P1120820

Oui, je sais c’est un peu facile les jeux de mots sur l’électrique mais vous n’y couperez pas tant que cette nouvelle i3 fera parler d’elle dans le fil de l’actualité et je gage que Philippe qui essaiera lui aussi le véhicule (mais de manière bien plus approfondie) utilisera pour cela toute une batterie d’arguments positifs ou négatifs… Ainsi après le petit compte-rendu de François (c’est par ) c’est à mon tour de donner mes premières sensations agrémentées des remarques tantôt foudroyantes tantôt en phase (et en tout cas rarement neutres…) d’une testeuse parfaitement représentative d’une cliente potentielle : ma femme.

L’avis du pôle masculin : est-ce bien une BMW ?

C’est un peu la question qui se pose pour tout béhémiste qui se respecte (j’en suis…) et cela entraîne un certain nombre d’interrogations qui tournent pour l’essentiel autour des aspects dynamiques de la voiture. Difficile par exemple de trouver le physique très sportif, la voiture est haute, son esthétique n’évoque pas particulièrement la fluidité, elle est même plutôt compliquée voire biscornue mais il y a tout de même des éléments qui cherchent à rendre l’ensemble plus « agressif ». La face avant offre ainsi un regard frondeur, les haricots sont là, pleins, abondamment badigeonnés de rimmel, mais ils sont là, le côté « gueule de bouledogue » lui donne du chien, le profil est relativement dynamisé par les arches de toit et la forme du vitrage mais pour l’arrière c’est plus discutable, assez plat, sans grand relief tant que les feux ne sont pas allumés et il est naturellement sans fondement d’essayer de chercher une quelconque sortie d’échappement. Les jantes de 19 pouces évitent l’aspect roulettes mais leur dessin n’est pas toujours très réussi et un petit quart de tour autour du véhicule vous fera percevoir leur étroitesse, c’est assez surprenant et ça fait un peu retomber le soufflé…

A l’intérieur également on est plus dans l’aspect cosy que dynamique. Ça présente bien, c’est original, high-tech et aérien, c’est d’une bonne qualité perçue avec des matériaux assez inhabituels mais ça ne résiste pas partout à un examen plus poussé ce qui peut agacer compte tenu du prix de vente. Néanmoins un habitué de la marque y retrouvera ses repères, des boutons et comodos maison, une disposition des commandes sans surprise et un superbe écran d’i-drive large lumineux et particulièrement lisible. La sensation d’espace est agréable partout, devant avec le pare-brise de très grande taille, entre les passagers avant puisqu’il n’y a pas de tunnel de transmission/boîte de vitesse et que le plancher est intégralement plat et même à l’arrière grâce aux sièges avant fins, à l’accès facilité par la porte antagoniste et à la forme de la vitre qui, avec son décroché, offre une visibilité sympathique pour les deux passagers arrières.

Allez hop en route (enfin compte tenu de la durée de l’essai c’est beaucoup dire), bien entendu c’est silencieux, on se rend compte immédiatement qu’il y a de la puissance à revendre et grâce à la magie de l’électrique ça pousse instantanément et très généreusement. On devrait pouvoir griller la politesse à plus d’une sportive aux feux rouges, gare à l’énervement du conducteur frustré… Difficile de juger du dynamisme en parcours urbain mais on notera que la suspension s’avère ferme, pas forcément très confortable et que la voiture tape et secoue assez nettement sur le moindre revêtement irrégulier. Une fermeté que les dernières productions de la marque bavaroise réussissaient à bien mieux atténuer sans pour autant perdre en efficacité. Nul doute que la monte vraiment particulière du véhicule n’est pas étrangère à cette sensation. En tout cas cela tranche avec l’ambiance très feutrée à l’intérieur, bien évidemment le niveau sonore est au plus bas, on est bien assis, un peu en hauteur on domine la route grâce à une bonne vision périphérique et on roule finalement très vite… tranquillement. La direction m’a par contre assez largement déçue, je l’ai trouvée bien trop légère (ce qui certes facilite grandement les manœuvres en ville, d’autant que le rayon de braquage est vraiment très court) et peu informative voire floue.

