Essai Fiat 124 Spider - Photos

La Mazda MX-5 est LA référence des petits cabriolets accessibles. Je ne compte plus les personnes de mon entourage ayant craqué un jour ou l’autre pour une des 4 générations depuis son lancement en 1989. Alors quand en 2015 Fiat présente une petite concurrente, qui viendra rappeler la 124 des années 60, la pression était de taille.

Chez blogautomobile, les essais de la MX-5 sont légions, mes collègues ne m’ont alors jamais laissé l’opportunité d’en avoir une entre les mains. Après la vague d’essais nationale organisée dans le sud-ouest l’an passé, je devais impérativement saisir l’occasion de conduire l’outsider, la Fiat 124 Spider.

Dès les premières photos j’ai accroché avec cette réinterprétation, elle paraissait vraiment très jolie et imposante. Mais avec les premiers modèles aperçus ici et là lors d’événements l’enthousiasme était bizarrement retombé. Je précise bien « était » car après quelques jours passé à ses côtés la première impression était bien la bonne, le charme a de nouveau opéré. Ce petit Spider est incroyablement séduisant. La couleur, les touches d’argent dédiées aux versions Lusso et les feux à LED ont eu raison de moi. Seules les jantes de 17 pouces me paraissent un peu petites. En tout cas elle plaît beaucoup, on sent les regards se poser sur la voiture. Des regards bienveillants mais souvent interrogateurs. En plus, au soleil, le Rouge Passione (600€) est magnifique et très éclatant.

À son volant, le capot paraît énorme, on aurait presque l’impression d’être à bord d’une grosse voiture. Mais on est rapidement remis à notre place dès qu’on croise le moindre SUV (et je ne vous parle même pas des camions…). En revanche ses formes sont très facilement assimilables et c’est un plaisir de se faufiler en ville ou lors d’une manœuvre.

Je ne traîne pas trop à décapoter (en 3 secondes chrono) et découvre l’habitacle baigné de lumière, dommage il est noir. Dans l’ensemble c’est plutôt sympa, bien dessiné et pensé. Les finitions ne sont pas irréprochables mais il n’y a rien de choquant. J’ai beaucoup apprécié de ne pas retrouver, comme c’est souvent le cas sur des véhicules prémium, une grosse planche de bord en plastique moche face au passager. En plus, il faut reconnaître qu’une voiture de presse est souvent malmenée et passe entre de très nombreuses mains. La 124 Spider ici présente a déjà plus d’un an et prêt de 17 000 km, mais aucun bruit de mobilier intempestif ne se fait entendre. Les sièges tiennent le coup et les plastiques ne sont pas recouverts de rayures.

Niveau habitabilité, au volant on ne se sent pas à l’étroit. Je fais 1m85 mais j’ai vite trouvé ma position de conduite idéale. Côté passager, il pourra manquer un peu de place aux jambes pour une personne du même gabarit. Dans tous les cas, un long voyage est totalement envisageable, d’autant plus que le coffre est plutôt respectable (140 l). Qu’il y a 3 rangements entre et derrières les sièges, et qu’on peut même envisager de glisser un sac sous la capote fermée.

Plusieurs jours avant l’essai je scrutais sans cesse la météo. Après tout, un essai de propulsion, cabriolet de surcroît, ne va pas vraiment de pair avec une maussade et humide météo parisienne. Et malheureusement le week-end ne s’annonçait pas des plus glorieux : promettant une capote fermée et quelques centaines de kilomètres en glisse. Et par bonheur, je vous laisse observer les nombreuses photos ensoleillées et sans toit que j’ai pu prendre. Le temps idéal pour ce genre de véhicule plaisir… J’insiste franchement sur ce terme « plaisir », car c’est effectivement un très (très) grand plaisir que de conduire cette Fiat 124 Spider. Le 4 cylindres d’origine Fiat, trop peu mélodieux, m’a bluffé. Avec 140 ch, je ne m’attendais pas à une poussée aussi franche et presque brutale. Grâce à un poids à vide bien maitrisé de seulement 1050 kg, les 140 ch sont suffisants pour provoquer de belles sensations et offrir un 0 à 100 km/h en seulement 7,6 s. Et croyez-moi, cheveux au vent, ça décoiffe et on n’en demande pas beaucoup plus. J’ai eu simplement un peu de mal à me familiariser avec la pédale d’embrayage, légèrement trop haute et dure, mais le maniement du levier est un vrai bonheur. Celui-ci incite à tout le temps jouer avec, grâce à un débattement court et ferme la joie de changer de rapport prend tout son sens.

