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Comme vous le savez sûrement, j’ai eu la chance cet été de découvrir la 308 GT THP et ses 205 chevaux. Proposant un excellent compromis entre polyvalence, dynamisme et efficacité, elle manquait néanmoins de piquant pour satisfaire un conducteur avide de sensations au volant de sa lionne et souhaitant l’emmener s’amuser sur circuit de temps en temps. J’attendais beaucoup de cette Peugeot 308 GTI, et figurez-vous que je n’ai pas été déçu…

Prenez une 308 GT THP (essayée ici), ajoutez-y un brun de 208 GTI by Peugeot Sport (essayée là) et vous obtiendrez la 308 GTI. Développée avec le concours des équipes de Vélizy, elle est une démonstration du savoir-faire du constructeur sochalien et de sa branche sportive. Attendue par beaucoup puis annoncée à coup de « trailers » (et ce n’est pas fini) sur les réseaux sociaux, j’ai été convié à la découvrir au Portugal, autour de Porto. Grand ciel bleu, beau soleil, petite brise : bref, le temps habituel pour notre destination me direz-vous ? Et bien non… Nous, blogueurs de France et de Navarre, avons emmener le doux climat automnal de l’Hexagone dans nos valises et avons pu bénéficier d’un brouillard épais, d’un crachin permanent et d’un vent… décoiffant. De quoi freiner quelque peu nos ardeurs ? Absolument pas…

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Le minois de notre 308 GTI reste fidèle à ce que l’on pouvait trouver sur la 308 GT et il faut être un fin connaisseur (ou lecteur de ce blog) pour différencier une GT d’une GTI dans le rétroviseur. Bien sûr, Peugeot Sport est passé par là et en a profité pour laisser sa pâte, ou plutôt ses griffes, sur quelques éléments de la voiture : calandre spécifique soulignée d’un jonc rouge (sauf sur notre version rouge où il est chromé) et dotée d’une large entrée d’air pour refroidir le moulin, assiette abaissée de 11 mm, voies élargies, jantes de 19 pouces plus légères de 2 kg chacune, et un nouveau diffuseur avec deux grosses canules rondes d’échappements en lieu et place des plus discrètes sorties trapézoïdales.

Signe maintenant habituel du passage de Peugeot Sport sur un modèle, une version « coupe franche » est également disponible en option (1800 €). Mêlant un rouge métallisé sur la proue et un noir brillant sur la poupe (inversant ainsi les teintes de la coupe franche sur 208), la 308 GTI s’affirme réellement dans ce coloris et respire la sportivité. Pour ma part, je suis tombé sous le charme de la teinte blanche nacrée, se mariant parfaitement aux éléments rouges propres à la GTI et aux jantes noires.

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À l’intérieur, je n’ai à vrai dire pas été dépaysé en retrouvant exactement la même chose que sur la version GT : un habitacle moderne, bien fini et ergonomique. Bref, du tout bon. La GTI se démarque toutefois par des seuils de porte spécifique badgés Peugeot Sport, un volant doté d’un repère de centrage, et de superbes sièges baquets cuir/alcantara, bien plus adaptés à une conduite musclée que sur la GT. Pour le reste, surpiqûres rouges à outrance et matériaux de qualité se marient pour proposer un ensemble extrêmement plaisant à voir et à vivre. La 308 GTI est la plus belle et la plus accueillante des 308, elle chapeaute fièrement la gamme et surclasse même certaines allemandes sur ce terrain, Golf en tête.

Brunch englouti, brief terminé, clé récupérée et petit volant en mains, je m’élance pour une après-midi au cœur de la campagne portugaise dans une boucle de 270 km. Le road-book nous annonce plein de virages, lacets et cols, de quoi voir le potentiel de la 308 GTI comme il se doit avant de la dompter sur circuit le lendemain…

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À défaut d’avoir pu profiter des superbes paysages dégotés par l’équipe de préparation de l’événement à cause du brouillard omniprésent, nous avons néanmoins eu la chance, mon copilote de chez Peugeot France et moi, de découvrir les qualités routières de la lionne. Avant de rejoindre les zig-zag tant attendus, quarante kilomètres de voie rapide se profilent et me permettent déjà de dresser deux bilans. Primo, les autoroutes portugaises sont en excellent état (et proposent un télé-péage fonctionnant à n’importe quelle vitesse, ça c’est cool), deuxio la 308 GTI est une excellente routière.

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Son quatre cylindres permet de jouir d’un couple amplement suffisant à n’importe quel régime en se faisant oublier dans l’habitacle une fois la 6e passée, alors que son réglage de suspension offre un confort bluffant sur tous types de route. Ni trop haute, ni trop basse, la position de conduite est elle parfaite (et de mon 1,75 m, je vois les compteurs) alors que le confort des superbes baquets est très appréciable. C’est une voiture qui reste extrêmement agréable à utiliser dans la vie de tous les jours. Là où une Focus ST ou une Mégane RS joueront plus sur le tableau des « voitures funs du week-end », on n’hésitera pas une seconde à transporter toute sa petite troupe dans sa GTI, pour s’amuser en famille ou se balader tranquillement. Pour la petite histoire, selon Peugeot, 61 % des potentiels acheteurs de 308 GTI devraient l’utiliser comme voiture principale (et 87 % seront des hommes, puisque vous voulez tout savoir).

