Renault se met à l'hybride

L’an passé, les signes avant coureurs étaient là. A la rentrée 2012, il y eut d’abord le 12 septembre lors de la journée Innovations@Renault où le constructeur français dévoilait le démonstrateur Vel’roue ou plus simplement le Kangoo Hybride Plug-in 4 roues motrices. Puis un peu plus tard dans la saison Carlos Tavarès déclarait :«  »L’hybridation est une technologie que nous considérons comme transitoire car elle ne permet pas d’atteindre zéro émissions de CO2. Nous restons très attentifs à cette technologie, nous avons nous-mêmes un certain nombre de projets de recherche qui ont pour objectif de faire ce qu’on peut appeler une motorisation hybride à bas coût. »  

Aujourd’hui c’est Marc Bodin, directeur de la stratégie mécanique chez Renault, qui revient à la charge sur le thème des automobiles hybrides et d’expliquer : « Nous étudions l’introduction progressive de l’hybridation dans nos gammes d’ici 2020. Et nous travaillons actuellement sur l’ensemble des technologies disponibles ». 

Le patron de la stratégie mécanique d’expliquer que Renault développe en ce moment une technologie dite « mild-hybrid » ainsi que l’hybrid Plug-in que nous connaissons tous. Il poursuit : »Le mild-hybrid a l’avantage d’être moins coûteux et permet de cibler des segments à gros volumes, ce qui est notre vocation. Quant au Plug-in hybdrid, il combine des avantages très intéressants. À condition de lever l’obstacle du coût financier, du fait de la présence de deux gros moteurs. »

Ci dessous le Kangoo hybride Vel’roue dévoilé en 2012.

Renault-Kangoo-hybride vel roue

Comme annoncé l’an passé, c’est vers 2016 que nous devrions voir apparaître l’hybridation light au sein de la gamme Renault. Pour avancer plus vite, il semble que le constructeur français mette les moyens notamment en faisant travailler de concert les ingénieurs qui officient pour les VE chez Renault, les ingénieurs de Nissan-Infiniti qui connaissent déjà bien l’hybridation et ceux de Renault F1 qui maitrisent les techniques et process liés au Kers. 

Renault, toujours par la voix de Marc Bodin, explique et justifie ce nouveau choix en regardant en direction de l’Asie et plus particulièrement de la Chine où Renault va produire des autos dans quelques années. Le directeur des la stratégie mécanique poursuit : « En Chine, contrairement à l’Union Européenne, il n’y a pas de motorisations diesel, qui pourtant permettent de baisser assez facilement le niveau des émissions de CO2. Vu la réglementation très stricte sur les émissions en Chine, l’hybride est une technologie qui peut aider Renault à bien s’implanter sur le marché. »

Reste maintenant pour Renault à transformer la réalité comme il vient de faire évoluer subtilement sa communication (NDLA : il ne faut pas casser le petit marché des VE dont Renault est le leader). On sera attentif aux avancées du constructeur français qui choisit ici une nouvelle voie qui devrait aider à la reconquête des marchés. Même s’il est un peu tard par rapport à certains et puissants concurrents, nous sommes persuadés que le constructeur français a les moyens de vite avancer dans ce secteur notamment en profitant des acquis de Nissan et Infiniti ainsi que de son savoir faire en matière de VE.

Quel sera le premier modèle hybride de Renault ? La successeure de la Laguna ? L’Espace V ? Le futur Kangoo ? Difficile à dire pour l’instant mais en ajoutant ce mode au propulsion hybride aux groupes thermiques et électriques, la marque française se donne les moyens, certes avec du retard, de repartir à l’assaut des marchés automobiles.

Via Renault, Les Echos.