Le style « grand coupé » est toujours d’actualité chez Audi, qui vient de renouveler son A7 Sportback. Nous en avons pris le volant avec le 50 TDI quattro sous le capot… Pas un mauvais choix, indeed.

Souvenez-vous : en 2004, Mercedes secoue la planète automobile en présentant le CLS. Pour la première fois, Mercedes avait une auto qui pouvait séduire sa clientèle traditionnelle et, en même temps, qui se retrouvait aussi dans des clips de rap ! La concurrence a mis quelques années à s’en remettre, et la CLS a instauré un nouveau genre : la berline statutaire « grand coupé ». On lui doit probablement la Porsche Panamera, la BMW Série 6 GrandCoupé, et aussi l’Audi A7 Sportback, apparue en 2010.

Huit ans ont passé et ces deux concurrentes se renouvellent : la CLS en est à sa troisième génération, l’A7 Sportback vit sa première refonte en profondeur…

Et si le design de la Mercedes est un peu rentré dans le rang, celui de l’A7 Sportback est toujours aussi tranché, notamment avec sa partie arrière tombante qui lui donne une allure plus sportive qu’à Stuttgart. D’ailleurs, elle est plus basse, avec 1393 mm de haut contre 1437 à une CLS de 3génération, affiche un beau Cx de 0,27 et reste un beau morceau avec 4,96m de long et 1,90m de large. Ce qui ne l’empêche pas de proposer un bel espace à bord, avec un empattement agrandi de 2cm et 1,2cm de plus pour l’espace aux jambes, à l’arrière. Un petit passage sur la banquette m’a confirmé que les grands gabarits n’avaient pas la tête dans le plafond, même si j’aurais aimé une banquette un peu inclinable pour pouvoir soutenir une petite sieste avec sérénité. En tous cas, le grand coffre modulable de 535 à 1390 litres permet de faciliter le quotidien.

Côté look, l’A7 Sportback ne donne pas dans l’introversion : tout comme dans le cas de la nouvelle A8, récemment essayée pour vous sur le blog également en version 50 TDI quattro, Audi a sérieusement travaillé la signature visuelle de son auto, avec des feux particulièrement sophistiqués à l’avant et un bandeau lumineux qui relie les deux blocs à l’arrière, et dont la cinématique devrait pouvoir détourner un grand nombre d’enfants de la magie des guirlandes sur les sapins de Noël !

Comme dans le cas de l’A8, l’intérieur n’est pas en reste : on retrouve donc trois écrans digitaux dont deux tactiles, le Virtual Cockpit devant les yeux, l’écran du bas (d’une diagonale de 8,6 pouces) regroupant, notamment, les commandes de la climatisation. Autant dire qu’à l’intérieur, l’ambiance est au rendez-vous, entre l’éclairage intérieur, l’abondance d’écrans, la qualité de la réalisation, il y a de quoi impressionner les voisins ! Et encore, vous ne leur avez pas fait la démonstration de comment encoder une adresse dans le GPS, simplement en écrivant dessus à la main, sans se soucier de ne pas superposer les lettres et de voir ensuite le parcours se mettre en place sur l’écran du haut (10,1’’), et sa définition en 3D…

Une certaine forme de perfection ? Ca y ressemble…

Une techno d’A8

Construite sur la plateforme MLB Evo, l’A7 partage l’essentiel des technologies apparues sur l’A8, récemment. C’est donc une auto bardée de capteurs (27), de caméras, de systèmes d’alerte (on recense pas moins de 39 dispositifs…). On serait tenté de la faire rouler toute seule, si la législation l’autorisait !

Mais bon, je sais pas vous, mais moi, je préfère conduire. En dépit de son allure plus sportive et élancée que celle d’une A8, l’A7 présente un peu les mêmes caractéristiques : à savoir que rapidement, c’est le confort et la douceur qui prédominent. Ce qui, bien entendu, n’empêche pas une certaine vivacité : le 50 TDI, appellation qui recouvre en fait le bien connu V6 de 3.0 développe donc ici 286 chevaux à 3500 tr/mn et 620 Nm de couple au régime placide de 1250 tr/mn ! Du coup, le 0 à 100 est couvert en 5,7 secondes, la vitesse maxi est évidemment de 250 km/h, vous faites des reprises éclair de 90 à 120 km/h en à peine plus de 3 secondes et s’il vous venait à l’idée de planter la semelle en sortant d’un péage sur une autoroute allemande (dans l’absolu : drôle d’idée, puisqu’il n’y a pas de péage sur les autoroutes allemandes), vous vous retrouvez à 200 km/h en moins de 25 secondes. Mais ne me demandez pas comment je le sais, merci.

