Etat & PSA

PSA présentera la semaine prochaine ses résultats financiers 2012 et on sait qu’ils seront bien plus mauvais qu’attendu non pas à cause d’un soudain plongeon mais essentiellement à cause de la dépréciation d’actifs qui devrait se situer aux environs de 4.13/4.15 milliards d’euros (d’ailleurs est ce bien nécessaire ? On peut réellement se poser la question comme le font certains analystes). On s’attend maintenant à une perte nette de l’ordre de 5.5 à 5,6 milliards d’euros mais chez PSA on assure que cette situation financière (presque catastrophique) serait toutefois sans effet sur la solvabilité du groupe.
Le cash flow de PSA ne serait d’ailleurs pas concerné par ces mouvements de trésorerie et resterait à un bon niveau. Selon la direction de PSA cette dépréciation doit permettre au groupe industriel français de repartir sur de bonnes bases financières dès l’exercice 2013. Dans le détail, les 3,89 milliards d’euros de dépréciations dans la branche automobile comprennent un ajustement de valeur des actifs de 3,009 milliards d’euros et un ajustement de valeur nette des impôts différés de 879 millions, que le constructeur dit « réversible ». A ce montant s’ajoutent 855 millions supplémentaires, liés à des dépréciations de stocks, une baisse de volume de ventes ou encore le plan de restructuration prévu en France.

Néanmoins cette annonce a fait bouger le gouvernement et notamment le ministère des finances et du budget qui a réagi ce matin via un entretien donné par Jérôme Cahuzac à BFM TV. Le ministre délégué au budget parle ainsi d’une possible entrée de l’état français au capital du groupe automobile. Il confirme donc les inquiétudes de l’état et explique que les services du ministère travaillent et étudient actuellement sur cette possibilité, essentiellement dans l’hypothèse où PSA serait en fâcheuse posture économique et/ou financière dans le courant de cette année 2013.

Ainsi, Jérôme Cahuzac explique que si l’état devait intervenir et entrer au capital du groupe industriel cela se ferait par l’intermédiaire du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) qui est un fonds créé par l’état il y a 5 ans (présidence Sarkozy) et que l’on compare souvent à un fonds souverain. Il est détenu à 51% par la Caisse des Dépots et Consignations et à 49% par l’Agence des participations de l’état.
Le ministre du budget de préciser : »L’arrivée ou l’aide de l’état est possible, ne serait-ce que parce que le FSI existe. Si un jour le Fonds Stratégique d’Investissement rentre au capital de cette entreprise, c’est en fait l’État d’une manière ou d’une autre qui rentrera chez PSA. Soyons clairs, cette entreprise ne peut pas et ne doit pas disparaître, il faudra faire ce qu’il faudra, c’est à dire le nécessaire pour que cette entreprise subsiste et perdure dans le temps.  » 

Enfin , le ministre de préciser que le gouvernement et l’état étudient cette option mais qu’en l’état actuel des choses il n’est pas prévu que l’état devienne actionnaire de PSA dans les prochaines semaines ou prochains mois. Enfin on pourra voir cette annonce comme un moyen de pression supplémentaire sur les actionnaires du groupe et sur la famille Peugeo qui, selon certains médias, aurait pas mal à gagner dans cette très grosse dépréciation d’actifs  même si cela entraine une perte exceptionnelle pour l’exercice 2012. A suivre.

Via AFP, Le Figaro, BFM TV.