Arnaud Montebourg, notre ministre du redressement productif a appelé ce mardi Renault, dont la production a fondu dans l’Hexagone à réinvestir en France pour ses futurs modèles. L’impétueux ministre de préciser lors de l’émission Face à la presse (web) : “Renault doit travailler à muscler le socle industriel national et doit donc réinvestir en France sur les modèles futurs. Renault est une entreprise profitable, désendettée, internationalisée, puissante et qui doit maintenant réinvestir en France. Nous sommes satisfaits de voir que la Clio IV est partagée puisque la nouvelle version du modèle emblématique de Renault sera fabriquée à Bursa en Turquie et à Flins dans les Yvelines en France”.
Et le ministre de poursuivre avec fougue : “Renault a pris un risque industriel contre l’avis de tous avec les voitures électriques. Ainsi la France dispose d’une avance technologique, économique réelle dans ce domaine et c’est pour cela que le gouvernement a mis tous ses efforts dans l’aide au développement des véhicules électriques”.

Le ministre du redressement productif se veut ferme et insistant et il intervient en tant que représentant de l’état qui est, je le rappelle, actionnaire de Renault à hauteur de 15% du capital de l’entreprise. Il base sa demande sur les chiffres de production de Renault en France qui ont fondu depuis 7 ans. En 2004, le constructeur avait fabriqué plus de 1.1 millions de voitures dans l’hexagone mais en 2011 ce ne sont plus que 445.000 voitures qui sont construites en France (-59%).

Par ailleurs, l’impétueux ministre s’est notamment prononcé en faveur du recours au chômage partiel et ce, sur le modèle allemand. Il explique : “Je suis favorable à ce qu’on élargisse, à ce qu’on facilite l’usage du travail partiel, plutôt qu’on ferme des usines car c’est la stratégie allemande qui leur a tant réussi dans la crise grâce à une vraie flexibilité face à l’état du marché. Quand votre chiffre d’affaires s’écroule de 80%, la réaction typiquement française des dirigeants d’entreprise a été de mettre tout le monde à la porte, de perdre les savoir-faire industriels, de perdre les compétences, de désoler des territoires et de perdre des parts de marché. Berlin a investi quelques 6 milliards d’euros dans le chômage partiel mais nous, nous avons été cigale alors que les Allemands ont été fourmi.” Le ministre fait comprendre que dans certaines périodes difficiles, ils ont fait le choix de l’avenir en économisant, en jouant avec la flexibilité et en réduisant les dividendes des actionnaires pour en avoir plus dans le futur. A.Montebourg de remonter aux créneaux contre la famille Peugeot qui rachetait des actions il y a encore peu de temps pour soutenir artificiellement les cours de l’action PSA afin de préserver les gros dividendes et donc la rémunération du capital au détriment de la viabilité et de l’avenir de l’entreprise.

Revenant sur l’affaire du Bonus/malus écolo, le ministre a assuré qu’il allait s’employer à faire le nécessaire pour que la prime destinée aux VE dure au delà de l’année 2013 et qu’elle devienne même “durable” afin de permettre à chaque foyer d’accéder à la voiture électrique (je rappelle que cette affaire de prime VE est dans entre les mains des commissaires européens qui voient en elle un favoritisme déguisé qui fausse la concurrence sur le marché). Le ministre a aussi assuré que la grille du bonus n’allait pas évoluer pour 2013 et peut être bien 2014, par contre il a bien confirmé que la “chasse” aux voitures émettant plus de 180 g de CO2/km allait se poursuivre par le biais d’une importante augmentation du malus dès la loi de finance 2013. Pas très bon pour le marché et pas très bon pour nos constructeurs qui ne feront, à priori, pas ou plus d’efforts dans les segments D et E pourtant générateurs de fortes marges.

Via AFP, LesEchos, Face à la Presse.