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On avait beaucoup apprécié la troisième génération du TT Coupé. L’heure est venue de prendre en main sa variante découvrable ainsi que la version TTS forte de 310 ch sur les routes de Fuerteventura, dans les Canaries. Joli programme en perspecTTive.

On aurait tendance à l’oublier, mais l’Audi TT tient son nom du Tourist Trophy, la célèbre course de moto qui se déroule chaque année sur les routes de l’île de Man. Et quoi de mieux qu’un cabriolet bien équilibré pour se rapprocher au mieux des sensations d’un deux-roues ? C’est justement ce à quoi s’apparente le TT Roadster, troisième du nom.

Les puristes vont certainement râler, mais c’est avec la version 2.0 TDI de 184 ch, uniquement disponible en traction et avec une boîte mécanique à six rapports, que nous avons débuté l’essai de la découvrable aux anneaux, nos confrères s’étant rués sur le 2.0 TFSI 230 ch. D’ailleurs, les clients semblent leur donner raison puisque le Diesel représente seulement 15% des ventes du cabriolet sur l’Hexagone. Intéressons-nous tout de suite à la particularité du TT Roadster. Une pression sur le bouton de la console centrale et 10 secondes suffisent à rentrer la capote (uniquement disponible en noir) dans son compartiment, opération qui peut être effectuée jusqu’à 50 km/h et qui n’influe pas sur le volume du coffre, fixé à 280 litres (305 pour le coupé). Décapsulée, l’Audi TT Roadster laisse entrevoir deux arceaux très anguleux, trop peut-être, mais bien en phase avec les nombreuses arêtes de la carrosserie. C’est également l’occasion de découvrir au grand jour l’habitacle du TT, dont la présentation et la finition nous avaient déjà conquis sur la version coupé. On retrouve la planche de bord épurée et agrémentée d’aérateurs ronds, au centre desquels on peut lire les informations relatives à la climatisation, ainsi que le très sympathique volant tulipé qui permet d’agir sur le Virtual Cockpit (de série sur tous les TT) regroupant l’instrumentation, le GPS et le système d’info-divertissement. Notons que son écran 12,3 pouces, situé derrière le volant, reste parfaitement lisible peu importe l’exposition au soleil.

Une fois le contact enclenché, on se rappelle que l’on est bien à bord d’une version TDI, et on commence à envier les confrères qui font ronronner le 2.0 TFSI sur le parking de l’aéroport. Néanmoins, la sonorité du bloc Diesel se montre plutôt discrète dans le TT Roadster par rapport à d’autres modèles du groupe Volkswagen dotés dudit moteur, et ce même capote abaissée. Sur la route, le 2.0 TDI a rapidement tendance à se faire oublier pour laisser la place au son du brassage de l’air. À ce propos, on regrette que le filet anti-remous ne soit pas plus efficace, le phénomène commençant à devenir désagréable à partir de 80 km/h. Dommage car le système audio Bang & Olufsen (+ 1 035 €) de notre modèle d’essai se révèle parfait pour accompagner les balades en mode « cruising » de par sa qualité.

Côté performances, le 2.0 TDI de 184 ch ne démérite pas. Grâce à ses 380 Nm délivrés entre 1 750 et 3 250 tr/min, il offre de brèves mais franches accélérations (0 à 100 km/h en 7,3 secondes) et arrive à filer le sourire dans les sorties de ronds-points. Le 2.0 TDI se montre de surcroît peu gourmand avec une consommation mixte annoncée de 4,3 l/100 (on est plus proche des 7 l/100 km en utilisation normale) et échappe au malus en limitant ses émissions à 114 g/km. Malgré l’absence de roues arrière motrices, le TT Roadster 2.0 TDI reste très stable en virages. Seules les courbes rapides prises avec un peu trop d’optimisme pourront provoquer un léger sous-virage, habilement corrigé par l’électronique de l’auto.

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Le caractère prévenant du TT Roadster est naturellement accentué avec la transmission intégrale Quattro (coupleur Haldex de 5e génération), uniquement proposée avec la combinaison 2.0 TFSI 230 ch et boîte S-Tronic à double embrayage et six rapports que nous avons aussi essayé (une version traction à boîte mécanique mue par ce bloc est également disponible). Avec 1 425 kg à vide, le TT Roadster 2.0 TFSI Quattro affiche une surcharge pondérale de 95 kg par rapport à son homologue traction, et 65 kg par rapport au 2.0 TDI. Mais lorsqu’il est armé de quatre roues motrices, le cabriolet se met à enrouler les virages de l’arrière sans presque rien sacrifier de son dynamisme lors des changements d’appui. La confiance du conducteur s’en retrouve donc accrue, de même que le plaisir de conduite.

