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Dans la gamme du constructeur munichois, la BMW Série 6 GranCoupé est indéniablement la plus belle. Loin de l’exubérance du X6 ou de la fougue de la M2, elle est une véritable réussite stylistique à tous les niveaux avec une ligne intemporelle et on ne peut plus élégante. Notre diva bavaroise et ses plus de cinq mètres de long jouit d’une prestance et d’un véritable charisme sur la route. Bref, avant même de l’essayer, on en rêvait déjà…

Lancée en 2011 puis restylée en 2015, la Série 6 GranCoupe a marqué une certaine rupture par rapport à la précédente génération (plutôt controversée) signée Chris Bangle en adoptant un dessin général adouci et plus raffiné. Jouissant de proportions parfaites et d’une allure élancée, son museau donne littéralement l’impression d’avaler l’asphalte, alors que ses hanches à faire pâlir Nicki Minaj la posent sur la route ; un sentiment renforcé par le pack « Ligne Pure Excellence » qui lui offre de sublimes jantes de 20 pouces et des inserts chromés.

Sa ligne est adoucie et cette alternance entre élégance et sportivité est une véritable merveille, et ce quelque ce soit l’angle sous lequel on l’admire, parce que oui… on admire plus qu’on ne « regarde » cette voiture. Elle fait l’unanimité et personne ne reste de marbre lorsqu’on croise son regard ou qu’elle apparait dans son rétro. Ce GranCoupé passe les années sans prendre une ride et son incroyable coup de crayon est un délice pour la rétine.

À bord, les habitué de l’Hélice ne sont pas dépaysés avec une présentation somme toute équivalente à ce qui se fait déjà sur les autres modèles de la gamme du constructeur et une obsession de la finition parfaite. Véritable porte-étendard, la Série 6 GranCoupe est une démonstration du savoir-faire de BMW avec une profusion de matériaux nobles dans une alcôve raffinée. Notre cocon de cuir nappa blanc et de moquette triple-épaisseur blanche (difficilement conciliable avec une utilisation « normale » de la voiture) est une invitation à y passer du temps, et à savourer le moment.

La planche de bord recouverte de cuir noir surpiqué de blanc et le piano black un peu partout renforcent le côté luxueux du salon munichois, alors que les énormes fauteuils disposent de dizaines de possibilités de réglages en vous offrant le choix de tout paramétrer : de la position exacte des appuis-tête (hauteur et latéral) à la longueur de l’assise en passant par le gonflement des baquets latéraux. Le volant est réglable électriquement en hauteur/profondeur et l’affichage tête-haute vient seconder les compteurs numériques à l’apparence changeante en fonction du mode de conduite. Quelques petits détails respirent le luxe, à l’image de la fermeture assistée des portes… Kesako ? Vous savez, c’est comme les tiroirs de votre cuisine : vous avez beau les claquer, ils ralentiront comme par magie… Et bien c’est un peu pareil avec la Série 6 et le système « Soft Close », qui vous aidera à fermer le plus noblement possible ses lourdes portières (alors que l’ouverture du coffre n’est paradoxalement pas électrique…).

Et oui… Technologiquement parlant, la 6 GranCoupé accuse le poids des années et fait bien pâle figure face au flasghip actuel du constructeur qu’est la Série 7. Ni écran tactile, ni clé digne de 007, ni commande gestuelle, ni pléthore d’aides à la conduite, ni CarPlay/Android Auto… Elle ne ravira pas les geeks fortunés qui resteront sur leur faim et regretteront de ne pas s’être offerts une Tesla ou une Série 7. Elle embarque toutefois un superbe écran haute-résolution rassemblant toutes les fonctions d’info-divertissement, commandable par la voix ou par le biais de la molette de l’iDrive. Cette dernière intègre un très pratique pad tactile offrant le petit plaisir de dessiner les lettres, retranscrites ensuite par le système et empêchant ainsi la fastidieuse opération de la saisie d’adresse en l’absence d’écran tactile.

