Essai Ford Explorer : 2.5 tonnes d’Amérique en Europe

Le Ford Explorer est un nouveau venu en Europe. S’il est un grand parmi les petits dans nos contrées, il est assez étonnant de se rendre compte que ce mastodonte de 5 mètres de long et 2,28 mètres de large (avec les rétroviseurs) est un petit parmi les grands outre-atlantique. Il semble alors totalement disproportionné, garé dans un camping parisien (NDLR : oui, ça existe). Mais le Ford Explorer a des ressources insoupçonnées qui devraient en intéresser plus d’un. C’est ce que nous allons découvrir ensemble.

C’est un gros gabarit à manier autour de Paris. Il est vrai que rapidement, je me prends pour la terreur du bitume. Si ça ne passe pas, ça passe quand même dis-je en croisant une pauvre petite Smart. Mais lorsque je croise alors un semi remorque, je me rappelle soudains que l’on trouve toujours plus gros que soit, sans encombre fort heureusement.

Le consommation en ville est probablement la première chose qui va vous effrayer, à mouvoir ses 2,5 tonnes. Pourtant, figurez vous que sous cette carapace se cache un moteur électrique rechargeable de 13,6kw. Cette aide précieuse permet de fortement limiter son appétit en ville et sur les phases de reprise. Ce moteur de 100 chevaux possède une autonomie de plus de 40km en mode tout électrique. Nous avons pu le constater dans des conditions réelles. A noter que le Ford Explorer est une hybride rechargeable puisqu’il s’agit d’un PHEV. En revanche, lorsque le moteur électrique n’est plus actif, ne comptez pas descendre sous les 10l/100km. C’est le cas par exemple sur autoroute à vitesse stabilisée.

Lors d’une sortie de péage, le Ford Explorer nous catapulte en 6 secondes de 0 à 100km/h. Le bruit n’aurait rien à envier à une Ford Mustang. En effet, le V6 essence de 357 chevaux vient de se réveiller. En tout et pour tout, c’est 457 chevaux et 825Nm de couple qui transitent par les 4 roues motrices du Ford Explorer. Autant vous dire que ça surprend !

L’ambiance SUV américain est immanquable, caractérisée notamment par sa grosse calandre chromée, ses feux rectangulaires ou encore ses vitres de custode au niveau du coffre. De toute façon, il est assemblé à Chicago, difficile de faire plus chauvin. Malheureusement, il a aussi bénéficié du mauvais niveau de finition habituel dans ce pays. Mais ne soyons pas trop dur avec eux, les efforts sont notables d’années en années. Il ne faudra simplement pas s’attendre à y trouver les progrès énormes faits par les français ces derniers temps. Encore moins à trouver un semblant de finition allemande.

Le Ford Explorer n’est pas destiné à monter les trottoirs ou faire le beau en ville. Même s’il est plutôt agréable à regarder, il est destiné à être utile. Il n’est pas avare en franchissement, comme nous avons pu le constater dans la parc du Marquenterre, au coeur de la baie de Somme. Le terrain sableux n’est pas des plus aisé, surtout pour un véhicule avec une masse aussi importante. Pourtant, il s’en sort avec brio grâce à son bon niveau de puissance. Il faudra cependant veiller à respecter quelques règles. Il faut mettre le mode thermique uniquement, afin d’éviter le couple et la puissance trop brutal de l’électrique, désactiver le contrôle de traction et mettre le mode neige et sable. Avec ceci, même pas besoin de dégonfler les pneumatiques ou d’avoir des pneus spécifiques. Mais ne n’y méprenons pas, ce n’est pas non plus un Land Rover Defender

Avec la meilleure volonté du citadin que je suis, j’ai trouvé moyen d’aller me tanker dans une belle bâche d’eau sans sonder la profondeur. C’était pour vous faire un beau cliché ! Mais j’ai senti le Ford Explorer rapidement en peine. Alors que nous faisions nos photos, une troupe de touristes et de locaux s’est arrêtée pour regarder comment nous allions nous sortir de là. Avec les précautions précédemment citées, une bonne dose d’accélération et nous étions sorti comme pour rire. Les badauds n’ont pas eu de belle histoire à raconter de retour de leur promenade. Mais apparemment, une plus petite voiture s’était coincée là peu auparavant.

