Le mois de mai marque chaque année pour moi le retour d’un événement que j’attends avec impatience : le Concorso d’Eleganza Villa D’Este.

Organisé par BMW Group Classic, ce concours a vu le jour pour la première fois en 1929 avant de disparaitre en 1951 à cause de la crise qui affectait à l’époque les carrossiers automobiles. Le Concours renait heureusement de ses cendres en 1986 sous l’impulsion de l’auteur et historien automobile Tito Anselmi avec la collaboration du Grand Hotel Villa d’Este. Malheureusement il disparaît à nouveau, et ce jusqu’en 1995. A partir de 1999 le Concours passe sous le contrôle de BMW Group (BMW, Mini et Rolls-Royce) qui organise depuis avec succès une édition chaque année le dernier weekend de mai.[1]

Le Concorso d’Eleganza Villa D’Este se déroule sur les rives majestueuses du Lac de Côme, dans l’écrin du Grand Hôtel Villa D’Este, un palais Renaissance du XVIe siècle entouré d’un jardin à l’italienne de 25 hectares, devenu palace depuis 1873.

Le Concours se déroule cette année du samedi 29 au dimanche 30 mai 2017. Alors que la journée du samedi reste assez intime sur les pelouses du Grand Hotel Villa D’Este puisqu’elle est réservée aux participants, medias et invités, le concours est ouvert au public le dimanche dans l’immense parc de la Villa Erba, situé à 800m de la Villa D’Este. Ce concours réunit à chaque édition une cinquantaine des plus belles voitures des années 1920 aux années 1980 ainsi qu’une sélection de Concept Car et Prototypes.

Les voitures classiques sont réparties en 8 différentes classes (à cela s’ajoute la catégorie Concept Car et Prototypes), ayant chacune un thème unique :

  • Classe A : Speed Demons – Endurance Pioneers of the Golden Age
  • Classe B : Travelling in Style – Around the World in 40 Years
  • Classe C : Goodbye Jazz, Hello Radio – Full Speed into the 1930s
  • Classe D : Faster, Quieter, Smoother – Heroes of the Jet Age
  • Classe E : The Grand Tour Continues – The next 40 Years
  • Classe F : Fast and Flamboyant – Playboys’ Toys
  • Classe G : Supergioiello – Little Toys for Big Boys
  • Classe H : Shaped by Speed – Racing through the Decades
  • Concept Cars & Prototypes

Le schéma pour ces 3 jours de Concours est le suivant : vendredi, arrivée des voitures et des participants et vérifications techniques. Samedi : exposition des voitures dans les jardins de la Villa D’Este, examen par le jury des véhicules, parade des voitures et remise des prix. Dimanche : transfert des voitures à la Villa Erba, exposition au public, parade des voitures.

Cette année comme tous les deux ans la vente aux enchères RM Auctions se combine avec le Concorso D’Eleganza Villa D’Este. Cela promet des journées chargées car il faut passer d’un événement à l’autre afin de couvrir au mieux le concours et la vente.

Je profite donc de mon arrivée en milieu de matinée pour me rendre à la Villa Erba et découvrir les voitures à vendre de RM Auctions qui sont exposées dans le parc de la Villa Erba.

Fausse bonne idée, contrairement aux éditions précédentes, cette année la journée du vendredi est ouverte au public (donc accès gratuit). Il en résulte une foule dense sous la tente dédiée à l’exposition. Je fais malgré tout quelques photos sans trop m’attarder car le vendredi l’essentiel se passe à 800m de là, à la Villa D’Este, où les voitures arrivent dès le matin pour les vérifications techniques du Concorso D’Eleganza Villa D’Este.

Avant de filer à la Villa D’Este j’aperçois une brebis égarée : la Fiat 1100 Barchetta Frua qui vient se faire shooter dans les jardins de la Villa Erba.

J’arrive un peu tard à la Villa D’Este (10h50), quelques voitures sont déjà arrivées mais la plupart doivent encore arriver, ouf !

