A l’image des poupées russes, Volvo décline sa gamme du plus grand au plus petit depuis l’annonce du XC90 en août 2014. Cependant, il s’agissait de modèles connus, reprenant les noms d’anciens véhicules de la marque. Le Volvo XC40 est en revanche un nouveau venu au sein de la gamme, c’est la toute première fois que la marque s’essaye au SUV compact. Compte tenu du marché actuel, il était grand temps.

Un design extérieur rafraichissant

Le design extérieur de la gamme Volvo est désormais connu et plutôt apprécié. A l’image de certaines marques germaniques, Volvo aurait pu laisser ses designers partir en vacances et se contenter de faire un mini XC60. Comme vous le constatez, ce n’est pas le cas. Si on retrouve en effet les codes stylistiques de la marque, le Volvo XC40 a bénéficié d’un petit coup de frais qui lui va à merveille. La ligne de caisse, très haute, donne une impression de sécurité fort appréciée et même recherchée sur ce segment. Les lignes sont plus tendues et dynamiques pour ce SUV compact donc la clientèle devrait se rajeunir.

Plus grand qu’il n’y parait, le Volvo XC40 est dans la moyenne de la catégorie avec 4,42 m de long, 1,86 m de large et 1,65 m de haut. Cela lui permet une belle habitabilité, les plus grands n’auront pas de mal à se loger à l’arrière. Le coffre conserve 460 litres de volume de chargement, pouvant s’étendre à 1336 litres avec la banquettes rabattue. C’est peu ou prou similaire à l’Audi Q3 mais le BMW X1 reste bien en tête avec respectivement 505 litres et 1550 litres.

En Volvo XC40, roulez confort

A la lueur des châssis germaniques, on s’est plutôt habitué à une tendance dynamique. Pourtant, qu’il est bon de rouler dans un certain confort. Le Volvo XC40 et sa nouvelle plateforme inédite CMA en est la preuve. Lové dans de magnifiques et confortables sièges au maintien plus que correct, ce nouveau venu sait absorber les irrégularités de la route avec brio. Volvo nous démontre ici qu’un bon vieil amortissement passif (NDLR l’amortissement actif n’existe pas sur ce XC40) vaut bien des amortissements actifs. A ce titre, le choix des différents modes de conduites n’agira que sur le moteur, la boite et la direction. D’ailleurs, cette dernière est douce et agréable à défaut d’un rayon de braquage suffisant.

Ce n’est pas une raison pour croire qu’il est apte à ce vautrer à chaque virage, du tout ! Mais lorsque le rythme va augmenter, maman/papa pressé va vite sentir que ce n’est pas là sa qualité première. Vous pourrez opter pour la finition R-Design qui offre un châssis plus ferme tout en restant confortable. Mais ce n’est pas cela qui rendra le Volvo XC40 aussi dynamique qu’un BMW X1. A noter que le confort de roulage s’accompagne d’une excellente insonorisation.

Une offre moteur qui va s’étoffer

Coté moteur, nous n’avons pu essayer que le D4 de 190 chevaux et 400 Nm de couple. Sans être un grand moteur, il convient parfaitement au Volvo XC40 en terme de puissance et d’agrément. On lui reprochera d’être sonore lorsqu’il est un peu sollicité. Homologué pour une consommation de 5l/100km en cycle mixte, comptez plutôt sur un bon 7.5l/100km avec une utilisation normale. La boite automatique 8 rapports Geartronic ne souffre d’aucune critique, elle est réactive et agréable.

Au lancement, seuls le D4 (diesel) essayé et le T5 (essence) de 247 chevaux seront disponibles. Uniquement accompagnés d’une boite automatique et des quatre roues motrices. Les boites manuelles et les versions deux roues motrices arriveront plus tard. Un inédit trois cylindres essence (T3) de 150 chevaux arrivera dans la foulée ainsi qu’un D3 de la même puissance. Volvo n’oublie pas les motorisations électriques et hybrides, ce dernier devrait arriver courant 2019. On regrettera, comme chez ses grands frères, une lacune en terme de grosses cylindrées.

Un intérieur haut de gamme

Un point dont je n’ai pas encore parlé, c’est le positionnement de ce Volvo XC40. Aucune ambiguïté, il souhaite être aux cotés des références allemandes et non juste une alternative. L’intérieur est généralement juge de paix et une faute à ce niveau serait rédhibitoire. Le Volvo XC40 ne fait pas d’erreur. Les finitions sont au niveau des standards, tout comme la qualité des ajustements. Le volant est bien dessiné, les aérateurs verticaux font leur effet et les inserts innovent au niveaux des motifs.

