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Il est vrai que ce n’est pas le modèle le plus glamour de la gamme Ford, comme peuvent l’être la Mustang ou la Focus RS. Mais la marque américaine fait surtout des voitures à vocation plus grand-public, l’Ecosport est l’une d’entres elles. Nous sommes partis dans la région d’Avignon avec Ford pour prendre en main la nouvelle version de ce SUV urbain assez méconnu sur le Vieux Continent.

Le Ford Ecosport fut, à partir de 2003, avant tout destinée aux marchés émergents comme le Brésil, où il est vite devenu un best-seller. À l’époque, il était à vrai dire pas du tout glamour et se rapprochait plus d’un petit 4×4 que d’un SUV d’aujourd’hui. Sur les cent marchés où il est présent, l’Ecosport a connu un certain succès avec près d’1,3 millions d’unités ayant trouvé preneur. Depuis 2013, il n’ a été vendu en Europe qu’à 30 000 exemplaires.

Peut-être mis à l’écart d’un marché européen inondé par des concurrents toujours plus innovants, l’Ecosport, jusqu’à cette nouvelle version, était pris sur les chaînes de montage indiennes sans aucun changements pour permettre à Ford de faire son trou en Europe. Avec cette façon de faire, le constructeur a dû faire avec les capacités de production de cette usine et n’a donc jamais pu fournir assez de voitures pour le marché européen. D’après les dires du constructeur, chaque modèle en vente dans les concessions trouvaient immédiatement preneurs… En chiffre, le petit baroudeur de Ford a été vendu entre janvier et septembre 2014 à  1119 exemplaires. Sur la même période en 2015, il a été vendu à 4069 exemplaires, une forte progression qu’il faut toutefois relativiser face aux ventes d’un Captur multipliées par onze au même moment. Je vais vous l’avouer… Avant de le voir en vrai lors de cet essai, je le trouvais vraiment pas beau et mal proportionné et je me demandais comment il pouvait plaire. Mon jugement a t-il évolué ? La réponse ci-dessous…

Rendez-vous nous est donc donné à Avignon pour essayer ce SUV urbain, qui a pour ambition de marcher sur le territoire des cadors du marché français que sont le Captur de Renault ou encore le Peugeot 2008. Fou, allez-vous me dire !

Arrivés à la gare d’Avignon notre carrosse nous attend. Nous avons à l’essai la déclinaison Titanium S de l’Ecosport, la version « sportive » de la gamme. Cette version est dotée d’éléments spécifiques, comme le toit noir, les coques de rétroviseurs noires, ainsi que les jantes noires. Niveau couleur disponible lors de l’essai, il nous était proposé un jaune de damas pas très « folichon » et un blanc classique. On a donc opté pour le blanc avec mon binôme du jour du Billet Auto. Première surprise, l’ouverture du coffre : il n’y a pas de hayon pour cause de sécurité lorsque qu’il y a l’option roue de secours, on dispose donc d’une porte à ouverture latérale. Cette dernière est pour moi le gros point noir de cette voiture ;  en ville, l’ouverture latérale n’est pas pratique du tout. On continue le tour de la voiture, qui mesure 4m27, avec la roue de secours en option (4m01 sans). L’avant semble un peu trop chargé et bombé, peut-être ce qui me plaisait le moins en photo. Une fois en face de celui-ci, mon jugement a changé et il m’a semblé beaucoup plus homogène. Pour le reste, l’Ecosport ressemble pas mal à son grand frère – le Kuga – avec un style plutôt robuste de 4×4.

