Il y a des propositions qui ne se refusent pas. Une invitation aux 24 Heures du Mans avec un accueil « VIP » par exemple. Embarquez pour une découverte de cette épreuve mythique, vécue dans des conditions de rêve grâce aux hospitalités Audi.

Lorsqu’on pense aux 24 Heures du Mans, on pense course automobile bien-sûr, mais aussi camping, boue et galère en cas de pluie, barbecues et packs de bière. Cela fait partie du folklore et de l’ambiance si particulière qui règne durant la semaine de la compétition.

Mais pour certains chanceux, dont j’ai eu l’immense privilège de faire partie cette année, les conditions pour assister à la course sont toutes autres !

Audi invite chaque année quelques centaines de personnes, « bons clients », journalistes, personnalités ou même blogueurs (j’en suis la preuve vivante !) à vivre un week-end au Mans dans les hospitalités de la marque. Et pour le coup, on peut dire que l’accueil qui nous est réservé mérite bien son patronyme de VIP.

Tout commence en arrivant sur le parking, spécialement réservé, où les R8 côtoient les Bentley Continental, les RS6 ou les « simples » A8. Je ne vous cache pas que ma voiture personnelle, qui a un lion sur le capot et non 4 anneaux, faisait un peu tache… Je me console en me disant que j’ai sans doute consommé beaucoup moins de carburant que leurs propriétaires pour me rendre ici !

Une fois garé, il est temps de découvrir l’Audi Racing Hotel : situé au parc des expositions du Mans, il s’agit d’un hôtel éphémère, installé dans 2 hangars, comprenant 650 places où les invités disposent chacun d’une chambre individuelle. Avouez que c’est plus accueillant qu’une tente ! D’autant plus accueillant que les petits « goodies » qui nous attendent nous mettent déjà dans l’ambiance : blouson, casquette, tongs, peignoir et trousse de toilette badgés Audi, le ton est donné ! On nous prête également un iPod avec des applications dédiées pour se guider, connaitre le programme, visionner les classements ou les caméras embarquées en live. La grande classe !

Mais on ne vient pas aux 24 Heures du Mans pour rester à l’hôtel, aussi accueillant soit-il, n’est-ce pas ? Pour se rendre sur le circuit, des navettes sont à notre disposition. Elles permettent de naviguer entre les différents bâtiments Audi en toute tranquillité, et surtout sans se fatiguer !

Audi dispose de 4 lieux d’accueil réservés à ses invités, plus un centre pour les médias et une « Fan Area » accessible à tous.

Commençons leur découverte par l’Audi Racing Garden. Il ne s’agit pas d’un potager doté d’un V6 turbo, mais plutôt d’un endroit où l’on peut se restaurer à l’écart de la piste, au milieu du « village ».

Le village justement, parlons-en ! On y trouve boutiques, expositions (surtout de voitures, forcement ! ) ainsi que des activités diverses et variées (simulateur Top Gear Experience par exemple). Un endroit agréable ou l’on peut faire un break durant la course en somme.

9H, début du Warm-up. L’occasion de faire chauffer l’appareil photo à l’Audi Fan Arena dont la terrasse donne directement sur le virage Dunlop. N’ayant jamais assisté à une course auto de cette envergure (honte à moi ! ), je suis impressionné par le bruit des moteurs. Ça hurle, ça crie, ça chante, ça vrombit, bref que de sensations auditives différentes en fonction des autos et des catégories. Le plus étonnant, c’est le relatif silence des Audi par rapport aux autres concurrents. On est plus proche d’un gros sifflement de turbo que d’une symphonie en V6 mineur. L’Oscar du plus beau bruit est décerné pour ma part aux Corvette, d’un chouïa devant les Aston Martin. Les murs tremblent à leurs passages, nos oreilles en prennent plein les yeux (© Moi). Une R18 coupé(e) est exposée à la Fan Arena, elle permet de se rendre compte de la position allongée du pilote, similaire à la F1, ainsi que de l’emplacement des moteurs électriques (juste à côté des pieds ! ).

Après l’échauffement pour les Protos et autres GT, place aux anciennes avec la course Le Mans Legends (45 minutes). Forcément, ça va moins vite, mais les mamies sont encore vaillantes !