Le système multimédia embarqué est une succession de menus et de sous-menus latéraux et demande un certain temps d’adaptation avant d’être assimilé et fluide à utiliser. L’ergonomie générale est globalement passable et l’on se perd fréquemment dans les trop nombreux menus. Heureusement, des touches de raccourci viennent nous assister lorsqu’on se retrouve dans les limbes de l’iDrive… Une fois que l’on est un peu plus à l’aise avec le système, une pléthore de fonctionnalité s’offre à nous, et notamment des services connectés dignes de la voiture dans laquelle on se trouve ; on pourra ainsi consulter en roulant la météo sur place ou à destination et à l’arrêt les articles et dernières brèves de l’AFP ou même joindre la conciergerie BMW. Cette dernière permet de contacter en quelques secondes un service dédié qui se chargera d’assouvir quasiment toutes vos demandes de places de concert, de réservations de restaurant ou d’assistances diverses. Petite fonction « caprice » : on peut demander à l’opérateur de saisir pour nous une adresse dans le GPS si une certaine paresse vous envahit, le luxe n’a plus de limite…

Au-delà du confort magistral des places avant, les passagers arrière seront choyés en posant leurs séants dans les deux fauteuils délimités par un accoudoir central (et un imposant tunnel de transmission), en réglant leur ventilation (mais pas la température) et l’orientation de leurs liseuses. La Série 6 n’est absolument pas au niveau de la Série 7 en terme d’expérience-passager, et la limousine garde pour elle ses fauteuils ventilés/chauffants/massants et son exceptionnelle tablette tactile permettant de tout régler, de la musique, à la température ambiante en passant par l’ambiance lumineuse. La Série 6 n’a rien de tout ça, elle est une voiture on ne peut plus agréable à voyager mais dénuée de gadgets. Un magistral système Harman-Kardon haute-fidélité à 17 haut-parleurs vient lui chatouiller nos tympans, surtout que l’insonorisation du cocon est parfaite.

Notre 640d xDrive était elle dotée d’un sélecteur de modes agissant sur la suspension, et lui offrant ainsi une relative polyvalence. D’un coup de commodo, la voiture se transformera d’une rigoureuse dévoreuse d’asphalte en « Sport » à la souplesse d’un TGV en « Confort », en passant par un intéressant mode « EcoPro ». Outre la souplesse de fonctionnement que ce dernier procure, il limite également la puissance et le couple du moteur, régule la climatisation et offre des conseils d’éco-conduite pour économiser quelques cL de mazout. La 640d est de plus dotée du système Efficient Dynamics, un freinage intelligent qui accumule de l’énergie afin d’alimenter les fonctions de confort de la voiture (clim’, multimédia, etc.).

L’instrumentation de la voiture change elle en fonction du mode de conduite sélectionné et l’on alterne ainsi entre des compteurs sommes toutes traditionnels du mode « Confort » à de gros chiffres et une zone rouge à 5500 tr./min. en « Sport », en passant par un affichage tourné vers l’optimisation en mode « Eco ».

Sous son (très) long capot, la Série 6 GranCoupé ne compte qu’une seule motorisation diesel : la 640d, un L6 3,0 L de 313 chevaux, qui offre un couple camionesque de 630 Nm dès 1500 tr./min… Sa sonorité est travaillée pour être plutôt agréable dans l’habitacle (mais so « disgusting » à l’extérieur), on est loin des vocalises du M6 mais l’on pourrait presque oublier à son volant qu’un mazout sommeille. Le double turbo offre à notre diva des accélérations linéaires et assez impressionnantes qui la propulsent sans broncher jusqu’aux 250 km/h, une valeur limitée par l’électronique (0 à 100 km/h en 5,5 secondes) et qui fait d’elle la reine des Autobahn.