Le 2.0 TFSI 230 ch s’accorde parfaitement avec cette utilisation musclée. En plus d’être disponibles très tôt, à 1 600 tr/min, les 370 Nm de couple sont de la partie jusqu’à 4 300 tr/min, soit 1 300 tr/min de plus que sur l’Audi S1. Très utile pour s’extraire avec fougue des épingles de l’île de Fuerteventura (0 à 100 km/h en 5,2 secondes pour la version Quattro, 6 tout rond en traction). Le tout se fait avec une bande-son moteur légèrement rauque, accentuée par le fameux « Soundaktor » placé à la base du pare-brise lorsque le mode « dynamic » de l’Audi Drive Select (+ 245 euros, de série sur les TT S-Line et TTS) est activé. Cette option permet également d’influer sur les suspensions, la direction et la course de l’accélérateur selon quatre profils dont un réglable par le conducteur. Pour revenir à la sonorité, notons que les passages de rapport à haut régime avec la S-Tronic s’accompagnent d’un feulement à l’échappement comme sur les Golf GTI et Leon Cupra. Avec ça, impossible de dépasser sans avoir l’air d’un kéké. On adore ou on déteste.

Le prix pour pouvoir faire sursauter les automobilistes derrière ? 48 200 euros, tarif d’entrée du TT Roadster 2.0 TFSI 230 Quattro S-Tronic, qui plus est malussé de 1 600 euros. Comptez 43 300 euros au minimum pour la version traction avec boîte mécanique (+ 250 euros de malus) qui fait l’impasse sur cette excentricité. Et si vous cherchez la sobriété, aussi bien sur le plan auditif que financier, le TT Roadster 2.0 TDI 184, deux roues motrices et manuel, s’échange contre 42 900 euros (zone neutre). Pour bénéficier de la finition S-Line, il faudra rajouter 4 500 euros à chacun de ces prix. Celle-ci comprend de série, entre autres, l’Audi Drive Select, le radar de recul, le châssis sport, le système d’info-divertissement MMI Plus avec touchpad ou encore la sellerie cuir/tissu. Notez qu’elle n’inclut pas le pack extérieur S-Line, facturé 1 460 euros sur un TT S-Line et 1 700 euros sur un TT standard. Vous l’aurez compris : les prix grimpent vite. Tellement vite que l’on arrive rapidement à obtenir une configuration sur base de 2.0 TFSI 230 Quattro au prix d’un TTS (55 300 euros en coupé, 58 800 en roadster et 2 200 euros de malus dans tous les cas).

En parlant de TTS, c’est avec cette version, la plus sportive du catalogue en attendant le TT RS, que nous avons terminé notre périple à Fuerteventura. Bien qu’il est déjà disponible à la commande, le TTS Roadster n’était pas du voyage et l’on a dû se « contenter » du coupé (c’est dur, la vie…). On retrouve le 2.0 TFSI dans une version de 310 ch et 380 Nm délivrés entre 1 800 et… 5 700 tr/min. Inutile donc de dire que cette variante du 4 cylindres turbo, en plus de s’élancer avec vigueur (0 à 100 km/h en 4,7 secondes avec la boîte S-Tronic six rapports), ne manque pas de souffle. Évidemment, le TTS reçoit d’office la transmission intégrale Quattro, couplée au choix à la S-Tronic ou la boîte mécanique à six rapports également. Le résultat est spectaculaire : des tranchées semblent se creuser au passage des roues tant les virages sont avalés rapidement et avec stabilité. D’autant que la structure plus ferme du coupé, les réglages du châssis spécifiques au TTS, avec notamment une garde au sol abaissée de 10 mm, et son poids moins élevé (1 365 kg en boîte mécanique, 1 385 avec la S-Tronic) rendent l’auto autrement rigoureuse. En bref, l’Audi TTS est une sportive que l’on peut mettre entre toutes les mains, littéralement.

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Pour trouver des défauts à l’Audi TT, il faut aller creuser du côté du filtrage, pas toujours clément avec les lombaires même en mode « comfort ». Attention : on est tout de même loin d’en venir à redouter davantage les gendarmes couchés que ceux debout, car ces derniers se feront un plaisir de vous mettre une fessée après une petite arsouille en TTS. Au final, on peut ainsi se demander lesquels sont les plus « tape-cul ». Notons que c’est avec le TTS que l’amortissement a su se montrer le plus confortable, du moins sur la configuration avec des jantes 19 pouces (on peut aller jusqu’à 20). Cela s’explique sans doute par la présence de la suspension pilotée Magnetic Drive, de série sur le TTS mais facturée 1 340 euros sur le reste de la gamme, et absente des roadsters à l’essai. Dans un tout autre registre, le passager pourra peut-être regretter d’être délaissé par la technologie à bord, le seul écran étant celui du Virtual Cockpit placé devant le conducteur.

Vous l’aurez compris, on peut difficilement faire de gros reproches aux TT Roadster et TTS. Au vu des prestations de ce dernier, on n’ose d’ailleurs imaginer le niveau d’efficacité qu’atteindra le TT RS, qui devrait être présenté à Francfort en septembre et reconduire le 5 cylindres 2.5 TFSI, porté à 367 ch sur la nouvelle RS3. Mais nul doute que Audi saura mettre la barre encore plus haut.