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Sous le capot, c’est encore une fois le vaillant 1,6 L THP, déjà à bord de DS3 et 308 GT mais porté ici à 270 chevaux, qui emmène les 1205 kg (à vide) de la GTI. Sa vitesse maximale est limitée électroniquement à 250 km/h, une donnée que l’on atteint aisément (vérifiée par votre humble serviteur) et qui permettra aux frontaliers de chasser de l’Allemande sur les Autobahn. Le quatre cylindres propose dans les faits 330 Nm de couple dès 1900 tr/min sur l’avant et, comme dans la 208 GTI by Peugeot Sport, le Lion a eu la merveilleuse idée de lui greffer un différentiel à glissement limité Torsen. Ce dernier est ici taré à 35 %, permettant au système de dériver jusqu’à 35 % du couple sur la roue adhérente en courbe. Comble du luxe, avec 4,46 kg par CV, elle peut même se vanter de proposer le meilleur rapport poids/puissance du segment.

Sur les lacets des petites départementales portugaises, cela se traduit par une efficacité hors-norme et un comportement exemplaire. On savait la 308 comme une référence en la matière, la déclinaison GTI surclasse elle aussi toutes ses concurrentes directes en mettant en confiance et en nous incitant à aller toujours plus loin à ses côtés.

Les courbes passent à vitesse soutenue sans forcer grâce notamment à un châssis époustouflant et au Torsen, qui offre une motricité bluffante. Ce dernier permet de ré-attaquer dans un virage sans trop se poser de question, et ce même sur nos superbes routes glissantes recouvertes de branches et de feuilles d’eucalyptus. Son train avant est incisif alors que son arrière-train est lui bien plus mobile et plus joueur que sur la GT. On peut ainsi sentir ses fesses se décoller juste en levant le pied, un comportement fidèle à la philosophie GTI, une sensation que le petit volant renforce en donnant un toucher de route très sympa. La direction est elle parfaitement calibrée et informative, ce qui permet de placer la voiture où bon nous semble. L’ensemble est super efficace et le (très) mauvais temps n’a, à ma grande surprise, pas été un frein au plaisir de la conduire et de la malmener un peu sur notre parcours sinueux.

Le 1,6 L THP de 270 CV offre des relances musclées tout en étant extrêmement souple à mener. On se surprend ainsi à être un peu flemmard à ses commandes en restant en 3e dans à peu près toutes les situations tant le couple est disponible à  tous les régimes… La boîte manuelle à 6 vitesses (aucune boite automatique n’est pour l’instant prévue) est elle plutôt courte et propose un guidage précis et des étagement proche de la perfection.

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Fidèle à ce que j’avais pu découvrir avec la 308 GT, j’ai eu le plaisir de retrouver une auto extrêmement saine et accessible qui permet de prendre du plaisir à son volant. Mais là où la 308 GT était trop sage et nous laissait un peu sur notre faim dès que l’on haussait un peu le ton, Peugeot Sport a su donner ce petit grain de folie à la GTI et il nous a été donné de vérifier tout cela sur circuit le lendemain…

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Fin de notre première journée d’essai, arrivée dans un superbe hôtel (Peugeot sait recevoir) et un bilan plus que positif et unanime de cette virée sur route sort de la bouche des blogueurs. Le charme et l’efficacité de la 308 GTI ont opéré et nous n’avons qu’une seule envie : aller encore plus loin avec. Après un brief’ orchestré par un staff passionné et donc passionnant des équipes de Peugeot Sport, un bon dîner, une bonne soirée et une bonne nuit, c’est reparti !

7h30, ventres et réservoirs remplis, les voitures nous attendent. Direction Braga, à une cinquantaine de kilomètres de Porto. Quelques kilomètres de bouchons à la sortie de la ville me permettent de confirmer mon ressenti de la veille à propos des qualités de la 308 GTI au quotidien, à l’image de l’embrayage qui n’est pas à une tare à maintenir dans une circulation dense ou du confort des sièges et des suspensions. L’équipement de série est lui excellent, même si la GTI délaisse les diverses aides à la conduite (honnêtement superflues) pouvant exister sur le reste de la gamme. La route se vide, les grandes courbes de l’autoroute A3 se profilent et Braga est rapidement là. Nous arrivons sur le « Circuito Vasco Sameiro », entièrement dédié à Peugeot Sport pendant les quelques semaines d’essais internationaux de notre 308 GTI, les choses sérieuses commencent !