Viennent ensuite les F458 Italia du Ferrari Challenge Trofeo (45 minutes également)

Pour assister à ces deux courses, je me suis rendu à l’Audi Racing Club, situé au dessus de la tribune principale. On dispose ici d’un superbe point de vue sur la ligne droite des stands, d’où l’on peut déjeuner à l’intérieur ou en terrasse. Puisqu’on peut manger, eh bien j’en profite ! La grille de départ se met en place après le passage d’une parade des anciennes gloires des 24 Heures (Mazda 787B, Peugeot 905 ou encore Ford GT40).

Pendant que les équipes se préparent au départ prévu à 15h, je me rend dans les loges situées juste au dessus de la pit lane. Depuis cet endroit, on peut observer les arrêts aux stands en étant au plus près de l’action !

L’heure fatidique approche, je remonte à la terrasse du Racing Club pour assister au départ de cette 81ème édition des 24 Heures du Mans. Malheureusement, un premier accident survient au 3ème tour, au niveau du virage du Tertre Rouge, et on apprendra plus tard que le pilote de l’Aston Martin n°95, Allan Simonsen, a succombé à ses blessures.

La course reprend ses droits après une première interruption de plus de 30 minutes, l’occasion d’assister aux premiers arrêts aux stands. Et en parlant de stands, j’ai rendez-vous à 18 heures pour une visite de ceux d’Audi, un vrai privilège ! Malheureusement, impossible de prendre des photos lors de cette découverte, confidentialité oblige. La visite commence par la partie que l’on ne voit jamais à la télé, l’arrière des box où sont stockées toutes les pièces de rechange des 3 voitures engagées. Capots avants, arrières, rétroviseurs, pièces mécaniques, faisceaux électriques… le nombre de pièces entreposées est impressionnant, mais il faut bien ça pour faire face à tous les imprévus qui surviennent chaque année ! On nous donne l’occasion de prendre en main un rétroviseur de l’Audi R18 pour se rendre compte de son poids, et force est de constater que le carbone, eh bien c’est vraiment hyper léger ! La majorité de la masse de cette pièce est due au miroir, la coque n’en représente qu’une toute petite partie ! Toujours dans l’arrière des stands, on trouve des armoires chauffantes permettant de conserver les pneus à une température idéale (même principe que les couvertures chauffantes que l’on voit en F1 par exemple). Puis vient le grand moment, celui où l’on pénètre dans le saint des saints, le stand en lui même. Grande chance pour moi, j’y suis en même temps que le premier changement de pilotes, l’occasion rêvée pour voir la concentration de ceux qui s’apprêtent à prendre le volant. Le Dr. Ullrich vient les encourager et leur donner les dernières infos stratégiques, puis les 3 voitures s’arrêtent coup sur coup, les mécaniciens s’affairent, les pilotes vont et viennent, et en quelques secondes toute l’agitation retombe. Les ingénieurs félicitent leurs pilotes qui viennent d’effectuer leur premier relais, et il est temps pour nous autres visiteurs de quitter les stands, à mon grand regret, mais je mesure tout de même la chance qui m’a été donnée de pouvoir y entrer en pleine course pendant près de 15 minutes !

Après cette expérience inoubliable, vient le temps d’une autre visite, celle des installations Michelin dans le paddock. C’est ici que sont montés les pneus pour les différentes équipes qui utilisent les gommes du manufacturier français. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ici, on ne chôme pas ! Montage, gonflage, équilibrage, il faut environ 4 minutes pour préparer complètement un pneu, et c’est une équipe de 87 personnes qui est dédiée à ces activités. Michelin amène plus de 7000 pneus au Mans (17 semi-remorques !!), dont ses inédits « intermédiaires slicks » qui permettent de rouler sur piste humide sans sculpture ! Mais comment font-ils ? Très bonne question ! Tout se joue sur les différents composants utilisés dans la fabrication (environ 150 ! ), mais nous n’en saurons pas plus ! Une fois prêts, les pneus sont acheminés dans les équipes par le biais de quads équipés de remorques (c’est que les stands ne sont pas tout près !). Les pneus restent propriétés de Michelin, et une fois utilisés ils sont décortiqués et analysés par une équipe de chimistes afin d’étudier leur comportement et leur usure après de longs relais, pouvant aller jusqu’à 700 kilomètres ! En course, des données télémétriques (température, pression…) sur les gommes sont relevées par les équipes au moyen de capteurs placés dans les jantes.

