Changement radical pour la plus petite proposition de DS. La compacte urbaine se mue en crossover surélevé 5 portes pour mieux se faufiler dans l’air du temps et la jungle des villes.

Au revoir la petite boule de nerf qui avait fait connaître DS en 2010, bienvenue à un SUV urbain, plus en phase avec les attentes supposées des consommateurs actuels. C’est dommage, mais DS n’abandonne pas pour autant ce qui fait sa spécificité, à commencer par un design assez distinctif. La nouvelle venue reste par ailleurs très compacte avec 4,12 m de long, soit “seulement” 15 cm de plus que sa devancière. La nouvelle DS a l’honneur d’inaugurer la plate-forme CMP, qui équipera également la nouvelle 208 présentée au printemps. Hé oui, cela fait beaucoup de nouveautés d’un seul coup.

Dans la droite ligne du DS7 Crossback, le DS3 Crossback reprend une grande calandre en trapèze finement grillagée, flanquée de deux optiques à l’esthétique particulièrement soignée et dotée de la technologie Matrix (pas le film, mais de petits segments permettant de diriger l’éclairage suivant les circonstances). Une signature lumineuse verticale, calquée sur les traits de la DS3 première du nom, est placée sur les côtés du bouclier. Le capot est profondément nervuré, afin de donner une impression de puissance. Si la proue est assez réussie, le flanc est plus contrasté. Très bon point pour le bas de caisse sculpté, dynamisant les grandes portes inhérentes à la carrosserie crossover, d’autant que la ceinture de caisse est placée très haute, réduisant les surfaces vitrées.

Par contre, l’aileron de requin rapporté sur les portes arrières me choque bien plus. Si il vient bien sûr rappeler le trait esthétique saillant de la DS3 d’origine, je le trouve mal placé et j’estime qu’il serait mieux reculé vers l’arrière (avis tout personnel, on peut en discuter). Les poignées de porte méritent quant à elles des éloges : fines, chromées, elles sont rétractables comme sur une Tesla ou un Land Rover Velar. Les passages de roues sont habillés d’un enjoliveur (?) en plastique noir. Pas très jolie cette mode propre à tous les SUV, mais ça permet d’alléger les devis de carrossier en cas de frottement. Les DS3 Crossback suivront la tradition maison en proposant un grand nombre de possibilités de personnalisation, y compris des harmonies de coloris extérieures bicolores. Ce sont au total 10 jeux de jantes, 10 couleurs de caisse et 3 couleurs de toit qui seront disponibles au démarrage. Les niveaux de finition fleurent bon le Paris touristique : Montmartre, Rivoli, Opéra, en complément des Performance Line et édition de lancement La Première. Note pour plus tard : peut être trouver un nom à la française pour remplacer Performance Line ? Je sais pas… Le Mans, Montlhéry, Autodrome… ça doit se trouver et on irait au bout du concept.

Sur la poupe, de minces feux effilés sont reliés par un épais jonc chromé, surplombant un imposant logo DS. C’est plutôt joliment réalisé et permet de cacher la grande taille du panneau du hayon. L’arrière est en effet assez large et haut, donnant même l’impression visuelle d’être plus large que l’avant. Une double sortie de pots d’un diamètre trop élevé figure sur certaines versions (mais n’attendez pas pour autant une version hyper sportive). C’est vraiment la faute de goût du produit à mon avis, a fortiori avec des motorisations de puissance modeste.

Dans l’habitacle, oubliez tout ! S’inspirant encore une fois du grand frère DS7, le DS3 Crossback  nous offre une planche de bord aux lignes simples, mais ponctuée d’une kyrielle de motifs triangulaires et en losange. Si le choix esthétique est laissé à l’appréciation de chacun, cela a au moins le mérite d’être différent de ce que fait toute la concurrence. L’instrumentation est numérique, relayée par un afficheur tête haute et un vaste écran multimédia tactile de de 10,3 pouces sur les versions hautes. Le coffre affiche une contenance correcte de 352 litres.

Les aérateurs latéraux sont déportés sur les contre-portes tandis que les commandes de vitres rejoignent la console centrale. L’ensemble peut s’habiller de cuir Nappa ou d’Alcantara, confirmant le positionnement premium de DS. Je ne reviens pas sur les diverses aides à la conduite devenues la norme sur toute voiture moderne. DS reconduit son partenariat avec l’acousticien Focal pour l’équipement audio avec une installation optionnelle comprenant 12 hauts-parleurs.

Pour ce qui est des motorisations thermiques, DS reste prudent et propose en essence l’excellent 3 cylindres 1.2 PureTech en versions 100 ch, 130 ch et un inédit 155 ch. En diesel ce sont les éprouvés BlueHDi 100 et 130 qui seront de la partie. Rien de folichon qui ne justifie la présence de deux sorties de pot chromées. Espérons que d’autres version plus pointues arriveront ultérieurement, pour les nostalgiques de la DS3 R. Sincèrement, j’en doute, cela ne rentre plus dans l’image “luxe” que DS veut renvoyer. Aucune transmission intégrale n’est disponible, mais le Grip Control peut faire son apparition en option.

Bien plus enthousiasmant par contre est l’arrivée en 2019 de la version 100% électrique E-Tense, une première pour la marque, et même pour le groupe si l’on oublie les Peugeot iOn et Citroën C-Zéro (ou en fouillant encore plus loin, les anecdotiques et peu performantes AX, 106 et Saxo électriques). Le DS3 Crossback sera équipé d’un bloc de 136 ch et 260 Nm de couple et pourra atteindre le 0 à 100 km/h en 8,7 secondes. La batterie de 50 kWh accorde une autonomie correcte pour une urbaine : 300 km en cycle WLTP ou 450 km avec le fantaisiste cycle NEDC. La version E-Tense disposera de boucliers avants et arrières légèrement retouchés, qui rendraient d’ailleurs très bien sur les versions thermiques.

La concurrence est rude sur le segment du crossover premium urbain : Audi Q2 ou Mini Countryman sont déjà présents avec de forts arguments. Le DS3 Crossback a pour lui un design réellement différent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et une version électrique qui fait encore défaut au Q2. Les tarifs, quand ils seront annoncés, permettront sans doute d’y voir plus clair. Le DS3 Crossback sera présent au Mondial en octobre et risque d’en être une des vedettes annoncées.

Crédits photos : DS Automobiles