Pour sa quatrième génération, le Hyundai Santa Fe se fait plutôt discret au sein de l’Hexagone et pour cause. Pensé pour le marché américain et pénalisé par un malus grandissant suite à l’annonce de l’arrivée de la norme WLTP pour le calcul du montant du malus lors de l’achat neuf, il n’était au départ pas destiné à rejoindre le vieux continent. Finalement, Hyundai revoit sa position et le propose à la vente dès le début de l’année 2019. Je n’en ai depuis pas croisé un seul et pour tout vous dire, j’ai découvert son existence en octobre dernier lors d’une conférence de presse. Sa rareté et son gabarit décalé on suffit à attiser ma curiosité, assez pour en demander un à l’essai. 20 plus tard après sa sortie, voyons ce que l’un des modèles les plus célèbres de la marque coréenne a encore à nous offrir.

Remise dans le contexte

Vous vous souvenez forcément tous du Santa Fe de première génération. Tout en rondeurs, pare-chocs proéminents et un look discutable qui n’a sans doute pas participé au bon vieillissement du modèle, surtout en terme d’image. Il ne demeure pas moins que l’on continue d’en croiser pourtant beaucoup et ce n’est pas surprenant lorsque l’on sait qu’il s’est classé 4 années de suite dans le Top 5 des ventes de SUV en France (entre 2002 et 2005). Plus d’une décennie est passée depuis et le marché automobile a bien changé, les monospaces laissant place aux SUV en tout genre. Le Santa Fe fait face à une concurrence féroce et semble bien démuni en ne proposant qu’un seul niveau de finition “Executive” associé à motorisation unique, un 4 cylindres Diesel 2.0 L Crdi de 185 ch à hybridation légère 48V. L’offre est en effet particulièrement développée du côté du groupe VW, avec le Skoda Kodiaq ou encore le Seat Tarraco pour ne citer qu’eux, proposant d’ailleurs chacun une offre pléthorique de motorisations et finitions. 

Présentation extérieure, c’est l’Amérique

C’est à l’extérieur que l’inspiration d’outre-Atlantique est la plus flagrante. Un profil de camionneur, renforcé par une épaisse barre de seuil chromée, une face avant musclée avec une calandre quasiment verticale, là aussi surmontée d’une épaisse barre chromée séparant les optiques des feux antibrouillard. On y voit un peu de C4 Picasso (ou plutôt Spacetourer de sa nouvelle appellation) mais surtout, on reconnaît clairement le visage du Jeep Cherokee. Pour l’originalité, on repassera. A l’arrière, le caractère baroudeur est nettement marqué par un pare-chocs remontant assez haut jusqu’au hayon, enjolivé d’un sabot gris mat laissant apparaître une double sortie d’échappement. Le dessin général reste assez réussi à mon goût, mettant en valeur le gabarit imposant du Santa Fe avec 4.77 m de longueur et une belle largeur de 1,89 m (soit 5 cm de plus qu’un Seat Tarraco). 

Un habitacle au niveau des attentes

Et ce gabarit imposant profite aux occupants. A l’avant, le conducteur et le passager de droite bénéficient d’une largeur exemplaire. Les sièges au design travaillé et à la finition soignée offrent un maintien et un confort de premier ordre, des véritables fauteuils. Ventilés, chauffants, réglables électriquement et à mémoire, ils sont dignes de figurer dans la case “premium” du constructeur coréen et correspondent à ce que l’on attend d’une finition “Executive”. Les plastiques utilisés sont de bonne facture, aucun plastique granuleux ne vient jurer par son aspect dans cet environnement assez chaleureux, renforcé par la couleur claire du cuir, disponible au configurateur sans supplément. L’intégration des touches de la console centrale est bien pensée, chaque commande trouve sa place selon une ergonomie bien pensée. En revanche, l’aspect vieillot de l’écran entouré de deux rangées de boutons verticales jure un peu. L’intégration de ce dernier ne parait pas non plus optimale, dommage. 