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Au volant, on retrouve le toucher de route et le feeling de conduite chers à BMW avec une direction d’une précision remarquable, et une position parfaitement ajustée grâce aux dizaines de réglages disponibles. Quoiqu’il en soit, la conduite de la Série 6 mêle habilement confort et sportivité et tous les organes de la voiture ont été pensés pour servir ce compromis idéal à la philosophie GT. Le six cylindres en ligne, pour commencer, qui offre une allonge et une certaine volupté permettant à la grande bavaroise de se mouvoir sans soucis sur tous les types de routes, dans tous les types de situation, et selon les humeurs de son propriétaire. Le moindre titillement de la Sainte-Pédale réveille le six cylindres en ligne qui vous colle au fond du fauteuil…

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De Business Class en « Confort » ou en « Eco », elle enfile un jogging une fois le sélecteur passé sur « Sport » ou « Sport+ » (ESP OFF) avec une pédale d’accélérateur bien plus réactive et un comportement adapté de la boîte automatique qui pousse les huit rapports jusqu’à la zone rouge afin d’aller chercher les derniers Nm de couple disponibles. Des palettes sont bien évidemment de la partie afin de prendre le contrôle, même si le système est parfaitement calibré par défaut et propose des passages éclairs quand il le faut. Étonnamment, les 1800 kg de notre paquebot se font assez vite oublier, même si son imposant séant reste dans le rétroviseur et qu’une certaine inertie se fait très logiquement sentir dans les portions les plus sinueuses. La motricité est elle assurée par le système de transmission intégrale maison, le xDrive, qui offre à la voiture un comportement de propulsion puisque 60 % de la puissance est fournie par défaut aux roues arrières ; une donnée qu’il peut modifier en temps réel en fonction des conditions d’adhérence. Cela fournit une dose supplémentaire de confiance et de sécurité à son volant, un sentiment renforcé par l’excellent freinage et des liaisons au sol on ne peut plus saines. La suspension pilotée propose quelque soit le mode choisi des réglages parfaitement adaptés qui évite au paquebot de souffrir de trop de roulis…

Mais c’est bien entendu sur autoroute que la Série 6 GranCoupé est la plus à son aise : cette impression extérieure qu’elle est posée sur la route se retrouve à son volant, puisque la voiture est sur des rails et ne bouge pas d’un iota. Le confort acoustique est à la hauteur du confort d’assise, et les heures à son volant ne se ressentent pas. Elle ne jouit malheureusement pas des raffinements technologiques de sa grande sœur Série 7 et je n’ai donc pu retrouver la conduite autonome de la limousine, ou la suspension intelligente qui s’adapte automatiquement en fonction de la topographie. Chose assez étonnante mais qui s’explique par l’âge relativement avancé de notre diva, elle ne dispose ni du régulateur de vitesse adaptatif ni de l’alerte d’angles-morts, mais se rattrape toutefois par un freinage automatique d’urgence ou la lecture des panneaux retranscrits sur l’affichage tête-haute (heureusement me direz-vous, quand on sait qu’une Opel Corsa le propose). Cette relative lacune d’équipements est à vrai dire difficilement acceptable quand on connaît le tarif de notre mouture d’essai…

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110 810 €. Oui, c’est le prix de la volupté bavaroise et d’un certain standing outre-Rhin, des valeurs contrebalancées par une pingrerie certaine et un retard technologique criant malgré le restylage récent. À ce prix-là et à ce niveau de luxe, demander à sa clientèle de faire des sacrifices et des compromis au détriment de l’équipement est à vrai dire assez insolent… La Série 6 GranCoupé n’en reste pas moins une superbe démonstration de savoir-faire de BMW qui coiffe la gamme du constructeur en matière de confort, de plaisir de conduite, de soin apporté à l’ambiance à bord, mais aussi et surtout du talent des designers maison avec cette ligne intemporelle et on ne peut plus réussie qui fait d’elle une diva.

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Merci à BMW France pour leur confiance et leur disponibilité.

Photos : Victor Desmet