BMW espionne Autolib'

Si si, c’est bien vrai ! Le constructeur bavarois qui passe pour être le meilleur motoriste du monde aurait besoin de découvrir ce qui fait le succès et les performances des Bluecar en service dans le cadre d’Autolib’ à Paris.

Ainsi deux ressortissants allemands, travaillant pour le réputé sous traitant en ingénierie P3 Group se sont fait prendre en flagrant délit jeudi dernier à Paris et ont été placés en garde à vue pour 24 heures dans les bureaux de la BEFTI (Brigade d’Enquêtes sur les Fraudes aux Technologies de l’Information) alors que dans le même temps la DCRI lançait sa propre enquête sur ce qui ce semble être de l’espionnage industriel.

L’affaire débute en  août dernier quand dans une station Autolib’ un ambassadeurs (un employé d’Autolib’ en fait) remarque que plusieurs personnes s’affairent sur une des bornes avec du matériel informatique. L’affaire se déroule plusieurs fois dans la même journée à différentes stations et lorsqu’ils sont interrogés les salariés de P3 Group explique simplement qu’ils effectuent des opérations de maintenance sur les bornes. Intrigué, un salarié de Bolloré appelle au siège d’Autolib’ à Vaucresson pour en savoir plus au sujet de ses étranges entretiens électroniques. Mais à Vaucressson, il semble que personne ne soit au courant de ces sessions de maintenance et le directeur des opérations d’Autolib’, Jo Querry (ancien de la PJ) est prévenu ! Et là c’est le drame…

Le boss d’Autolib’ prévenu, les salariés le sont aussi et au bout de quelques jours l’immatriculation d’une de leurs autos est relevée et l’un des protagonistes de l’affaire est même interrogé par un ambassadeur qui apprend qu' »il travaille pour P3 Group. Fin août tout le monde est sur le pont y compris la DCRI. Un des fameux employés est revu fin août et prend même le temps de discuter et d’expliquer qu’il travaille pour BMW.

Début septembre un courrier est envoyé chez P3 Group à Aix La Chapelle mais reste sans suite tant écrite que téléphonique et c’est là que la police judiciaire passe à l’action et bondit sur les deux « malfaisants » qui piratent les Autolib’ ainsi que leur électronique. Garde à vue, interrogatoire (que l’on dit serré !), et au bout de 24 heures, les deux ingénieurs sont relâchés. Samedi dernier BMW France fait un courrier d’excuse à Vincent Bolloré au sujet de cette affaire ce qui accrédite le lien entre les  ingénieurs de P3 Group et le constructeur munichois. Néanmoins une plainte a été déposée auprès du procureur de Paris pour abus de confiance,intrusion dans un système automatisé de données et dégradation de matériel.
Dans le courrier envoyé à Vincent Bolloré, BMW France tente de minimiser l’affaire et parle d’un évènement bénin et explique que ces opérations sont des tests au « caractère bénin et non intrusif mandatés par la maison mère comme une modalité de contrôle avant le lancement d’un véhicule sur le marché dans un mois et demi. Etonnant aussi que BMW ne se soit pas penché de très près sur le cas Car2Go en Allemagne ! 

BMW France a aussi réfuté dans son courrier du 07/09/2013 toutes les accusations d’espionnage et se justifie en expliquant que le 5 septembre, jour de leur interpellation, les salariés de P3 Group ne travaillaient plus pour un projet lié à BMW. Un peu léger tout de même pour un groupe si bien dirigé et bien organisé…

Par ailleurs, une Autolib’ avait eu, il y a 9 mois, son unité centrale de dérobée et les services de police cherchent à savoir s’il y a ou non un lien entre ce vol et la présente affaire. Rien de confirmé pour le moment mais cela est de l’ordre du possible puisque les personnels de P3 Group était abonnés à Autolib’ depuis 12 ou 15 mois.

Mais diantre que cherchent ils dans les Bluecar et leurs bornes de recharge ? Difficile à dire même si Bolloré crie haut et fort que P3 Group est venu à Paris pour chercher du contenu hautement technologique pour pas cher… On peut aussi se dire que ces « informaticiens » sont passés récupérer des données des clients d’Autolib’ (pour mieux leur vendre des i3 ???) car on voit mal P3 Group espionner pour BMW la technologie Bolloré alors qu’en interne tout est prêt et prévu pour proposer des bornes, des wallbox et des autos qui seront bientôt sur la route. Et pour les clients, BMW se vantait il y a peu d’avoir plus de 100.000 demandes de renseignements pour la i3 ce qui rend donc l’affaire incompréhensible sauf si BMW a reçu peu  de demandes venues de France pour sa citadine électrique. (NDLA : 77 BMW i3 on été immatriculées en Allemagne en août 2013)

Voilà les premiers développements de cette affaire qui est mise sur le devant de la scène médiatique, comme par hasard, le jour de l’ouverture du salon de Francfort à la presse !
Pas évident d’avoir pour l’instant un point de vue objectif sur cette affaire d’espionnage industriel par manque d’éléments mais gageons que nous devrions en apprendre un peu plus très rapidement.

Via AP, Europe1, LeFigaro, LeMonde.