L’entreprise dirigée par Michèle Boos, située 45 rues des Perrières à Cerizay a donc jusqu’au début du mois d’août prochain pour démontrer aux juges du tribunal de commerce de Niort qu’elle est rentable et apte à poursuivre son activité.

Mia Electric en redressement judiciaire

Cette décision de justice est presqu’une chance pour l’entreprise des Deux Sèvres car les juges ont laissé une assez longue période à la direction de l’entreprise pour lui permettre de faire venir en France les fameux capitaux annoncés, attendus et jamais venus. Si ceux ci existent vraiment, ce dont on peut hélas douter, ces 6 mois seront mis à profit pour tenter de relancer la société qui a quand même plusieurs dizaines de voitures en commande.
Avec de l’argent, un plan d’étalement de la dette et des accords avec les sous traitants qui actuellement ne veulent pas livrer; Mia Electric pourrait se relancer. Actuellement, aucune voiture n’est produite faute de pièces détachées et les salariés se contentent de produire des chassis vierges au cas où l’activité redémarrerait.

Mais rien est moins sur puisqu’on a appris ce jour que les salaires de janvier de près de la moitié des employés n’ont pas été versés alors que la direction avait promis le paiement de tous les salaires avant le passage au tribunal… Reste qu’à la mi février 2014 aucun des investisseurs asiatiques attendus et annoncés par Michèle Boos n’a mis le moindre euro ou dollar dans l’affaire.

La présidente de la Région Poitou Charentes, madame Ségolène Royal y est allée de son petit mot après la décision du tribunal et de dire : « La mise en redressement judiciaire est la moins mauvaise solution et va nous permettre de mettre à plat les comptes et la stratégie de l’entreprise. On ne baisse pas les bras. La bataille industrielle pour la voiture électrique 100% française continue. Il faut maintenant exiger de la présidente de la société, la franco-coréenne Michèle Boos, de tenir ses engagements sur les investissements promis au moment de la reprise de Mia Electric. »
Un beau discours qui ne mange pas de pain pour celle qui a lancé, à des fins politiques et électorales, la région dans cette aventure industrielle hasardeuse. Pour mémoire, la région détient 12% de Mia Electric.
Christophe Klein, représentant syndical, expliquait ce jour au journal Le Point que depuis le 15 décembre plus aucune voiture n’est sortie des chaînes de production et que depuis de ce même mois aucune voiture neuve n’a été vendue. Il fait aussi savoir que depuis des mois les salaires sont versés avec des semaines voire des mois de retard ce qui n’est généralement pas bon signe.

C’est désormais le 12 août prochain que nous saurons si l’aventure Mia Electric se poursuit dans le cadre d’un plan de continuation ou si l’entreprise est mise en liquidation. Quoiqu’il en soit, on restera très prudent sur l’avenir du constructeur des Deux Sèvres notamment si on a à l’esprit qu’environ 3% des sociétés mises en redressement judiciaire perdurent…

Via LePoint, LaNouvelle République.