L’information surprenante du mois de février est finalement avérée : PSA vient d’officialiser le rachat d’Opel et Vauxhall pour la somme de 1,3 milliards d’Euros.

A cette somme, il convient d’ajouter 900 millions d’Euros supplémentaires pour la reprise de GM Financial, conjointement avec la banque BNP Paribas. Cela porte le total de la somme investie par le groupe français à 1,8 milliards d’Euros. PSA financera cette somme à hauteur de 670 millions en cash et 650 millions en bons de souscription d’actions PSA détenus par GM. Le bouclage de l’opération devrait être effectué d’ici fin 2017.

Opel, très fragile depuis près de 15 ans, quitte ainsi le giron de l’américain General Motors, qui l’avait acheté en 1929 ! La marque britannique Vauxhall rejoint également le groupe PSA. Dans la corbeille de la mariée, PSA récupère ainsi 40 000 salariés, 6 usines de montage, 5 usines de production de pièces (en Allemagne, Pologne Royaume Uni et Espagne) et un centre d’ingéniérie. Les licences de production des véhicules appartiennent toujours à GM.

Grâce à ce rachat, PSA devient le second constructeur  européen, derrière VAG. L’ensemble pèse 4,3 millions de voitures par an et 16,3% de parts de marché.

Le deal négocié par Carlos Tavares va changer quoi concrètement ? Pour rappel, Peugeot était en très mauvaise posture financière il n’y a pas si longtemps et n’a du son salut qu’à la prise de participation du chinois Dongfeng et de l’état français. Si aujourd’hui l’entreprise va bien mieux, elle n’en reste pas moins convalescente. Pour justifier ce rachat, PSA évoque les fameuses économies d’échelle que pourra réaliser ce groupe sur les achats et la recherche, et une meilleure répartition des capacités industrielles. PSA estime à 1,7 milliards d’Euros les économies annuelles qui pourront être réalisées. Les usines PSA tournent bien et peinent à fournir la demande (on peut penser notamment à la production de la 3008 qui tourne à fond et au report de la commercialisation différée du 5008), alors que leurs homologues de chez Opel disposent encore de capacités.

Tout n’est pas rose pour autant : les syndicats français, anglais et allemands exigent des garanties sur le maintien des emplois. Pour autant, PSA s’en sort bien sur le plan des retraites, qui resteront financées par GM. On peut pourtant se poser des questions sur l’avenir des gammes du nouvel ensemble. Hormis DS, qui cherche à se positionner sur le premium, PSA compte dorénavant 3 constructeurs généralistes, Peugeot, Citroën et Opel, et on voit mal comment elles vont s’articuler. Des synergies et des échanges existent déjà : les dernières nouveautés Opel (Crossland X et futur Grandland X) bénéficient de plates formes PSA. Interrogé sur ce sujet, Carlos Tavares précise qu’il n’y aura pas de problèmes de positionnement. Peugeot et Citroën sont français, Opel restera allemand. C’est hélas un peu réducteur de penser que ces marques n’ont pour seul objectif que de satisfaire les marchés domestiques….