Rétromobile a ouvert la saison 2020 et, comme souvent, ce fut un enchantement ! Cette année aura été un peu particulière pour nous. Nous avons eu l’honneur de faire partie des coups de coeur du salon. Conséquence directe : nous vous avons fait gagner des places via nos compte Facebook et Instagram. On espère que les gagnants en auront bien profité !

Rétromobile a 1000 facettes. Beaucoup se retrouvent dans l’exposition de voitures à moins de 25 000€ du hall 3, dans l’esprit des éditions originales. D’autres apprécient l’exposition thématique qui, cette année, a mis à l’honneur Bertone et ses concepts des années 70 et 80. Certains ne viennent que pour les pièces détachées nécessaires à l’achèvement de leur projet de restauration. Quelques uns ne dépassent même pas les allées des libraires et marchands de miniatures, magasin de jouet immense pour grands enfants.

Pour ma part, Rétromobile est l’occasion d’admirer les automobiles les plus rares, intéressantes, porteuses de sens. Aucun autre événement français ne peut produire un tel plateau. Oui, on peut ergoter sur le caractère hautement élitiste de la manifestation et l’odeur de spéculation qui parfois traîne dans les allées. Mais très franchement, est-ce une raison valable pour ne pas rêver devant tant de trésors ?

L’empire des marchands

Faire une liste exhaustive est tout bonnement impossible. Faire une liste condensée relève déjà du travail de forçat. Pensez-donc : certains ont compté 19 Mercedes 300 SL et 11 Lamborghini Miura. Vertigineux. Que dire alors des emplacements réservés par les plus grands marchands d’Europe ? Max Girardo n’est présent que depuis 3 ans. Il nous cette année offert un alignement qui aura fait tourner les têtes avec 4 supercars Ferrari et une Maserati MC12 Corsa. Cerise sur le gâteau, la Ferrari Enzo était Grigio Alloy, seuls 2 exemplaires sont sortis des lignes de Maranello dans cette teinte. Sublime.

Quant à Simon Kidston, après une première fracassante à base de Miura SVJ, il a de nouveau imaginé un stand grandiose. Quelques modèles emblématiques étaient visibles dont une Ferrari 250 MM avec sa plaque 59 d’origine. Ah oui, il a également recréé le stand Aston Martin du Salon de Genève 1961, fleurs y compris. La voiture ? Oh, juste une des 19 DB4 GT Zagato produites. Pas une nouvelle, qui, selon notre ami Simon, ne serait qu’un amoncellement de métal. Non, une authentique qui, toujours selon Simon, possède une âme.

Les habitués Fiskens, Hüni, Heintz, HK Engineering, Schuette n’étaient pas en reste. Les nombreux amoureux d’Alfa Romeo auront eu le souffle court devant le parterre de modèles rares dominé par la 2000 Sportiva. Il n’en existe que 2 exemplaires coupés dans le monde.

Touring nous a gratifé d’une Sciàdipersia cabriolet, pas trop dans le thème mais qui sera amenée à écumer les concours dans une trentaine d’années. Une fois que la terre entière aura oublié cet exercice de style produit en série très limitée.

Bugatti est désormais un habitué, au stand plus modeste que Renault, Porsche, Citroën ou FCA mais toujours bien achalandé. Cette année, un client fidèle aura prêté les 3 voitures : une authentique Type 35, une Veyron GrandSport (la toute dernière Veyron produite, très jolie configuration) dont la couleur est issue de la type 35 et une EB110 un peu hybride (moteur de GT mais style de SS, version Dauer).

La vitrine des enchères

Les maisons de vente étaient également de la partie. Artcurial bien sûr qui assure le show traditionnellement avec quelques beaux modèles. Mais Hervé Poulain n’avait pas de tête d’affiche spectaculaire à laquelle nous avions été habitués. D’autres présentaient quelques modèles qui seront mis en vente dans les mois à venir : Osenat et sa (très jolie) Miura verte, RM Sotheby’s mais surtout Gooding and Co. Les californiens avaient dans leur besace une autre Aston Martin DB4 GT Zagato (!), une Miura SV d’or et surtout une Bugatti Type 59 dans sa patine, absolument remarquable. Parlons gros sous : on frôle aisément les 20 millions de dollars pour ce petit rassemblement sur 10m2. Overdose assurée.

Bugatti Type 59

Juste en face, l’éditeur du livre “110%” avait vu grand avec un stand franchement très beau. Les 2 EB110 de course existantes étaient là, Romano Artioli et même les officiels Bugatti en visite lors de la soirée d’inauguration également.

Le mythe McLaren F1

Tout le monde garde un souvenir ému des voitures de son adolescence, la période de référence pour beaucoup d’amateurs automobiles. Je pense l’avoir déjà dit il y a 2 ans et l’an dernier. L’âge faisant, cette période devient de plus en plus compatible avec l’esprit Rétromobile. Les voitures de mes rêves débarquent en force.

Entre F50, EB110 et CLK GTR, la McLaren F1 a sa place tout en haut dans la hiérarchie de mon coeur. Je prends les paris, je ne suis pas le seul. Alors, quand Richard Mille a annoncé que “plusieurs” exemplaires seraient présents sur son stand, j’ai levé un peu plus qu’un sourcil. 4 voitures étaient finalement exposées ! 2 version GTR de 1995 (#01R et #05R), une GTR de 1997 (#020R) et une version route (#069). Si la présence de la voiture #01R n’est pas vraiment une surprise, n’oublions pas que cette auto à forgé la légende de la F1 en 1995.

Un salon finalement trop ?

Je viens d’évoquer un certain nombre d’automobiles marquantes de cette édition 2020 de Rétromobile. Je n’ai probablement pas couvert dans ce billet plus de 5% de ce qu’il y avait à admirer. De là à conclure que Rétromobile est devenu trop grand, il y a un pas immense que je ne franchirai pas. Le salon est au contraire l’une des références mondiales pour l’exposition et la vente de voitures anciennes d’exception, tout en conservant une place pour l’amateur nettement plus modeste. La McLaren F1 attire les foules, donne de la visibilité aux exposants. Les halls annexes permettent à chacun de vivre une passion. Passion qu’il est parfois difficile d’assumer dans notre beau pays, alors réjouissons-nous du succès de Rétromobile quand tous les salons meurent les uns après les autres.

Crédit photos : Ugo Missana, Régis Krol, Pierre Clémence