La première à apparaitre est cette splendide Lancia Flaminia Sport Zagato Coupe turquoise de 1959, suivie de la Mercedes 540K Cabriolet A de 1938 et de la Lurani Nibbio. Cette dernière remportera le lendemain la Coppa D’Oro Villa D’Este, récompensant la plus belle voiture du concours par référendum lors du concours.

Je m’apprête à aller faire un tour à l’arrière de la Villa D’Este, là où se déroulent traditionnellement chaque vendredi des séances photos improvisées avec les propriétaires quand je tombe sur la Osca MT4 Berlinetta Vignale chassis #1120 avec sa carrosserie unique aux passages de roues échancrés pour mieux laisser s’écouler l’air de refroidissement du radiateur. Et pour cause vous avez sous les yeux une voiture de course puisqu’elle a couru les 24 Heures du Mans en 1952, 1953 et 1954 avec une victoire en 1953.

J’arrive enfin dans les jardins derrière la Villa d’Este juste à temps puisque je vois que la Ferrari 365 California Spyder est en train de se faire photographier. Cette Ferrari 365 California Spyder châssis 9849 est l’un des 14 exemplaires produit entre 1966 et 1967. Elle dérive du même châssis que la 500 Superfast mais que le maître Pininfarina a réinterprété en Cabriolet. Equipée d’un V12 4.4l de 310ch elle était à son époque le Cabriolet le plus rapide du monde.

Après quelques discussions avec le propriétaire de cette Lancia Flaminia Sport Zagato Coupe de 1959 lors des vérifications techniques il se laisse convaincre pour réaliser à son tour quelques photos.

J’apprécie beaucoup ces Lancia, et dans cette combinaison vert turquoise et intérieur rouge elle est parfaite. Elle est l’une des 99 Serie I produites avant le style change pour les Serie II et encore après avec les Series III.

Au fond des jardins j’aperçois une incroyable Ferrari 365 GTB/4 Daytona Competizione chassis 13855. Même si ce n’est pas une des 15 Competizione officielle car elle a été convertie en spécifications Competizione en 1970 par Sport-Modena, elle en possède tous les éléments stylistiques et toutes les performances. D’ailleurs elle fait un bruit monstre. Elle est l’une des 8 châssis avec 13367, 14065, 14107, 14141, 16717 et 13715 qui ont été convertis (avec le soutien de Ferrari) par le Garage Francorchamps, l’importateur Belge Ferrari. Parmis elles, cinq seront commandés par Luigi Chinetti le fondateur du NART (North American Racing Team), le bras armé de la Scuderia Ferrari en Amérique.[2]

Officielle ou pas, elle respire la course et dans cette livrée bordeaux elle est dingue et plutôt bien placée : un régal.

On continue dans les couleurs exotiques avec cette incroyable Ferrari 365 GT4 BB verte ! Châssis 18959, cette Ferrari 365 GT4 BB Verde Germoglio (nom officiel de la couleur) a été commandé neuve par un fermier allemand. Elle est la seule 365 GT4 BB de cette couleur. Pour l’anecdote il aurait commande sa voiture de cette couleur pour qu’elle ne dénote pas trop de ses cultures.[3]

En suivant la Ferrari 365 GT4 BB je vois la Fiat 8V Berlinetta Vignale qui me passe sous le nez. Je la suis évidemment pour la retrouver quelques mètres plus loin entourée par plusieurs photographes. L’exemplaire que j’ai sous les yeux est le châssis 106*000066, l’une des 8 produites.

Petit passage ensuite par les vérifications techniques qui se déroulent traditionnellement le vendredi quand une grosse surprise surgit de l’entrée : une Bugatti Type 57 SC Atalante Découvrable. Difficile de trouver des informations sur celle-ci, voiture qui ne fait pas partie du Concours, elle serait  l’une des 8 Atalante produite en version découvrable d’origine.[4]

Comme une surprise n’arrive jamais seule, en remontant des vérifications techniques je vois débouler l’unique Aston Martin Vanquish Zagato Roadster (sur base de la Vanquish de 2004, première du nom, puisqu’en 2019 il existera aussi une version du même nom basée sur la Vanquish de 2012). Seule version découvrable réalisée par le carrossier italien Zagato en collaboration avec Aston Martin, elle se distingue des 2578 Coupés fabriqués par Aston Martin par sa teinte bleue et la double bubble caractéristique des modèles signés Zagato.