Parmi les autres activités proposées aux « VIP », une a rencontré un franc succès (ça alors !) : le survol du circuit en hélicoptère ! Gonzague vous a proposé une vidéo dans un précédent article, je ne vais donc pas m’étaler sur le sujet, mais voir la course d’en haut permet de constater encore plus la taille du circuit (plus de 13 kilomètres), des campings environnants, des parkings, et surtout de la ligne droite des Hunaudières (plus de 5 kilomètres !)

Les navettes mises à notre disposition permettent de se rendre aisément à deux endroits clés du circuit : la première chicane des Hunaudières et le virage d’Indianapolis. La chicane permet de se rendre encore mieux compte de la différence de vitesse entre les catégories, les GT semblant à l’arrêt par rapport aux protos LMP1 ! La vitesse d’approche des autos est tout bonnement hallucinante, la rapidité de décélération également. La nuit arrive doucement, ce qui nous laisse entrevoir les disques de freins qui rougeoient après ce très gros freinage, dans lequel les voitures passent de 300 à 100 km/h en un rien de temps. N’ayant pas un matériel photo professionnel, je n’ai malheureusement pas grand chose à vous proposer (à part des photos floues !) pour ces deux lieux, la nuit n’aidant pas la prise de vues propres…

On y est, la nuit est tombée. Une nouvelle activité se profile, l’Audi Driving Experience. Sous ce nom barbare se cache un baptême en tant que passager d’une Audi R8 V10 sur un parcours mis en place sur la piste de l’aérodrome voisin. Casque, ceinture, et c’est parti ! Mieux vaut ne pas avoir trop mangé récemment, car le pilote au volant n’hésite pas à pousser la voiture dans ses derniers retranchements ! Slalom, demi tour en glisse, virages pris en dérive totale, les pneus souffrent, le moteur donne tout ce qu’il a (525 chevaux tout de même !), l’expérience est courte mais extrêmement riche en sensations ! Pour information, les pneus des R8 dédiées à cette activité étaient totalement détruits après les 3 premiers passages, c’est dire si les autos sont malmenées !

Après cette promenade de santé (ça réveille !), direction l’Audi Racing Arena, située au niveau des 2 dernières chicanes avant les stands, pour profiter encore un peu de la course de nuit depuis un nouveau point de vue. Ici, un écran géant permet de regarder un film, de suivre la course ou encore d’assister à des conférences, le tout dans une ambiance décontractée, parfois même agrémentée d’un concert live grâce à la scène présente.

Tiens, on est déjà demain ! Le temps passe tellement vite… Aller, encore quelques passages et direction l’hôtel, où un peu de repos ne me fera pas de mal !

Après un Samedi chargé, place à un programme moins dense en ce Dimanche, l’occasion de prendre pas mal de photos en piste.

Je profite d’un énième Safety Car pour aller visiter le Musée des 24 Heures situé à l’entrée du circuit, ou l’on découvre de nombreuses merveilles automobiles, du tracteur Renault jusqu’à la Peugeot 908, en passant par le concept Alpine Renault A110-50, au centre d’une mini expo dédiée à la firme Dieppoise.

Retour sur le circuit, la pluie va et vient, ce qui occasionne de nombreux arrêts aux stands, pour changer les gommes dans le meilleur des cas, ou pour réparer une auto ayant embrassé le rail… Une heure avant la fin, c’est l’hécatombe suite à une averse plus forte que les précédentes, les crashs se multiplient, et la Toyota n°7 sort violemment de la piste. Elle parvient malgré tout à rentrer aux stands pour réparer et ressortira 30 minutes plus tard comme neuve !

La course touche à sa fin, le dernier tour débute, la traditionnelle « musique de suspens » se lance, même si tout le monde sait à ce moment la que c’est (encore) Audi qui va gagner la course. Le drapeau à damiers est agité et l’équipage de l’Audi n°2 composé de Tom Kristensen, Allan McNish et Loïc Duval peut enfin savourer sa victoire. Désolé pour la photo de l’arrivée, mais la distribution de drapeaux (et de champagne, forcément !) n’aide pas spécialement !

La piste est ensuite envahie par les spectateurs pour la cérémonie du podium, précédée évidemment d’un hommage à Allan Simonsen, longuement applaudit.

Ce week-end fantastique se termine, il est temps de rentrer, je retrouve ma vaillante voiture au milieu des supercars sur le parking. Impossible de l’échanger ? Bon, tant pis…

Je tiens à remercier Audi pour m’avoir permis de vivre cette expérience du Mans dans des conditions vraiment privilgiées, ainsi que Michael et Aurélien de WEAD.

Crédits photos : Romain B. for blogautomobile.fr