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Alfa Romeo (avec l’accent s’il vous plait !). La seule prononciation de ces quelques syllabes au premier abord anodines suffit à vous faire voyager. En ce début de printemps plutôt morose, la marque italienne a réussi à me redonner la joie de vivre le temps d’une journée découverte de la « nouvelle » Giulietta. Entre soleil, belles autos, vin local et mozzarella fraîche, ce petit interlude italien était définitivement placé sous le signe de la Dolce Vita.

Aéroport Charles de Gaulle, 7 h du matin.

Au lendemain des attentats perpétrés à Bruxelles, l’ambiance est plutôt calme. Peu de monde et aucune trace des forces de l’ordre. Le passage des portillons de sécurité s’effectue rapidement et sans encombre. J’y retrouve quelques collègues d’autres médias.

Aucun retard annoncé, soleil omniprésent et 17°C à Milan, la journée promet d’être des plus radieuses…

Après un vol plutôt agréable (toujours plaisant de survoler les Alpes par une météo dégagée), nous atterrissons à l’aéroport de Milano-Malpensa. Quelques pas jusqu’au parking pour y découvrir une ribambelle de Giulietta restylées flambant neuves, pour la plupart rouges. Nous sommes en Italie oui ou non ?!

Après un rapide briefing nous indiquant le programme de la matinée, le ton est donné : n’écoutant que ma raison (si si je vous assure), je me précipite vers la Veloce (anciennement appelée QV), et vous allez vite comprendre pourquoi : notre destination pour déjeuner n’est autre que le célèbre lac de Côme, situé à 45 minutes de notre position. Il est environ 10 h, vous avez fait le calcul ? Ça nous laisse un peu de temps pour découvrir les quelques charmantes routes bordant le lac.

La sonorité est envoutante, le rouge de la carrosserie flamboyant, le 4 cylindres 1.8 L de 240 ch ne demande qu’à hurler, si ça ce n’est pas une invitation… En vitesse de pointe rien à dire, le moteur semble ne jamais s’essouffler et en redemande constamment. Maintenant que ça tourne, je vais pouvoir découvrir la véritable personnalité de cette Juliette. Est-elle digne de Romeo ?

La première épingle arrive, rétrogradage, envolée lyrique, pas de voiture en vue, on se place donc aisément à l’extérieur, on braque à fond et frein à main ! L’arrière sautille mais se place idéalement pour un redémarrage en trombe, mais c’est là que la bât blesse. Juliette manque clairement de punch pour se remettre dans le rythme, sans parler de ses amortisseurs plutôt mous pour une compacte. La pauvre, à peine née et déjà brusquée… Sans-coeur, essayeur… Oui ça colle.

La rencontre fortuite d’une Mamie en Panda 4×4 (clairement la voiture idéale en ce lieu) arrivant à contre-sens téléphone au volant nous conduira rapidement à calmer le jeu. Un mal pour un bien nous poussant à profiter du climat mais surtout du panorama que nous offrent ces routes de montagne. Entre cols enneigés au loin, verdure, villas somptueuses et le lac de Côme en contrebas, on peut dire qu’Alfa Romeo a choisi le lieu idéal pour nous faire ressentir la passion qui anime la marque depuis tant de décennies, cette ambiance transpire luxe, calme et volupté.

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Après avoir croisé quelques)uns de mes confrères au volant de versions Diesel principalement, un élément m’apparait comme évident : vu le programme de la journée, la matinée ne pouvait se dérouler autrement qu’au volant de la Veloce. L’appel de la faim se fait de plus en plus fort, nous nous dirigeons ainsi vers le lieu indiqué pour la pause déjeuner répondant au poétique nom de Villa Lario. Nous apercevons une somptueuse Villa, bordée d’un jardin verdoyant surplombé d’une piscine ne demandant qu’à recevoir ses premiers baigneurs de la saison. C’est bon ? Vous êtes dans l’ambiance là ? Je vous épargnerai le contenu du menu tout à fait couleur locale, note particulière à la mozzarella fraîche (oups…).

