En cette époque de voitures aseptisées, électriques, autonomes, de “solutions de mobilité”, ça fait parfois du bien de voir une voiture telle que cette nouvelle Audi RS6 Avant. Totalement inutile, et donc parfaitement indispensable !

Audi s’est fait une spécialité depuis 25 ans de ces breaks survitaminés de la gamme RS, au point de ne les proposer bien souvent qu’avec ce type de carrosserie, même pas en berline. Cette nouvelle version de la RS6 (génération C8 pour les experts) ne déroge pas à la règle : en Avant, toutes !

L’inflation de puissance est importante : + 40 ch par rapport à la C7, et surtout + 100 Nm de couple. Ces valeurs s’établissent à présent à respectivement 600 ch et 800 Nm. Le moteur est toujours le V8 TFSI de 4 litres associé à une boîte Tiptronic 8 rapports et transmission Quattro. Notons que Audi a le bon goût de proposer sa RS6 avec un moteur essence, contrairement aux plus sages S6 disponibles uniquement en diesel chez nous, contraintes environnementales obligent. Audi a néanmoins fait quelques efforts sur le sujet : le V8 dispose d’un système d’hybridation douce en 48 V (pouvant assurer un déplacement tout électrique jusqu’à 22 km/h ou fournir un supplément de puissance ponctuel) et peut désactiver la moitié des cylindres si nécessaire. La transmission répartit la puissance à 60% sur l’arrière et, si besoin est, peut aller jusqu’à 85%. Cette génération de RS6 est par ailleurs la première à être dotée de quatre roues directrices. Le système de suspensions adaptatives est repris de la génération précédente.

La RS6 Avant nouvelle version se démarque visuellement très nettement de ses placides cousines de la gamme standard qui ne sont pas allées à la salle de sport. La RS6 s’élargit de 8 cm (oui oui, centimètres) en adoptant des ailes renflées pour loger les imposants roues de 21″ en 275 de large. Au delà de cet élargissement, le point de vue le plus impressionnant est la face avant, hautement agressive avec son bouclier largement échancré et sa grande calandre single frame. Gare aux squatteurs de la voie du milieu sur autoroute ! Petite nouveauté esthétique : un fine fente est présente à la jonction du capot et la calandre.

Ce gimmick, déjà vu sur l’A1 et l’A4 restylée, vient rappeler l’Audi Quattro Sport. Le dessin en vague du bouclier arrière est nettement moins réussi que le reste, qui avait su se montrer agressif sans pour autant tomber dans la vulgarité. C’est hélas inutilement chargé, dommage. Du break Avant de série, la RS6 ne conserve au final que peu d’éléments : portes avant et hayon.

L’habitacle a contrario ne révolutionne pas la gamme : il est repris quasi à l’identique de la S6 avec pléthores d’écrans LCD, aides à la conduite, etc… L’ambiance est plus typée luxe que sport, mais les configurations doivent pouvoir s’adapter au gré des envies de l’acheteur. Pour les familles, déménagements et autres transports express, le volume de coffre s’établit toujours à un correct 565 dm3.

Les performances de la RS6 Avant ? C’est du brutal : 0 à 100 km/h en 3,6 secondes, 0 à 200 km/h en 12 secondes. La vitesse est limitée à 250 km/h sur la version standard, mais peut être portée à 280 km/h via le Pack Dynamique, ou même 305 km/h avec le Pack Dynamique Plus. Ce petit bolide disposera de plusieurs modes de conduite, dont deux paramétrables par le pilote conducteur, influant sur le transfert de motricité, l’intervention des aides électroniques ou même la sonorité de l’échappement, plus ou moins “virile”.

L’Audi RS6 Avant sera présentée à Francfort d’ici début septembre. Le tarif n’a pas encore été communiqué officiellement.

Crédits photos : Audi