La véritable force du Santa Fe face à la concurrence, et c’est sans doute son maitre-atout à faire valoir, c’est son habitabilité. La rangée du milieu regroupe toutes les caractéristiques nécessaires pour accueillir sans mal deux adultes de grand gabarit ou 3 enfants. Les deux sièges sont réglables en profondeur indépendamment, deux prises USB, une prise 220 V et les sièges chauffants viennent parfaire la dotation de série. Petit bémol, avec un tel gabarit on aurait bien aimé voir 3 véritables sièges indépendants plutôt qu’une banquette, même si le passager du milieu ne verra pas son espace aux jambes dérangé par la bosse laissée par l’arbre de transmission, puisque pour le coup, il n’y en a pas. Habile. Mieux encore, la 3me rangée peut véritablement accueillir 2 adultes. Vraiment très fort. En revanche, gros point noir du côté du coffre dont le volume culmine à 547 litres en configuration 5 places (3me banquette rebattue). C’est peu, beaucoup trop peu face à encore une fois un concurrent ibérique qui propose lui, 700 litres.

Agréable surprise sur la route

Le Santa Fe contrairement aux apparences fait vite oublier son physique de pachyderme une fois arrivé sur les routes secondaires. Le 2.0 L Crdi, très coupleux à bas régime est particulièrement agréable à mener et les accélérations, loins d’être fulgurantes sont suffisantes pour dépasser les poids lourds empruntant le réseau secondaire sans ce soucier d’un manque de puissance. L’action de la boîte automatique à 8 rapports est douce et discrète et malgré la présence de différents modes de conduite, nul besoin d’actionner le mode “Sport” dès lors que vous envisagez un dépassement. La direction est elle aussi parfaitement calibrée et ne souffre d’aucune remontée de couple intempestive ou tremblement issu du bloc Diesel dont la rugosité se fait quelque peu sentir lors des phases d’accélération. Le comportement est tout à fait admirable, un roulis mesuré efface toute sensation “d’écrasement” des amortisseurs même en virage serré et évite un ballotement désagréable pour les passagers. 

Son domaine de prédilection reste toutefois l’autoroute. A 130 km/h, les bruits aérodynamiques brillent par leur absence tandis que la consommation se maintient à environ 7 L. Plutôt pas mal pour ce gros bébé de quasiment 2 tonnes à vide avec 3 adultes à bord. La position de conduite dominante convient parfaitement à l’exercice et le réservoir de 71 L autorise une autonomie avoisinant les 900 kms, essentielle pour les voyageurs au long court. Le Seat Tarraco ne propose lui qu’un réservoir un peu juste de 60 L. Finalement je m’en tire avec une consommation moyenne de 7.2 L / 100 kms pour cet essai comportant un beau parcours autoroutier, pas mal de routes secondaires mais aussi 2 bonnes centaines de kms en urbain. Je m’étonne 

Un outsider à prendre au sérieux

Avec de beaux arguments à faire valoir tels que : son habitabilité, son équipement pléthorique, sa sobriété, sa grande autonomie ou encore son comportement routier, le Santa Fe de 4me génération constitue une alternative intéressante face à un Seat Tarraco ou encore un Skoda Kodiaq certes plus valorisants en terme d’image. La faiblesse principale du Santa Fe réside toutefois dans son offre unique face à des concurrents aux multiples facettes selon les besoins des utilisateurs. A 51 900 €, le prix peut en effet en rebuter plus d’un, surtout que le diesel n’a plus tellement la cote ces dernières années. Il démontre pourtant ici tout son potentiel dans une utilisation adaptée. Ajoutez à cela une garantie de 5 ans, kilométrage illimité, et c’est la tranquillité assurée au volant de ce nouveau grand SUV.

En quelques chiffres

Dimensions : 4770 x 1890 x 1710 mm
Poids à vide : 1965 kg
Volume coffre : 547 L
Volume réservoir : 71 L
Consommation mixte annoncée : 6.1 L / 100 kms
Rejet CO2 moyen annoncé : 157 gCO2/km
Cylindrée : 1995 cc
Puissance max : 185 ch au régime de 4000 trs/min
Couple max : 400 Nm au régime de 1750 trs/min
Vitesse max : 197 km/h
0 à 100 km/h : 10.3 sec

Prix : à partir de 51 900 €
Malus 1er janvier 2020 : 5 715 €

Crédits Photos : Maurice Cernay