Revenons aux classiques avec la Maserati 300S de 1958 qui prend place au même endroit que la Fiat 8V Berlinetta Vignale de tout à l’heure. Celle-ci appartient à un habitué de la Villa D’Este : Andreas Morhinger, un collectionneur Autrichien.

Une nouvelle remorque arrive, les spéculations vont bon train entre les photographes sur ce qui peut se trouver à l’intérieur. Ce qui est sûr c’est que quand les bâches latérales se sont ouvertes on n’aurait jamais pu deviner puisqu’il s’agit en fait d’une voiture hors concours, et non des moindres : une Maserati MC12 ! Quel choc quand on voit cette ligne et cette gueule de voiture de course qui est pourtant bien une voiture de série ! Personnellement je suis complètement dingue de cette voiture.

Juste le temps de faire quelques photos qu’arrive la très particulière Ferrari 365 GTB/4 Daytona Group 4 NART Spyder, châssis 15965. Exemplaire unique, cette Ferrari 365 GTB/4 Daytona Group 4 NART Spyder a vu le jour en 1972 comme une 365 Daytona standard à Giovanni Michelotti (designer italien des années 1970). C’est ce dernier qui la transforma à cette époque dans sa configuration actuelle avec une carrosserie Spyder en aluminium en lui greffant au passage toutes les spécifications Groupe 4.[5]

Une autre Ferrari arrive juste après, cette incroyable Ferrari 250 GT SWB dans sa livrée dorée. Elle recevra à la fin du concours le prix Trofeo Vranken Pommery, récompensant la voiture la plus iconique par le jury.

Cette année il semblerait que quelques modernes soient exposées en parallèle du Concours en plus de la catégorie Concepts Car & Prototypes. En plus de l’incroyable Maserati MC12 de tout à l’heure, vient s’ajouter la RUF Turbo R Limited. Version hommage à la RUF Turbo R de 1998 le moteur 6 cylindres à plat développe 620ch pour une vitesse max de 339 km/h.

C’est alors que surgit une petite auto toute mignonne : l’Alfa Romeo Giulietta Sprint Speciale Prototipo de 1957 d’un autre habitué de la Villa d’Este et des Alfa Roméo en général : Corrado Lopresto. Vainqueur à 4 reprises de la Coppa D’Oro Villa D’Este, l’italien présente cette année l’une de ses 100 voitures (excusez du peu !) sa Giulietta Sprint Speciale Prototipo. Dessinée par Franco Scaglione, cette Giulietta Sprint Speciale Prototipo est l’une des 3 Berlinetta Aerodinamica Tecnica construites par Alfa Roméo et Bertone dans les années 1950 afin de service d’étude style pour la future Giulietta Sprint Speciale (SS).[6]

Le succès de cette voiture lui a permis de remporté 3 prix : vainqueur de sa classe, le prix Trofeo BMW Group Italia, récompensant la plus belle voiture pour la journée du samedi, par référendum lors du concours, et le Trofeo BMW Group Best of Show, récompensant la plus belle voiture par le jury lors du concours.

Une des dernières voitures à arriver en cette journée du vendredi est cette Mercedes 300SL de 1955 dans sa livrée gris mat et son intérieur vert turquoise, original pour l’époque.

Maintenant direction le restaurant pour avaler une bonne pizza et tâcher de rentrer tôt à l’hôtel car demain se prépare la journée la plus chargée du week-end avec le Concours et la vente aux enchères RM Auctions le soir.

Samedi 27, réveil 6H15 pour arriver sur place à 7H00 afin d’assister à la mise en place des voitures très matinale. En effet avec 53 voitures à installer à des emplacements précis le staff de BMW Group Classic doit s’y prendre tôt.

Une fois les grilles de la Villa D’Este passées et sans pouvoir m’empêcher de claquer une nouvelle photo de cette folle Maserati MC12, direction le parvis principal.

