Cette publicité sera la dernière fois que l’on verra la R16, au début des années 90, dans une communication officielle de ce qu’on appelait à l’époque la RNUR devenue depuis Renault s.a.

C’est sous la présidence de Pierre Dreyfus que nait la Renault 16 qui allait lancer la longue lignée des voitures bicorps à hayon chez Renault mais aussi chez tous les autres constructeurs.

C’est début décembre 1964 qu’est dévoilée à la direction de Renault, la nouvelle Renault 16, en janvier 1965 la presse fait sa connaissance et elle est officiellement dévoilée au salon de Genève en mars 1965 où elle surprend à cause de son hayon et de sa banquette arrière repliable. Les clients découvrirons l’auto en concession dès juin 1965. La voiture étonne et détonne même un peu dans un paysage automobile plutôt conventionnel où seule la Citroën DS sort vraiment du lot !

Un seul modèle est proposé à la vente lors du lancement mais dès l’été et les modèles 1966 ce sont 3 finitions ( Luxe , Grand luxe et Super ) qui sont proposées sur la Renault à l’allure détonnante qui fait beaucoup parler la presse et les acheteurs de Renault plus habitué à la R8 ou la Frégate.

La R16 est produite à Sandouville et cette voiture dessinée par Juchet et Charbonneaux à la façon d’une berline-break ( betaillère disent les détracteurs ! ) sera même récompensée puisqu’elle est élue élue Voiture de l’année 1966. La R16 dispose de 4 roues indépendantes avec barres de torsion longintudinales à l’avant et transversales à l’arrière ce qui impose un empattement un empattement asymétrique et deux cotés différents…

A son lancement la R16 est proposée avec un bloc L4 1.5 de 54 chevaux qui sera très vite remplacé par un 1.6 L disponible en 55 et 66 puis 67 chevaux. Ce moteur est installé longitudinalement à l’avant avec boite de vitesse en porte à faux avant ( comme sur les R4 et R5 par exemple ) avec 4 rapports et commande au volant via un levier disposé sur la colonne de direction.

A sa naissance la R16  propose un tableau de bord longitudinal realtivement simple qui s’étoffera au fils des années  mais qui restera toujours sur les version de base, L et TL. En 1968 apparait la fameuse version « sport » abvec l’arrivée de la TS équipée du 1565 cm avec carbu double corps et 83 chevaux. Et cette TS va vraiment séduire les conducteur par son allant mécanique, son confort, sa tenue de route ( quoique que son freinage reste toujours un peu juste  ) . Elle plait aussi par son nouveau tableau de bord avec 4 cadrans ronds, son compte tours, ses sièges enveloppants, ses projecteurs additionnels Cibié à iode, sa lunette arrière dégivrante et surtout ses monogramme 16 TS qui faisaient tout le standing de la voiture par rapport au possesseur d’une « banale  » L. Renault profite de l’occasion pour installer sur toutes les R16 de nouveaux enjoliveurs métalliques à facettes qui assure le standing de la voiture. La TS voit arriver une belle option valorisante pour l’époque : le cuir et les appuies têtes avant réglables…

1968 verra aussi l’arrivée de l’option LVE et de l’installation de la CCP, élément de standing s’il en est à la fin de cette année mouvementée qu’est 1968. L’année suivante la R1 6 voit apparaitre la R16 TS Automatic équipée du bloc moteur de la R16 TS mais sans la culasse hémisphérique de la TS. C’est une BVA 3 à commande électronique et convertisseur de couple hydraulique. Cette année la TS se voit aussi dotée de freins avec servo pour plus d’éfficacité et ce n’est pas un mal.

La R16 évolue tranquillement et normalement jusqu’en 1971, année où Renault modifie les feux arrières qui deviennent rectangulaires et qui s’aligne sur le bas de l’ouverture du hayon. Le moteur 1.5 L disparait et seul le 1.6 L reste au catalogue avec différentes puissances en fonction des finitions. la version TS Automatic disparait de la gamme car l’option BVA3 a séduit beaucoup de clients et Renault la propose désormais sur toutes les finitions de la voiture, c’est aussi la période de l’apparition des compteurs kilométriques journaliers et l’arrivée sur les modèles 1972 des ceintures de sécurité à l’arrière.

Le salon de l’Automobile de Paris 1973 ( il n’était pas mondial à l’époque…mais avait lieu tous les ans !  ) marque l’arrivée d’un modèle important dans la vie de la R16 avec l’apparition de la version TX à moteur 1647 cm3 de 93 ch. La TX c’est vraiment le luxe fait Renault 16 avec une nouvelle calandre, 4 projecteurs, des roues Style Gordini, un aileron de toit, BVM5, le tableau de bord en métal, des ceintures de sécurité avant à enrouleur, un volant typé sport, une lunette arrière dégivrante avec essuie glace, CCP et LVE d’origine. Une merveille de luxe et de confort pour l’année 1974 et un succès quasi immédiat pour cette version qui relance la R16  sur le marché car en 1974-1975, la concurrence se faire plus pressante.

La R16 TX est la voiture des patrons actifs, des gens dynamiques et performants dans les années 70 qui ne veut pas se laisser aller au conformisme de la 504 et qui son réticent face aux GS ou CX à suspension hydraulique !

