En novembre dernier, lors de notre essai du nouveau BMW X3 en Corse, j’ai eu l’occasion de découvrir la remplaçante de la contestée Série 5 GT. Histoire de tourner la page, la marque a préféré changer de patronyme et de passer au 6… Arrivent aussi un design plus moderne, adouci et une montée en gamme indéniable. Toutes ces évolutions feront-elles de cette 6 GT -nom de code G32- un vrai succès qui manquait à la génération précédente ?

C’est donc à tête reposée que je reviens sur cet essai qui fût très intéressant pour moi. Je dois dire que je suis assez fan de la marque à l’hélice. Mais cette Série 5 GT était à mes yeux un échec pour la marque munichoise, une vraie déception. Il faut dire que ne l’ayant pas essayé, je n’avais pas compris son intérêt dans le paysage automobile.

A la présentation de cette 6 GT, j’ai été séduit par sa ligne modernisée. Cependant, ayant eu la possibilité d’essayer les 2 voitures qu’elle complète, la Série 5 et la Série 7, je ne comprenais pas le pourquoi d’une telle voiture dans la gamme BMW. Mais en la découvrant dans la vraie vie, je me suis rendu compte de ses qualités et pourquoi elle était totalement légitime.

A l’extérieur, le luxe est de mise. Surtout dans cette finition Luxury (+ 5 700 €) que nous avons eu à l’essai avec le copain Jean-Baptiste du Billet Auto. Le Royal Burgundy (1 150 €) renforce encore plus cette impression, surtout accompagnée par ces jantes 20″ polies (1 200€).

Ce coté luxueux est voulu par BMW, dotant cette Série 6 GT d’une identité propre. La débauche de chromes aide beaucoup à cette impression, que ce soit sur la calandre, autour des anti-brouillards avant, sur les poignées de portes ou encore autour des vitres latérales. Eh oui, ce n’est pas une Série 5 et pas non plus une 7. On le découvrira également à son volant, mais nous y reviendrons plus tard.

Ce qui était beaucoup décrié à l’époque sur la Série 5 GT, c’était l’arrière de l’auto (voir ci-dessus). Une poupe qu’on pourrait qualifier de grossière et difformes. BMW a revu sa copie. Et il faut dire en tout objectivité que le travail apporté à cette partie de la voiture est assez réussi. Au revoir l’arrière de pachyderme, bonjour le design moderne des nouvelles BMW. Et ça fait du bien !

Parlons un peu dimensions. Pour aider à ce nouveau design, les dimensions ont été revu. La voiture est à quelque chose prêt aussi large que la Série 5 GT, mais la voiture gagne 9 cm en longueur et perd 2 cm en hauteur. Ces changements de dimensions ont pour but de dynamiser la voiture et ça se ressent. Le coffre en profite également, avec 110 litres de gagnés par rapport à la génération précédente. Grâce à l’adoption d’aluminium et de magnésium, la voiture est plus légère de 150 kg en moyenne.

Par rapport à la Série 5 actuelle, la Série 6 GT est plus longue (+ 15,5 cm), plus large (+ 3,4 cm), plus haute (+ 5,9 cm) et dispose d’un plus grand coffre (+ 80 litres). Comparé à la Série 7, notre voiture du jour est aussi large, presque aussi longue (-7 mm), beaucoup plus haute (7,1 cm) et un coffre plus grand de 110 litres.

On est donc face à une voiture à part entière, elle doit donc avoir sa propre personnalité une fois à son volant. C’est ce que nous allons voir un peu plus tard.

Passons à l’intérieur. Si vous êtes déjà monté dans une Série 5 ou 7, vous ne serez pas dépaysés. Les matériaux sont les mêmes, aussi soignés. A aucun endroit on trouve des matériaux bas de gamme. La différence serait peut-être un détail caché dans l’entrebâillement des portes : ce petit morceau d’aluminium brossé gravé du nom du modèle…peut-être au cas où vous l’auriez oublié. Je blague mais c’est un très joli détail.