La Maserati A6G/2000 Gran Sport Berlinetta Frua est déjà dehors en train de se faire bichonner. Comme vous pouvez le voir elle est dans son jus.  Cette voiture a beaucoup fait parlé d’elle en 2015 puisqu’elle fait partie de la collection Baillon. Ce dirigeant d’une société de transport avait pour but dans les années 1960 de se constituer une collection de voitures à restaurer pour témoigner du patrimoine automobile (dont une majorité de françaises). Mais suites à des difficultés financières certaines ont été revendues dans les années 70 et le reste de la collection (60 voitures) est resté oublié pendant plus de 60 ans dans des granges, usées par le temps.

Cette Maserati A6G/2000 Gran Sport Berlinetta Frua est l’une des 4 exemplaires produits et a été vendue 1 962 400€ par Artcurial en 2015 lors du salon Rétromobile.

Son nouveau propriétaire, l’américain Jonathan Segal (un architecte californien) n’a pas décidé de la restaurer à neuf comme c’est souvent le cas, mais au contraire de la remettre en état de circulation tout en préservant au maximum son état de découverte.

Deuxième voiture à sortir du parking souterrain de la Villa D’Este, l’Aston Martin DB4 GT Zagato châssis DB4GT/0190/L, l’une des 19 produites entre 1960 et 1962.

Pendant que certains déjà en place commencent à astiquer les carrosseries, les voitures arrivent les unes après les autres.

La rarissime Fiat 1100 Barchetta Frua montre le bout de son nez. Elle fût la première Frua créée en 1947 et présentée dans la foulée au Concorso D’Eleganza Villa D’Este la même année. Incroyable de se dire que cette création revient au Concours 70 après…

Le défilé continue avec l’Alfa Roméo 6C 1750 Gran Turismo Cabriolet Castagna (qui remportera le prix Trofeo BMW Group Ragazzi, récompensant la plus belle auto selon les enfants jusqu’à 16 ans), la Shelby AC Cobra 427 (qui remportera le Trofeo Auto & Design, récompensant le design le plus joli), la Ghia L 6.4 (qui recevra à la fin du concours le prix Julius Baer, récompensant la voiture représentant le mieux l’artisanat automobile de son époque), la Osca MT4 Berlinetta Vignale, la Mercedes 300SL, l’Astra Coupé, la Duesenberg J Convertible Berline.

C’est alors que sous la noble musique de son V12 apparait une icône : la Ferrari 250 GT Spyder California Prototipo chassis 0769GT. Vendue pour 6 600 000$ aux enchères en 2012.

On continue dans le rouge et dans les italiennes avec cette Lamborghini Miura P400 et ses bandes vertes et dorées. Commandée spécifiquement dans cette livrée par Adrian Doyle (fils de l’auteur de Sherlock Holmes), elle est aujourd’hui dans les mains de Jean-Pierre Salvic, un collectionneur Suisse bien connu qui l’a fait restaurée dans sa teinte d’origine par la Carrozzeria Cremonini.

Je décide sur les coups de 8H00 d’aller faire un tour du côté des Concept Car qui se trouvent eux au début des jardins. Il y en a assez peu cette année, seulement 2. J’arrive juste au moment où la Renault Trezor fait son apparition. Elle remportera à la fin du Concours le Design Award For Concept Cars & Prototypes, récompensant la plus belle voiture par référendum lors du concours.

A côté d’elle sur la pelouse se place la GFG Style Techrules REN. GFG Style est le nouveau studio de design du père et du fils Giugiaro : Giorgetto and Fabrizio  Giugiaro.

Puisqu’on est sur le thème des voitures modernes, la bâche qui recouvre la fameuse Rolls Royce Sweptail est enfin enlevé. Il s’agit d’un modèle unique entièrement créé selon la demande du client (un collectionneur chinois). Ce projet a nécessité des années de travail entre la demande en 2013 et la fabrication en 2017. Coût estimé : 11 400 000€, le prix de l’exclusivité et du sur-mesure. Le client a donc profité du Concours de la Villa D’Este (organisé par BMW Groupe dont Rolls Royce fait partie) pour se faire livrer sa voiture et partir ensuite en road-trip.

J’en profite pour faire un peu de photos statiques comme les voitures se mettent en place petit à petit avant qu’elles soient toutes collées et surtout que les visiteurs arrivent.