1974-1975, c’est aussi l’épqoque où l’on monte du Michelin XZX sur sa R16 et on monte même du large sur les TX car les audacieux et les sportifs de l’époque adopte les 165 ou plus fort, les 175 SR 14….

1975 marque l’arrivée de la calndre noire en plastique en lieu et place du métal et c’est aussi le début de la simplification de la gamme avec notemment la disparition de toutes les versions commerciales pour le millésime 76 et la fin des version L et TL pour l’année modèle 1977.

La R16 sera produite jusqu’en 1980 ( 14 années de production ) à l’usine de Sandouville et c’est fin mai de cette même année que sort la dernière R16 TX qui sera la 1.850.000 eme R16 sortie de chaine.

En fin de carrière la R16 cède petit à petit sa place à la R20 et intègre presque le milieu de gamme du constructeur de Billancourt, juste au dessus de la fameuse R14. Reste que le couple R20/R30, malgré les moteurs diesel et le fameux V6 PRV, ne parviendra jamais à séduire autant que la R16 ou plus tard que la R25 ! La R16  est né sous un des patrons de Renault, Pierre Dreyfus, elle disparait en 1980 sous l’ère du très anonyme Bernard Vernier Palliez qui ne laissera sa marque dans l’histoire comme Lefaucheux, Dreyfus, Hanon et surtout plus récemment Schweitzer ou Ghosn, qu’on le veuille ou non, qui est un des grands patrons de l’histoire de Renault.

Et puis une R16, c’était quelques chose avec un comportement chaloupé en virage mais jamais dangereux, une voiture prévenante aussi bien pour le conducteur que pour les passagers. A l’arrière de la R16, on n’était pas malade comme à l’arrière comme dans une DS par exemple. Le gros soucis de la R16 restera un freinage un peu juste, des amortisseurs eux aussi un peu limite ( qui ne se souvient pas d’avoir croisé des R16 chargées et trainant du « cul » ) et un vrai appétit pour la rouille qui mangeait littéralement les bas de caisse, les ailes arrières, le panneau arrière ou, et c’était bien pire, les longerons !

Je garde de bons souvenirs de voyage dans les R16 de mes oncles , c’était plus confortable que les et presque plus spacieux que les voitures paternelles et puis à 10 ans, voyager en 16 TX ça assurait grave, bien plus qu’en Alfetta. Les vitres électriques, le cuir, la radio K7 Blaupunkt ça c’était du luxe pas comme le bruit métallique et le pont De Dion qui nous secouait tel des noyaux de pêches dans l’Alfa familiale…

La R16 a déserté nos route et il est devenu difficile d’en trouver des belles et des roulantes, aujourd’hui hélas les R16 c’est souvent ça !

Mais on arrive aussi a en trouver des superbes comme celle de Vincent de l’Amicale R16 qui est sortie de restauration l’an passée.

La R16 , une auto qui rappellera surement des bons souvenir à certains et qui est aussi le marqueur d’une certaine perception du haut de gamme des voitures familiales à la française dans les années 65-77… Une période où pour avoir une berline de standing moins de 4.30, moins de 100 ch et 170 km/h suffisaient, voilà qui nous mène bien loin des 4.80-5.00 m actuels et des 200 ou 250 chevaux nécessaires ! Bien sur que c’est le passé mais avons tant changé que ça, pas sur surtout quand on voit parmi nous, le nombre d’amateurs qui rêvent de voitures plaisir de 4.00 m ou 4.20 m et de moins de 200 chevaux, le tout avec un poids et un budget raisonnables ! Je crois que c’est surtout la surconsommation et la politique commerciale et marketing des constructeurs qui nous à pousser vers les autos de 1.7 ou 2.0 tonnes propulsées par des bons gros diesels ! Il y a moins de 30 ans une Ferrari 308, c’était bien sur un V8 mais seulement 200 ch et ça marchait déjà drôlement fort, euh combien pour une F458 Italia ?

Tout ça pour dire que tout à changé et qu’on peut néanmoins jeter un oeil vers les seventies ou les eighties en se disant qu’on a tout de même passé de drolement bons moments au volant de voitures sans électroniques ou moins parfaites mais aussi moins standardisées ou asptisées. Autre temps, autres plaisirs au volant.

Et cette R16 Orange, badgée Europe1, ça ne vous rappelle pas les départs en vacances avec les fameuses enveloppes proposées par Julie ou Maryse qu’on écoutait sur le fameux Blaupunkt  sur les Grandes Ondes… à moins que pour certains ce ne soit le Tour de France !

Ci dessous retour vers quelques instants vidéos qui vous feront redécouvrir le monde merveilleux de la R16 et de Renault.

Et ne perdons pas de vue que l’an prochain, elle fêtera ses 45 ans ( 50 pour la R4 ) qu’elle fait partie de l’histoire automobile française mais pas seulement car l’auto a fait une carrière honorable en Australie, en Argentine et aux USA !

Merci à l’Amicale R16, Vincent pour sa belle auto, Jacky Bertin, Renaultoloog.nl, Club R16, Chasseur de rouille, Quequette80, OrangeVolvoBusDriver, Deudeuche, la section Renault Classic de FlickR.

Youtube, Renault.