La place à bord est royale. A l’arrière, on dispose de presque autant de place que dans une Série 7, avec en plus de la possibilité d’incliner les sièges électriquement : de quoi être à l’aise pendant que votre chauffeur avale les kilomètres. La sellerie disponible sur notre version était faite de cuir Nappa d’un confort assez dingue (750 €). Et pour parfaire le luxe, vous avez la possibilité de craquer pour une option inutile mais donc totalement indispensable : la fermeture assisté Soft-Close (690 €), digne d’une Rolls-Royce.

Notre modèle d’essai était doté des écrans à l’arrière, de quoi regarder la TV ou raccorder votre console de jeux. Une option très geek et…très chère : 2 350 €. Comme toutes les nouvelles BMW, vous avez le droit à la commande gestuelle (260 €), à la display key (600 €) pour avoir accès à toutes les informations de la voiture et aussi avoir la possibilité de garer la voiture depuis l’extérieur, comme dans notre vidéo réalisé à Francfort avec la Série 5 Touring (voir ci-dessous)

Vous pouvez aussi avoir la possibilité sur votre smartphone de pouvoir voir ce qui se passe autour de sa voiture même à 1000 km de distance. Pour revoir cette fonctionnalité lors de notre essai de la Série 5, voir ci-dessous :

Je vous l’ai teasé depuis le début, je vais vous parler de la conduite. Et là, rien à voir avec la Série 5 et la Série 7. Là où ces deux berlines dispose d’un confort assez bluffant et d’un dynamisme sportif présent, la Série 6 GT fait le pari du Confort avec un grand C. Et cela malgré les jantes 20″ dont est affublé notre version d’essai.

Pour ce faire, la 6 GT est doté de série d’une suspension arrière pneumatique avec correcteur d’assiette. En option, vous y aurez aussi le droit à l’avant. De quoi vous déplacer comme sur un tapis volant ! Le confort vous fait oublier toutes les irrégularités de la route. L’insonorisation participe aussi à ce confort avec une réalisation de haut vol. Elle laisse juste passer le doux son du 6 cylindre en ligne diesel de notre version.

Mais ce confort a un point noir. Même en mode sport, la voiture est molle. Le dynamisme est mis à mal par un poids encore trop important de 1900 kg. Si les appuis n’ont pas peur des longues courbes, il en est autre chose sur les virolos corses : les mouvements de caisse et le roulis sont beaucoup trop présent. En clair, elle est faite pour les lignes droite et les autoroutes, pas pour la conduite sportive. Dommage pour une BMW. Les 4 roues directrices en option (1 900 €) doivent peut-être aider à un peu plus de sportivité, à voir.

Côté finance, la Série 6 GT démarre à 63 900 € (+2 010 € de malus) dans sa version 30i, un 4 cylindres essence de 258 ch en finition Lounge. Notre version 30d en finition Luxury démarre à 76 760 € (+2 940 € de malus), et notre modèle blindé d’options frôlait les 90 000 €. Elle est donc environ 10 000 € de plus qu’une Série 5 à finition et moteur équivalent…mais se place tout de même à un tarif moindre que la Série 7.

Même si c’est la seule berline coupé à hayon, la Série 6 GT est bien placé coté tarif face à ses concurrentes que sont l’Audi A7 Sportback et la Mercedes CLS. Une différence qui peut atteindre jusqu’à 9 000 € en faveur de la munichoise.

Il est temps de faire le bilan. Le pari voulu par le constructeur à l’hélice de monter en gamme par rapport à la génération précédente est réussi. Mais je suis partagé. Ce qui fait pour moi une BMW, c’est le dynamisme de conduite. Et ce que j’avais pu voir sur la Série 7 m’avait tout simplement bluffé. La capacité d’avoir un confort de haute volée et un dynamisme de sportive sur une berline aussi grande avait mis la barre très haut… Et là je me retrouve avec  une berline d’un confort parfait, me rappelant même l’essai de la Rolls Royce Wraith -c’est pour dire. Mais d’un autre côté, j’avais une voiture à qui il manquait l’âme d’une BMW. Une âme de sportive. Cependant, il doit sans doute y avoir beaucoup de clients pour qui ce défaut tout personnel n’en n’est pas un. Ils se réjouiront donc de son habitabilité arrière très généreuse et de son confort royal.

Merci à BMW France pour sa confiance et pour l’invitation.

Photos : Ugo Missana