Je retourne finalement vers le parking car toutes les voitures ne sont pas encore sorties dont certaines que j’apprécie beaucoup. Et notamment cette Fiat 8V Supersonic Ghia, chassis 1006*000036, l’une des 8 produites. Considérée comme faisant partie de la quintessence des voitures de sport italienne, la Fiat 8V vit le jour en 1952. Elle fut produite à 114 exemplaires, et certaines furent carrossées par les plus prestigieux : Zagato, Rapi, Vignale, et Ghia. Seulement 8 ont été fabriquées avec cette carrosserie Supersonic Ghia. Un look futuriste à l’époque, imaginez-la dans les rues en 1952 !

En parlant d’engin futuriste que dire de l’Abarth 1000 Bialbero Record ! Modèle unique fabriqué par Pininfarina pour Fiat-Abarth en 1960, la “Principessa” comme on la surnomme, détient 2 records puisqu’elle a établi en 1960 le record d’un véhicule maintenant la vitesse la plus haute sur la distance la plus longue : 191 km/h de moyenne sur plus de 10.000 kilomètres ! Ainsi qu’un autre record, celui d’une virée de 72 heures à 187 km/h de moyenne. Une vraie championne, donc. Et pour cause elle possède un Cx de 0,20, moteur double arbre de 982 cm3 développant 105 ch. Elle remportera le lendemain le Trfeo ASI, récompensant la voiture d’avant-guerre la mieux préservée.

10H00, la Villa D’Este ouvre au public, il est temps de se concentrer sur les détails et aux photos ambiance, c’est un des seuls moments pour le faire avant la parade à 14H30. C’est aussi l’heure pour le jury de venir examiner les voitures unes par unes.

BMW profite également du Concours pour dévoiler son concept : la BMW Série 8 Concept. Concept qui préfigure le style de la remplaçante du Coupé BMW Série 6. Et pour cela BMW a choisi de faire renaitre une appellation mythique avec le chiffre 8 qui ramène forcément aux Coupé Série 8 des années 1990. C’est d’ailleurs ce concept qui ouvre la parade à 14H30.

Le principe est simple : les autos partent de leur point de stationnement dans les jardins et roulent au pas le long de l’hôtel pour passer devant le jury puis passer à l’arrière de la Villa D’Este et retrouver leur point de stationnement. L’occasion d’admirer les voitures en mouvements et d’écouter les commentaires très intéressants du speaker Simon Kidston lorsqu’elles passent devant le jury. C’est également à ce moment que les prix sont remis aux participants.

La soirée du samedi soir est un autre moment que j’attends avec impatience puisque comme tous les 2 ans c’est là que se déroule la vente aux enchères d’exception d’RM Auctions, dans le parc de la Villa Erba.

Au-delà de l’ambiance unique de la vente, ce qui est appréciable est de pouvoir approcher les voitures et de les voir rouler avant et après leur passage devant les acheteurs.

J’arrive donc sur place dès 17H00. La première à descendre du podium est la Lamborghini Countach LP400 ‘Periscopio’ de 1975, suivi la splendide Talbot-Lago T150-C SS ‘Goutte d’Eau’ Coupé Figoni et Falaschi qui sera vendue plus tard dans la soirée pour 3 360 000€.

Une fois les voitures descendues du podium, elles se placent à la queue leu-leu dans les jardins, et arrivent ensuite au compte-goutte devant le parvis RM Auctions pour les enchères.

Les enchères commencent à partir d’une somme dé départ (la mise à prix) puis ensuite des personnes enchérissent sur place, au téléphone, par Internet… Parfois cela se joue de 1000€ en 1000€ et parfois de 10000€ en 10000€, tout dépend l’estimation de l’auto et de la volonté ou non de l’enchérisseur à l’avoir ou non.

Et les enchérisseurs auront été plutôt motivés cette année puisque le total de cette vente attendra les 25 355 850€, pour 41 voitures vendues soit une moyenne de 618 435€ par voiture. Parmi les plus désirables on notera la Porsche 911 Carrera RSR 3.8 vendue 2 016 000€, la Bugatti Type 57 Atalante Prototype vendue 3 024 000€, et la Talbot-Lago T150-C SS ‘Goutte d’Eau’ Coupé vendue 3 360 000€.