« C’est ça le boulot d’essayeur ? S’amuser avec des Alfa sur les petites routes italiennes et manger à l’oeil au soleil ?! » Mais non rassurez-vous, j’en viens à ce qui intéresse la plupart d’entre vous, quels sont les changements apportés à cette nouvelle génération de Giulietta ? Profitons de cette petite pause bucolique pour répondre à vos attentes.

Après presque cinq ans de carrière, la belle s’est écoulée à plus de 330 000 exemplaires dans le monde, ce qui est loin d’être négligeable. À titre de comparaison, la 147, modèle le plus vendu par la marque depuis sa création, s’est écoulé à 670 000 exemplaires sur une carrière longue de dix ans ! Vous aurez rapidement fait le calcul, si la nouvelle Giulietta suit la même dynamique, on devrait se retrouver avec les mêmes chiffres de production, ce qu’il est important de rappeler, la plupart de nos lecteurs considérant sûrement les ventes du modèle comme anecdotiques.

Les changements esthétiques apportés à ce « face-lift » sont mineurs et, Alfa Romeo le clame haut et fort, interviennent tout comme ceux de la MiTo pour accompagner l’arrivée en concession de la tant attendue Giulia. La nouvelle calandre en nid d’abeille et les feux fumés apportent ainsi une touche de modernité aux modèles de la gamme et viennent parfaire la logique de cette dernière pour qu’un (reprenons les termes employés) « family feeling » soit ressenti lorsque le client entre en concession et observe les différents modèles, l’objectif étant l’affirmation d’une véritable identité visuelle propre à la marque.

Deux couleurs sont ajoutées au catalogue, le Blanc Alfa (venant compléter l’autre blanc crème déjà présent) et le Gris Lipari. La couleur de série passe également du noir Alfa au rouge Alfa, volonté de réaffirmer les origines latines du modèle auprès des acheteurs, bien que ce rouge représente déjà 20 % des ventes, de quoi réchauffer les couleurs du parc automobile français.

Le moteur diesel de 105 ch disparaît et laisse place au nouveau 120 ch accouplé à la boite automatique à double embrayage TCT. L’arrivée de ce dernier permettra notamment une montée en puissance des parcs entreprises, représentant une majeure partie des ventes de cette motorisation. La gamme se simplifie dans l’ensemble et de nouvelles finitions font leur apparition.

« Giulietta », entendez par là entrée de gamme, comprend les jantes alliages, la climatisation automatique et la connexion Bluetooth.

Viennent ensuite respectivement Giulietta Super et Giulietta Lusso. Une version Business à destination des entreprises est également de mise tandis que la gamme est chapeautée par la version Véloce munie d’un 4 cylindres essence de 240 ch. Aucun changement majeur par rapport à la QV (dont vous pouvez relire l’essai de Victor ICI) si ce n’est la disparition des Quadrifoglio Verde sur les flancs. Cette appellation sera en effet réservée à des modèles résolument exclusifs à l’image de la Giulia QV et ses 510 ch (rien que ça…).

Enfin, la connectivité a été optimisée avec l’intégration du système Uconnect Live, via lequel vous pourrez accéder aux interfaces des principaux réseaux sociaux. Le système TomTom Live Service est également de mise sur cette nouvelle génération. Ces changements apportent une nouvelle logique de gamme et viennent à prix plus ou moins similaire, redonner envie aux clients de se diriger dans les concessions notamment via un équipement très fourni dès l’entrée de gamme, de quoi vous faire hésiter avant d’acheter une Golf, non ? Voilà pour les nouveautés, mais revenons plutôt à notre périple.