Une fois le moteur et cette fameuse boite mécanique à 6 rapports apprivoisés il est temps de profiter des routes sinueuses. Pour cela je me suis évadé en province, comme aime le répéter les franciliens, pour retrouver de jolies routes de campagne. Quelques gauches-droites serrés, de plaisants reliefs et de belles lignes droites : voilà son terrain de jeu favori. On s’assure de rester toujours au-dessus des 2500 tr/min, sinon c’est très mollasson, et le petit roadster fait ensuite en sorte de respecter ce qu’on lui demande. Le petit volant bien en main, on le place où l’on veut grâce à une direction précise et un train avant rivé au sol. Même le train arrière peut nous suivre avec rigueur. La Fiat 124 Spider propose donc une tenue de route exemplaire mais est tout de même joueuse si c’est ce qu’on recherche, une fois franchie les limites elle se dandine en rythme avec nos coups de volant et les fortes relances disponibles. Reste que pour une conduite au quotidien on se sent pleinement en sécurité.

Elle est légère et ça se sent, agilité fait partie de son vocabulaire. Les suspensions sont raides sans pour autant être trop tape cul. Et elle vire alors parfaitement à plat tout en nous laissant jouer sur ses appuis avec panache, confortablement assis dans des sièges au maintien irréprochable. Avec un freinage mordant, qui ne semble pas souffrir après plusieurs dizaines de km intenses, notre cabriolet ne se fait pas prier pour attaquer.

Après tant d’émotion, et totalement décoiffé, j’ai été satisfait lors du passage à la pompe de ne pas avoir un moteur trop porté sur la boisson… Ça ne veut pas dire qu’en conduite très sportive les 10 l aux 100 km ne sont pas allègrement dépassés mais on peut tabler sur une moyenne de 7 à 8 l. Tout en étant capable de descendre sous les 6 l lors d’un départ en weekend, à la cool, sur des routes à 90 km/h.

Si vous êtes prêt à craquer, il faudra débourser au minimum 26 290 € pour la version de base avec boite mécanique, jantes de 16″ ou la climatisation manuelle. La Lusso s’échange pour 28 290 € (jantes 17″, clim auto, sellerie cuir) et la Lusso Plus à 30 290 € (phares LED, caméra de recul, GPS). Comptez 2000 € de plus pour la boîte automatique à 6 rapports. Ensuite, assez peu d’options sont disponibles mais vous pouvez opter pour la sono Bose à 750 € ou encore les sièges chauffants pour 300 €.

Pour conclure je n’ai pas vraiment trouvé de choses à redire sur cette voiture. Malgré une base commune avec la japonaise, Fiat a su créer une personnalité propre à la 124 Spider. Alors certes il reste encore quelques défauts de jeunesse et l’habitacle mériterait un peu plus de soin. Mais elle est terriblement fun et c’est ce qu’on lui demande. Elle a ce qu’il faut de confortable pour le quotidien avec toujours une irrésistible envie d’être titillée par son conducteur. Car les routes sinueuses sont son terrain de prédilection tant elle offre un caractère sain, un comportement joueur à la demande et des relances puissantes. Le tout sans toit au-dessus de la tête pour un sentiment de liberté exacerbé.

Essai Fiat 124 Spider - Photos

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)