Après cette vente il est temps d’aller se coucher car demain le réveil sonnera à 6H00, en effet il faut être à 6H45 à la Villa Erba pour profiter de la mise en place très matinale des voitures.

Le dimanche le principe est un peu le même que le samedi à la Villa d’Este si ce n’est que le concours se passe à 800m de là, dans les jardins de la Villa Erba. Pour l’anecdote il s’agit du lieu où a été tourné la publicité Nespresso “What else?” avec Jean Dujardin et Georges Clooney, ce dernier possède d’ailleurs une Villa à quelques kilomètres.

Depuis 6 ans que je couvre le Concorso D’Eleganza Villa Este nous (les photographes) avons l’habitude de nous retrouver vers les 7H00 dans ces jardins afin de réaliser quelques clichés des premiers participants qui arrivent (les voitures arrivent par la route depuis la Villa D’Este), et plus particulièrement devant les marches à l’arrière de la Villa Erba (les fameuses marches de la publicité Nespresso).

Je vous remets une photo prise à cet endroit de 2016 pour vous donner une idée car cette année il n’y en aura malheureusement pas…

Car cette année rien ne va se passer comme prévu… Après avoir parlementer de longues minutes avec la sécurité à l’entrée de la Villa Erba nous réussissions finalement à rentrer. Mais cela ne va pas durer… Une dizaine de minutes plus tard la sécurité vient nous chercher et nous expliquer que nous ne pouvons pas rester là car cela gêne l’installation et la préparation du Concours. Nous exprimons immédiatement notre incompréhension car cela fait au moins 6 ans que chaque dimanche matin cela se passe de cette façon sans le moindre problème.

Nous voilà donc tous reconduis à la grille, les parlementions reprennent, au plus le temps passe et plus les photographes arrivent, et se retrouvent bloqués au même endroit, et expriment la même incompréhension. Au bout d’un moment le chef de la sécurité arrive pour nous réexpliquer la même chose, que cela gêne la mise en place, etc.

Les voitures commencent à entrer, c’est autant de photos ratées car une fois les voitures entrées il n’y aura personne pour leur indiquer d’aller faire quelques photos derrière la Villa Erba… La grogne commence à monter dans notre groupe de 20 photographes. Le problème est que la responsable médias n’est pas encore réveillée. Il faudra attendre finalement quelques dizaines de minutes pour qu’elle réponde et qu’elle arrive sur place.

Après lui avoir expliqué le problème elle décide d’appeler ses supérieurs et de leur expliquer le problème. Malheureusement la réponse restera négative : aucune entrée possible avant 10H00 ! Là nous en tombent car 10H00 c’est l’heure d’entrée publique ! Nous voilà donc forcés de faire la queue avec le public à l’entrée ! Loin de moi l’idée de me plaindre mais c’est un comble pour des medias qui ont un badge presse que de devoir faire la queue pour rentrer à l’heure publique. Le but d’un accès presse est d’avoir accès à des zones et des heures où le public n’a pas accès sinon cela ne sert à rien à part peut-être ne pas payer son entrée.

Pas d’autres choix donc que de s’aligner comme des moutons le long de la route et de tâcher de sortir quelques photos potables. Voyons le bon côté des choses : au moins cela donne l’occasion de faire des photos que l’on a pas l’habitude faire.

Finalement vers 9H25 la sécurité daigne nous laisser passer, autant vous dire que nous avons tous couru pour essayer de faire de belles photos sans trop de monde avant que la foule arrive à 10H00.

C’est sur ce début de journée en demi-teinte que s’achève pour moi ce Concorso D’Eleganza Villa D’Este 2017, heureusement l’essentiel a été assuré vendredi et samedi.

Il est temps de retourner à Monaco et de laisser profiter le public de ces merveilles et de la parade à 14H00.

Reste maintenant plus qu’à espérer qu’en 2018 cela se passe autrement. Réponse en mai 2018 !

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Toutes les photos du Concorso D’Eleganza Villa D’Este 2017 :