Conclusion : on retrouve certains codes et même certains gênes BMW sur cette i3, par exemple une certaine « sportivité » mais sa philosophie reste celle d’un véhicule urbain et on peut dès lors s’étonner de trouver une telle cavalerie sous le capot… enfin sous le plancher.

L’avis du pôle féminin : est-ce bien une BMW ?

Euh, c’est quoi ce truc ? Enfin truc, ce n’est pas tant la forme que l’association forme générale extérieure et sigle BMW qui me perturbe. Comment peut-on avoir le droit de faire ça ?! L’impression n’est pas nouvelle, j’avais déjà ressenti la même chose la première fois que je l’ai vue en vraie à l’autre bout de la planète. On pourrait penser qu’avec le temps ça passe… mais non je ne suis vraiment pas fan de l’esthétique de cette i3…

Je m’approche de quelques mètres : vision sur l’intérieur : ah ! Un espoir ! Je rentre. Soucoupe volante ? Oui et non, pas tant que ça, c’est moderne mais ce n’est pas non plus Star Wars. J’apprécie particulièrement la planche de bord aérienne et son écran comme suspendu et une fois installée au volant j’en oublierais presque l’extérieur (j’ai dit presque). Cette impression positive se renforce à la conduite, c’est un beau cocon, agréable et naturellement calme. Je m’y sens à l’aise sans pour autant y être perdue, je retrouve mon univers BMW, mes réflexes avec l’i-drive, tout va bien. Même derrière, place que je n’affectionne pas particulièrement, et compte tenu de la taille du véhicule, je suis agréablement surprise par une bonne sensation d’espace, probablement la découpe basse de la vitre joue-t-elle fortement ici. Plusieurs petits détails me laissent cependant une sensation de décalage entre le sentiment d’être dans une BM et celui d’être dans un véhicule nettement plus bas de gamme. N’y a-t-il pas contradiction ? Je règle le siège conducteur pour l’avancer (tiens ce n’est pas électrique…) et tombe sur une poignée dont je me demande si elle va tenir la durée des essais, réalisée avec un plastique très bas de gamme, mal ébavurée et qui donne la sensation qu’on peut se couper. Je joue un peu avec la boite à gants, un chtong ! pas très glorieux se fait entendre à l’ouverture. Cela dénote avec la philosophie design/cocon (pas de bruit !) de l’intérieur. Dans le même style, mieux vaut éviter de claquer son sac à main sur les portières (un autre chtong !) car les matières écolos c’est bien mais c’est dur et creux… Dommage également : j’aime le cuir et les intérieurs clairs mais il me faudra choisir car les compositions sont figées et pas assez personnalisables à mon goût. Enfin à l’arrière, les porte-gobelets entre les deux sièges effacent l’argument « regardez il n’y a pas de tunnel de transmission » : ben oui mais il n’y a pas de troisième place de toute façon et cet ustensile très typé marché étasunien aura sans doute un peu de mal à trouver sa justification en Europe, surtout si on tient compte du diamètre alors même qu’à NYC les boissons trop King Size sont désormais proscrites…

Coté conduite, quatre roues, des rétros, des pédales, un clignotant, un volant, OK c’est bon je sais conduire une électrique ! Je n’avais aucun a priori sur la motorisation électrique et, en fait, dans un essai très citadin et embouteillé je n’ai pas vu de différence avec un véhicule thermique en boîte automatique, exception faite bien sûr du silence dans l’habitacle. Mais là aussi on retrouve une forme de décalage entre la philosophie de la voiture estampillée « développement durable » de la conception à l’utilisation et le… 0 à 100 en 7 secondes ! C’est si difficile de choisir ? La performance sportive est-elle vraiment utile sur cette… ah oui c’est vrai c’est marqué BMW dessus !

Conclusion : un véhicule plutôt plaisant, à sa place en ville, un habitacle agréable mais pourquoi, sous le simple prétexte qu’il s’agisse d’une électrique (finalement elle roule aussi…),  faut-il passer par un design extérieur aussi différent ? A mon sens c’est une voiture qui se cherche…

Merci à l’équipe du BMW i-tour et à Louise Racine

Une dernière remarque de ma moitié : pourquoi lors de ce genre d’événement sont-ce toujours les filles qui servent le café et les garçons qui s’occupent de l’essai ?…