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Voici un petit aperçu du circuit par l’un des pilotes maison :

Le staff et les pilotes de Peugeot Sport nous briefent, nous mettent en garde de la pluie qui tombe en continue et du tracé piégeux de la piste, mais ils ont hâte de recueillir nos impressions sur leur nouveau bébé. Nous faisons un tour de reconnaissance à bord d’un… Expert (l’utilitaire du Lion), enfilons un casque puis partons pour une dizaine de tours.

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Peugeot a eu l’intelligence de nous signaler à quel endroit du circuit quel organe de la voiture serait sollicité. Bon, il ne faut pas être sorti de Centrale pour comprendre que c’est le moteur en ligne droite, le châssis dans les pif-paf et le Torsen en courbe, mais c’est toujours sympa et ça nous y fait penser quand on se trouve dans le dît-endroit. Sortie des stands, le quatre cylindres émet un son étonnamment rauque, à moins que ce ne soit les enceintes ? Ah oui, Peugeot a malheureusement repris le mode « sport » tant décrié de la 308 GT qui, en plus de changer la carto’ de la pédale d’accélérateur et de modifier l’affichage des combinés, diffuse un son de V8 sur les enceintes Denon… Un ajout à l’intérêt discutable tant le brave 1,6 L et ses deux grosses sorties d’échappement se font entendre comme il se doit de l’extérieur comme de l’intérieur une fois le tout bien chaud. Bref, on désactive tout ça et on profite du son « au naturel ».

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La piste est glissante et le tracé plutôt rapide, mais il compte des portions et enchainements assez techniques qui permettent d’apprécier au mieux les qualités déjà repérées la veille sur les routes montagneuses. Notre lionne sur-vitaminée ne s’est ainsi pas laissée impressionner par les trombes d’eau se déversant sur le circuit et s’est dandinée sans broncher entre les virages : son très bon châssis s’est chargé d’annuler tout sous-virage et de corriger nos excès de zèle, alors que le Torsen nous a offert le luxe de remettre les gaz très tôt dans la courbe et d’arriver donc encore plus vite dans la suivante.  Une brève éclaircie et une portion quasi-sèche nous permirent même de sortir de virages pied au plancher sans ressentir une quelconque perte de motricité ; le différentiel à glissement limité, combiné aux excellents pneus Michelin Pilot Sport, se chargeant de répartir la puissance comme il se doit. On sent la voiture capable d’encaisser et de pardonner quasiment tout, et ce même avec l’ESP déconnecté.

La longue ligne droite du circuit de Braga permet de faire parler les chevaux : le 1,6 L THP fait le job et fait preuve d’une certaine rage quand on s’approche de la zone rouge, agréable et assez étonnant pour un bloc si « downsizé ». On atteint assez rapidement et sans vraiment s’en rendre compte de jolies vitesses, et le petit panonceau « Brake » sur le bord de piste nous incite à nous mettre debout sur… les freins. Les tours s’enchainent et bonne surprise, ces derniers ne montrent aucun signe de faiblesse. En même temps, avec des disques de 380 mm à l’avant et 268 mm à l’arrière, Peugeot a mis le paquet pour qu’on puisse y aller sans trop se poser de questions : ils couinent un peu mais ne perdent ni de leur mordant, ni de leur efficacité.

Notre escapade sur circuit se termine, les 308 GTI rentrent au stand pour se reposer un peu avant de repartir entre les mains d’essayeurs d’autres pays… De notre côté, nous nous dirigeons déjà vers l’aéroport pour le retour direction Paris, des souvenirs pleins la tête et bluffés par l’efficacité de la nouvelle production de Peugeot Sport. Ils sont quand même doués les mecs…

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« Efficacité ». Je crois que vous aurez compris que nous tenons ici le mot qui caractérise le mieux la 308 GTI. Mais bien plus que d’être la reine de l’efficacité, c’est aussi une voiture avec laquelle on prend du plaisir quelque soit son niveau de pilotage. Aisée à prendre en main mais aboutie, elle ravira aussi bien les pilotes du dimanche (un peu comme moi) que les pros (d’après les dires de Stéphane Peterhansel, même si son objectivité est somme toute relative…). Elle délivre des sensations que n’offraient pas la 308 GT pour seulement « quelques » sesterces de plus. Affichée au prix de 37 200 euros (et n’accusant un malus que de 250 euros), elle se trouve dans la partie haute des compactes musclées tout en ayant le mérite d’offrir un parfait compromis entre sportivité affirmée et polyvalence.

La 308 GT était une schizophrène, la 308 GTI est bi-polaire. Certains diront sûrement qu’il manque encore un peu de radicalité à cette GTI, mais croisons bien fort les doigts : la R HYbrid se chargera peut-être de ça un jour…

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Merci à Anthony pour l’invitation, à Peugeot France pour l’organisation de l’événement et à Peugeot Sport pour le partage de leur passion et l’excellent travail réalisé sur cette voiture !

Photos : Victor Desmet