Après une pause déjeuner ma foi somme toute sympathique et dans un cadre plutôt idyllique, il est temps de se remettre au travail. Finis les lacets avalés dans des crissements de pneus, on repasse à plus sage avec la Giulietta munie du 1.4 L Multiair 150 ch en BVM, moteur essence le mieux vendu depuis le début de la commercialisation du modèle. J’en profite pour rappeler qu’environ 40 % des Giulietta vendues l’ont été avec des motorisations essence, ce qui pour une voiture de ce segment est tout à fait admirable, surtout face à l’armée de TDI écoulés par VW avec l’indétrônable Golf. J’aurai peu l’occasion de me faire une idée sur la voiture, cette dernière ne nous servant qu’à relier la fameuse Villa Lario au Musée Alfa Romeo, à Arese.

La voiture est des plus silencieuses, pas un seul tremblement à l’arrêt si bien que je me demandais si je disposais ou non du start & stop. Ce dernier est tout bonnement im-per-ce-ptible, bluffant. La Giu’ ne demande qu’à être conduite avec douceur mais ne rechigne pas pour autant à jouer des vocalises, ce que je n’ai pas manqué de vérifier dès le premier tunnel venu, vitres ouvertes et seconde enclenchée. Pas de doute, c’est bien à l’accélération à bas régime que le ronronnement se fait presque envoûtant, tout comme sur la Veloce.

Nous arrivons en Terre Sainte, au superbe musée de l’histoire d’Alfa Romeo, tout juste rénové, où sont exposés pas loin de 80 modèles du Biscione.

En commençant par la 24 HP jusqu’à la 155 DTM, chacune a sa place au sein de cette collection qui ne cesse de grandir au fil des années. Le musée dispose d’une piste d’essai afin de faire tourner le plus régulièrement possible les modèles exposés. Je ne vais pas vous refaire l’histoire de la marque qui serait bien trop longue à vous exposer ici et vais plutôt vous offrir quelques clichés de ce que je considère comme les plus belles pièces du musée. Si vous en avez l’occasion, faites-y une halte, ça vaut le coup d’oeil ! Mon cœur chavire évidemment pour la fabuleuse 1900 C52 Disco Volante, exposée au musée en version Coupé et Spider ! Et vous, une préférence ?

La journée s’achève déjà, il est temps de reprendre la route vers l’aéroport de Milan. Pour cette dernière partie de trajet, place au fameux 1.4 JTDm 120 ch couplé à la BVA 6 rapports TCT à double embrayage dont on nous fait l’éloge depuis le début de la matinée. Outre un moteur offrant un couple suffisant, disponible à bas régime et donc idéal pour l’utilisation de la plupart des usagers, la BVA s’avère souple et d’une discrétion exemplaire. Les rapports sont enchainés sans le moindre à-coup ni sonorité particulière, sans aucun doute une compacte avec laquelle il fera bon voyager. Ce que j’espère vérifier très prochainement lors d’un essai plus détaillé…

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Ce n’est pas « terminé bonsoir ! » pour autant.

Après une journée passée en compagnie de ce harem de Juliette(s), je suis tenté de dire qu’Alfa Romeo retrouve petit à petit l’âme qu’on lui reprochait d’avoir perdue. Outre cette Giulietta ô combien attachante face à laquelle les concurrentes allemandes presque sans saveur peuvent avoir peur, Alfa Romeo se reprend et développe une gamme complète qui comportait jusqu’il y a peu, je le rappelle, seulement trois modèles, dont deux pour le grand public ! Un comble pour une marque au passé, notamment en compétition, si glorieux.

Giulietta offre une gamme de motorisations complète, attrayante, propose des équipements de série que bien d’autres n’offrent pas même à niveau de finition supérieur, le tout pour un prix constamment en dessous de celui de la concurrence, allemande principalement (normal, pour un modèle âgé de 5 ans). Juliette a également retrouvé sa belle robe rouge qui n’attend plus que ses nouveaux Romeo à faire chavirer, serez-vous l’un de ceux-là ?…

Mes plus vifs remerciements à Alfa Romeo pour l’invitation à cette journée définitivement placée sous le signe de la dolce vita.

Crédits Photos : Ancelin Schoenhentz