Ces quelques chiffres pour illustrer à quel point l’A7 Sportback 50 TDI survole globalement tout ce qui roule (on croise rarement le fer avec des McLaren P1), avec une grande sérénité : entre le confort des sièges, l’isolation phonique (en gros, à 130 km/h, les bruits mécaniques sont inexistants dans l’habitacle, alors que l’on cruise peinard à un petit 1500 tr/mn en huitième), la prévenance de la suspension pilotée malgré les roues de 20 pouces, l’A7 Sportback soigne son équipage ; nul doute que les S7 et RS7 seront plus communicatives. Enfin, on espère.

L’A7 Sportback marque un petit point de plus par rapport à sa rivale historique, la CLS, côté technologie : sur la voiture aux quatre anneaux, la technologie de micro-hybridation 48V est disponible sur toutes les motorisations, et pas seulement sur les essences comme du côté de l’étoile. Dans les faits, au volant, cela se ressent surtout par le fait que le moteur peut activer le Stop & Start alors que l’on roule encore, à basse vitesse, sous les 20 km/h, par exemple. Concrètement, je m’en suis aperçu surtout dans les fameux embouteillages du périphérique parisien.

Une autre forme de perfection ? Oui, mais pas totalement. Et c’est bien ainsi.

L’occasion aussi, de constater qu’en mode « normal » du Select Drive, la boîte auto, par ailleurs d’une douceur absolument remarquable, hésite parfois, justement à très basse vitesse (genre, s’insérer dans un rond-point ou progresser dans les embouteillages), bref, elle hésite parfois entre sortir de la fonction roue libre, repasser la première, faire patiner en seconde. Enfin, c’est un détail et si l’on tient absolument à éviter ça, on met en mode sport et voilà.

D’ailleurs, dans « Sportback », il y a « sport », justement ! Que l’on se méprenne pas, l’engin frise les 2 tonnes (1955 kilos, en fait), et plutôt que de rouler le couteau entre les dents, on enroule avec un peu de détermination… et l’A7 dévoile une autre facette de sa personnalité. Avec les 4 roues directrices, l’agilité est assez bluffante (tout comme le rayon de braquage en ville, par ailleurs), le 3.0 TDI est un peu plus volubile en mode sport et la réponse à l’accélérateur est efficace, mais on est vite confronté à un dilemme : le niveau de performances est décalé par rapport à la législation, les 80 km/h sont vite dépassés et même le Dalaï Lama, dans tout sa zénitude, a bien du mal à rester à 130 km/h sur autoroute. Je sais, ce genre de révélation frise la banalité, pour vivre heureux, vivons caché, mais cela montre le potentiel de grande routière et l’aboutissement de cette A7 Sportback.

Sur ce plan, par contre, on a beau avoir envie de couper les cheveux en quatre, à la fois par envie et par atavisme professionnel, l’A7 Sportback résiste bien à la dissection. Bougrement bien, même. Bien lookée ; méga confortable ; supra agile malgré son gabarit ; assez performante pour tracer la route, loin, longtemps, vite, en toute décontraction ; puissante et sobre à la fois (bon, les 5,5 l/100 et 142 gr de C02 NDEC se sont transformés en 8,5 l/100 en conditions réelles, ce qui reste assez admirable, en fait), que lui reprocher ? Son prix ? Ce ne serait pas être en mesure de faire la distinction entre le passable et l’excellence. L’A7 Sportback démarre en effet, à partir de 62 500 € en version 40 TDI ; comptez une mise minimale de 79 500 € en S-Line 50 Quattro. Et vous prendrez bien quelques options…

Photos : Gabriel Lecouvreur