde la qualité des matériaux, la qualité de l’insonorisation ou encore le confort des sièges, on est en droit de faire un peu de zèle.

La Série 5 reprend très clairement les évolutions esthétiques de la Série 7, j’en veux pour preuve la commande de climatisation, dotée d’un écran tactile ou de touches traditionnelles. Un vrai régal à regarder et à utiliser.

La G30, nom de code de la nouvelle Série 5, embarque pour la première fois dans la gamme un écran tactile. Celui-ci est tout simplement le meilleur que j’ai pu essayer dans une voiture. Aussi fluide qu’un iPad et très bien pensé. Le système permet l’affichage de 6 icônes (3 par page). Il s’agit en réalité de raccourcis vers la musique, la navigation ou encore les réglages de l’auto par exemple.

Pour ma part, je ne suis habituellement pas fan du tactile sur les écrans d’une voiture, peut être mon côté maniaque concernant les traces de doigts. Je lui ai préféré le iDrive, la molette de BMW, très intuitive et qui tombe parfaitement sous la main en conduisant et sans quitter la route des yeux.

Le système est aussi compatible avec Apple CarPlay et Android Auto (option à 300€), de quoi dupliquer votre smartphone sur l’écran de votre berline de luxe. Vous pouvez également charger celui-ci par induction grâce à une surface située sous la planche de bord dans le tunnel central. Cela permet en plus d’avoir un hotspot wifi d’une connexion 4G/LTE capté par la voiture via l’antenne de toit (600€).

La G30 est enfin la première voiture à être capable de faire l’association Carplay via le Wifi et donc sans câble.

Il est possible comme dans la Série 7, de rajouter un système multimédia propre aux places arrière avec 2 écrans et un lecteur Blu-ray. On peut ainsi surfer sur internet, regarder la TV (2 200 €), brancher une console de jeux ou encore un lecteur MP3. Bref de quoi vous amuser sur les longs trajets. Mais la facture s’en retrouve un peu salée, car ce système vaut la modique somme de 3 200 € (hors TV).

Niveau habitabilité rien à redire, c’est une voiture de presque 5 mètres et cela se ressent à l’intérieur. Que ce soit à l’avant ou à l’arrière : on a de la place. Le coffre quant à lui est dans la moyenne de la catégorie avec un volume de 530 litres.

Je crois avoir fait le tour des technologies multimédia embarquées, on prend la route et déjà gronde le 6 en ligne essence dans la Vallée du Douro.

La première partie du trajet est constitué principalement de routes de montagnes sinueuses et presque totalement vides. Une équation qui ne me laisse pas longtemps avant de décider d’enclencher le mode sport et de commencer à prendre un rythme de plus en plus soutenu. Et très sincèrement, la voiture ne souffre à aucun moment lors de changements d’appuis répétés, elle encaisse tout sans le moindre souci. Et dans un confort excellent grâce aux sièges offrant un parfait maintien.

Le comportement dynamique est très loin des standards habituels pour une voiture aussi grande (presque 5 m de long) et aussi lourde (1660 kg). Le train avant est très incisif et permet une précision assez incroyable. L’arrière lui, grâce à un réglage typé propulsion du xDrive, se balade juste avec l’amplitude qu’il faut pour pouvoir s’amuser en toute sécurité.

Il est même possible via une option à 1 900 € de rajouter 2 roues directrices. Jusqu’à 60km/h les roues arrière tournent dans le sens inverse des roues avant, pour permettre une meilleure maniabilité. Au dessus, les roues braquent dans le même sens, pour rajouter en stabilité.

Coté sonorité, malheureusement, la berline est à mon sens trop typé confort. A l’intérieur on n’entend pas grand chose même avec le mode sport, et à l’extérieur ça sonne, mais sans plus. Dommage pour une berline de plus de 300 ch. Pour obtenir une belle sonorité je pense qu’il faudra se tourner sur la version M550i de 462ch (sans parler de la M5…).

 

Après s’être fait plaisir avec la très désirable 540i, tellement désirable que nos collègues veulent évidemment eux aussi l’essayer, on revient à la réalité avec la plus petite motorisation présente sur la G30 : la 520d de 190 ch.

Après avoir continué sur les routes sinueuses du Douro, il faut avouer qu’à part un manque de puissance – qui se fait sentir à chaque ré-accélérations derrière une 540i – le châssis est tout aussi parfait et toujours avec un train avant aux petits oignons. Arrivé sur la partie d’autoroute empruntée la veille avec le Countryman, je me surprends après quelques secondes à voir le compteur plus proche des 200 km/h que des 120 autorisés au Portugal. La voiture étant tellement bien insonorisée et les trains si silencieux, qu’on ne se rend compte de la vitesse qu’une fois l’œil posé sur le compteur.

Je me décide donc à mettre en route le régulateur adaptatif qui peut aussi se régler automatiquement à la vitesse maximale autorisée sur la route empruntée. J’ai même poussé le vice d’activer la conduite semi-autonome (1 750 €). Cette dernière est assez impressionnante et fonctionne jusqu’à 210 km/h (!!!). Contrairement à d’autres systèmes que j’ai déjà pu essayer,  la voiture ne va pas jouer au ping-pong de chaque côté de la voie empruntée. Sur la nouvelle Série 5, la voiture va suivre la route très sainement. Attention toutefois aux sorties d’autoroute, si vous êtes sur la file de droite elle aura tendance à suivre la sortie… Comme d’habitude, c’est la loi, le système ne sera opérationnel que durant une quinzaine de seconde. Au delà de ce laps de temps, un message vous demande de remettre les mains sur le volant. C’est déjà suffisant, et bien pratique, pour vous permette de boire un peu d’eau par exemple.

Avant d’arriver à l’aéroport, nous sommes attendus par un producteur de Porto. Ce petit détour nous oblige à passer par des petites rues de la ville de Porto, et je suis agréablement surpris de découvrir, sur le côté droit du compteur de vitesse, toutes les intersections schématisées sur l’écran. Une très bonne idée !

Pour conclure, la nouvelle Série 5 est peut-être le chaînon manquant parfait entre la berline luxueuse et confortable qu’est la Série 7, et la berline agile et vive qu’est la Série 3. Elle est très confortable, très cossue et aussi très technologique, le Dr Jekyll. Mais elle a un côté sportif et très agile également, le Mr Hyde. Cette double personnalité vous sera facturée par BMW au prix fort, comptez 46 350 € pour la 520d en boite manuelle de base, et plus de 60 000 € pour notre version d’essai en finition Luxury xDrive, avec cette teinte « Atlas Cedar » à tomber (1 150€). Pour la 540i, comptez plutôt 61 400 € pour la version de base. Notre version disposait de toutes les options possibles et imaginables lui faisant frôler allègrement les 95 000 €. La polyvalence ça se paie au prix fort chez BMW, mais quelle réussite cette Série 5 G30, un vrai régal !

Je me suis fait plaisir avec le configurateur disponible en ligne. J’ai évidemment craqué pour la M550i avec la teinte Carbonschwarz, qui est pour moi, l’un des plus jolis bleu marine du marché. Je lui ai adjoint des jantes 20 pouces et un intérieur cuire Mokka du plus bel effet. Si vous ajoutez à ça toutes les options imaginables, vous arriverez comme moi à une facture très salée de 116 000 €. Qui a dit qu’on ne pouvait pas rêver ?

Envie de jouer vous aussi avec le configurateur ? C’est par ICI.

Merci à BMW pour leur invitation et leur confiance. Merci à Alexandre d’Autocult pour sa sympathie et son humour durant tout cet essai.

Crédit photos et vidéos : Ugo Missana