Le design suédois fait son effet, tout a été bien pensé. Un appui de quelques secondes sur le bouton de l’écran central permet de le désactiver pour le nettoyer. Un appui bref une fois propre et il se réactive. Au rang des petites innovations qui font plaisir, une corbeille a été logée au niveau de l’accoudoir central. Amovible, vous pouvez la vider facilement.

Mais cela ne s’arrête pas là. Les rangements sont vastes et nombreux. Les bacs de portière, gainés de moquette, ont une contenance énorme. Le vide poche central pourra accueillir les plus grands smartphones du marché, en plus d’être compatible avec la recharge à induction. Si d’aventure vous manquez encore de place, il reste les portes gobelets. Dans le coffre, soulevez le plancher et vous trouverez d’autres petits rangements et même une roue (galette) de secours.

Alors parfait cet intérieur ? Presque. L’accoudoir central n’a d’accoudoir que le nom. Il n’est pas réglable en hauteur, il est donc totalement inutile…

Des technologies d’avant garde mais…

La réputation de Volvo en terme de sécurité active n’est plus à faire. Avertisseur d’angle mort, freinage automatique d’urgence, régulateur de vitesse actif, alerte de franchissement de ligne et tout un système d’aides qui peuvent agir sur le volant en cas de risque d’accident. Additionnés, ces aides font du Volvo XC40 une voiture semi-autonome. La plupart sont intégrées de base, même sur la toute première finition ! Revers de la médaille, il peut arriver que les bib deviennent envahissant surtout lors des manoeuvres.

Au niveau du système multimédia, le bas blesse. Il est réactif mais l’interface n’est pas à la hauteur de la concurrence. Peu intuitif, on s’y perd vite. La connexion bluetooth m’a pris un temps certain et je ne suis pas le seul. Une certaine unanimité s’est aussi retrouvé en ce qui concerne le GPS, catastrophique. Cela aura au moins eu le mérite de nous faire découvrir quelques passages étroits, soulignant la maniabilité de ce Volvo XC40. Enfin, j’ai été un peu critique sur le système son Harman Kardon. Mais, au prix de l’option (690€), je me ravise et c’est sûrement la première chose à cocher.

Enfin, le Volvo XC40 a un pied dans la dématérialisation, à l’image de Volvo On Call. C’est une application qui permet différentes actions sur sa voiture comme la retrouver sur un parking : « Zut, parking rouge ou vert ? Place 265 ou 562 ? », recevoir une alerte si l’on a oublié de verrouiller sa voiture et réparer cette erreur depuis l’application, envoyer une destination au GPS… L’application peut aussi être une sécurité, en cas d’accident une plate-forme d’assistance demande au conducteur si tout va bien et envoie les secours au besoin.

Au sein de Volvo On Call, on va aussi retrouver Volvo Car Sharing qui permet de partager sa voiture avec des proches à certaines conditions. Ainsi, le proche peut déverrouiller la voiture via un lien communiqué par le propriétaire et accéder à une clé particulière (rouge) dans la voiture, qui s’active. Cette clé se désactive une fois la plage horaire dépassées.

Une alternative sérieuse

Ce Volvo XC40 est clairement une alternative intéressante et valable aux références germaniques. Plus encore, c’est un nouveau venu qui propose une offre différente et rafraichissante. Avec un prix de lancement de 45 100 € pour le D4 de 190 cv avec boite automatique et 4 roues motrices, il est presque 2000€ plus cher qu’un BMW X1 de base par exemple. Sauf que le Volvo XC40 arrive avec un équipement de base conséquent et surtout très sécuritaire. Même en jouant avec le catalogue des options, le prix ne devrait pas s’envoler à la différence de ses concurrentes.

Pour conclure, ce Volvo XC40 nous a fait très bonne impression. Son comportement moins dynamique et son confort sont des atouts pour les gros rouleurs ou pour ceux qui veulent soigner leurs passagers. L’extérieur est bien dessiné et innovant. L’intérieur est un nid douillet qui plus est pratique, dans lequel on passe un agréable moment. On ne pourra lui reprocher que son système multimédia en retrait et surtout son GPS dans les choux (mais qui se sert encore du GPS interne ?). Lors de l’achat d’un SUV compact premium ne passez pas à coté de ce Volvo XC40, ça serait une grosse erreur.

Remerciements à Volvo pour l’organisation de cet essai et à Marc Debord pour sa disponibilité