Si le Ford Explorer s’en sort très bien en franchissement, il est tout de même un peu cassant sur les aspérités. On aurait vraiment apprécié plus de confort sur ce type de véhicule, surtout lorsque le terrain se dégrade. Sur la route, cela se traduit comme une qualité puisque son poids ne l’emmène pas sur un roulis excessif en virage. J’imagine qu’il fallait bien ça pour coller aux standards européens en matière de tenue de route.

En revanche, l’intérieur dispose de tout le confort souhaitable et le niveau d’équipement de base est sidérant. Les sièges avants sont électriques, chauffants, réfrigérants et massants. Le volant est chauffant. Le pare brise est dégivrant. On dispose de radars avants et arrières, du maintien dans la file, de l’avertisseur d’angle mort, de l’alerte anti-collision et du régulateur adaptatif. Le système son est fourni par B&O. Le CarPlay et Android Auto sont de la partie et j’en passe.

Certes, nous avons évoqué le peu de ventes que pourraient représenter un véhicule aussi atypique dans le paysage européen et a fortiori dans celui français. Mais il pourrait bien vous intéresser car il cumule des critères que d’autres ne sont pas capables de réunir. Le Ford Explorer est un SUV 7 places ce qui évince déjà bon nombres de concurrents. Il faut ajouter que ces 7 places ont une modularité exemplaire.

La première rangée est divisée en trois sièges indépendants qui peuvent chacun s’avancer, se reculer et se rabattre. La dernière rangée de deux sièges peut bien évidemment se rabattre elle aussi indépendamment. En mode 7 places, il reste de quoi charger 240 litres voire 380 litres si vous parvenez à charger jusqu’au toit. C’est peu ou prou le coffre d’une citadine. En mode 5 places vous pouvez charger de 635 litres à 1137 litres. Et en mode 7 places c’est 2 274 litres qui s’offrent à vous.

Là où le Ford Explorer vient vraiment se démarquer et enfoncer le clou sur son coté utilitaire c’est qu’il est en capacité de tracter l’équivalent de son poids. Vous avez bien lu, ce mastodonte de 2,5 tonnes est homologué pour tracter 2,5 tonnes soit un convoi de 5 tonnes. Ce que sa puissance devrait réussir sans peine.

Ford est bien conscient que c’est une voiture atypique et qu’elle est une niche dans la niche. Le Ford Explorer a une cible qui ne constitue que 3% du marché des SUV. Mais le Ford Explorer ne dispose que de très peu de concurrents. Ils sont sur une tout autre sphère aussi bien en terme de tarif que de positionnement. Je pense ici aux BMW X7 et Volvo XC90 qui sont sur des gammes bien plus luxueuses.

Le Ford Explorer offre un package très attrayant mais réservé à une frange marginale de la population. D’autant plus que son prix est dissuasif. Le prix de départ s’établit à 77 000 Euros en finition ST-Line et 79 000 Euros en finition Platinium. Cette dernière n’offre très franchement pas grand chose de plus. Néanmoins, il reste moins cher que l’ensemble de la concurrence avec un niveau de prestation de base sans pareil. Ce SUV venu d’un autre continent n’est pas si cher une fois que l’on a passé en revue tous ces éléments qui le différencient.

Je conclurai sur le fait que, tout comme moi, vous n’êtes probablement pas un acheteur de ce type de véhicule. Néanmoins, si vous l’êtes, je peux vous garantir que le Ford Explorer sera un super produit qui saura combler toute vos attentes. De façon assez étonnante, je me suis beaucoup amusé à bord de ce méga-SUV et croyez-le ou non, il fait tourner les têtes sur sa route. Soit parce-que vous aurez gagné un départ arrêté contre une petite sportive au départ d’un feu rouge, soit parce qu’on se demandera si votre Ford Explorer a vraiment été commercialisé au delà des Etats Unis.

Un grand merci à Ford pour l’organisation de cet essai dans des conditions sanitaires si particulières.