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On part sur la boucle organisée par Ford et, dès le début du trajet, on se retrouve dans la ville d’Avignon, son terrain de jeu favori puisqu’il se comporte avec beaucoup d’aisance dans cet espace. On appréhende parfaitement l’environnement avec son poste de conduite surélevé, un chose qui ravira les futurs acquéreurs de cette auto. Une fois arrivés sur voie rapide, on se rend rapidement compte de la longueur hallucinante de la boite et l’on se retrouve à pouvoir aller à 90 km/h en seconde, certains ne vont pas aimer, la conduite « sportive » n’est donc pas son fort. Petite pause dans la campagne provençale pour faire quelques prises de vues…

On reprend notre chemin et on tombe sur de jolies routes un peu sinueuses, de quoi voir le comportement de cette voiture quand on la pousse un peu. Malgré une suspension sport, un ESP recalibré et des pneumatiques Goodyear de 17″, la voiture peine par un manque de dynamisme criant. Elle prend du roulis et à tendance à s’écraser un peu trop fortement sur la roue extérieure. On cherche ainsi où est le « sport » annoncé… La voiture s’apprécie vraiment à allure modérée, l’Ecosport nous régale par une facilité de prise en main et une douceur de conduite très appréciable. Son moteur Ecoboost 1,0 L de 125 ch est vraiment plaisant et l’on arrive à une consommation mixte d’environ 6,5 L / 100km.

Arrivés à l’hôtel, on nous propose d’aller faire un tour avec un Titanium normal dans un chemin off-road plein de boue… Mon attirance pour salir les voitures étant grande, je saute dans la première Titanium que je vois avec mon binôme et nous partons nous balader ! Il faut dire que j’ai vraiment eu peur, à plusieurs reprises, qu’on s’embourbe. Mais ce SUV urbain dispose de capacités tout-chemin plutôt impressionnantes malgré ses seules deux roues motrices avant. De plus, il est vraiment apte à aller se dégourdir les roues sur des terrains escarpés grâce à un angle d’attaque de 21°, un angle de fuite de 33,3° ainsi qu’un angle ventral de 23,3°. De plus la garde au sol est de 19 cm : autant dire qu’il n’a pas peur de faire du tout chemin. Allez, après cette escapade on se pose sur la piste d’atterrissage de l’héliport de l’hôtel pour faire quelques photos du Titanium.

Après une douce nuit, retour vers la gare pour rentrer en prenant la deuxième boucle sous la pluie. Un temps idéal pour vous faire découvrir l’intérieur de cette voiture. Si vous avez déjà une Ford, vous ne serez pas du tout dépaysé. Il faut dire que depuis maintenant pas mal d’années, Ford à gardé un intérieur qui commence un peu à prendre la poussière au vu de la concurrence. Cette planche de bord qui regroupe tout le système multimédia commence à avoir pris un coup de vieux : il y a beaucoup trop de boutons, on s’y perd.

Le GPS sera intégré de série dans la version qui sera en vente dans les prochains mois avec un écran 4″, ainsi que le système SYNC, qui permet d’utiliser des applications de votre smartphone sans quitter les mains du volant. Ce dernier tient d’ailleurs bien en main et la planche de bord est très lisible. Pour les sièges, l’assise est agréable et le maintient latéral est également très bon. Vos enfants seront aussi contents car à l’arrière, il y a de la place. Le coffre semble un peu petit avec ses 333 litres lorsque l’on y place nos trois sacs. Pour informations, le Captur, meilleur de la catégorie, dispose lui d’un coffre de 455 litres.

L’Ecosport arrive avec des améliorations pour essayer de grappiller des parts de marché au mastodonte du secteur que sont le 2008, le Captur ou encore le précurseur, le Juke. Par rapport à l’ancien, le SUV de Ford a :

  • Perdu sa roue de secours (toujours disponible en option).
  • Gagné une version plus sportive (même si elle ne l’est que de visu’).
  • Un nouvel intérieur plus cossu, pour répondre aux standards européens.
  • Un pack hiver (option) qui comprend : un dégivrage électrique du pare-brise et sièges avants chauffants.
  • Un système de navigation par satellite.
  • Un système de Radio DAB.
  • Des réglages dynamiques améliorés pour une conduite plus agréable au quotidien.

Toutes ces améliorations permettront-elles de remplir l’objectif de Ford ? Au regard des projections de ventes, le marché des SUV urbains va exploser en Europe. Allez, laissons-lui une chance : il n’est pas moins bon qu’un autre et même si le style ne plait pas à tout le monde, il a pour lui son originalité.

Photos : Ugo Missana