Après quatre ans d’existence, le X4 se refait une beauté : plus grand, plus logeable, plus pratique, il ne renie pas sa forme de SUV Coupé. On l’a essayé en version 30i de 252 chevaux.

  1. C’est quoi ?

Bonne question ! A laquelle je serais tenté de répondre par une autre question : est-ce que le style fait vendre ? Normalement, oui. Donc, ceci est un BMW X4, le nouveau. Néanmoins, quand il se vendait un (ancien) X4, BMW parvenait cependant à faire sortir trois X3 des show-rooms. La loose ? Pas du tout, car ça fait quand même 200 000 X4 produits en 4 ans (dont 10 000 vendus en France), pas mal pour une auto qui a obligé la concurrence à réagir, avec notamment le Mercedes GLC Coupé et le Porsche Macan, si l’on considère les motorisations hautes.

Donc, nous y voilà, devant cette nouveauté : tout en restant fidèle à sa ligne, le X4 prend à la fois du muscle et de la finesse. Muscle à l’avant, avec une calandre encore plus impressionnante, et des proportions générales en hausse (plus long de 81 mm, plus large de 37 mm), et finesse à l’arrière avec des feux mieux intégrés, et muscle, à nouveau, avec la double sortie d’échappement et le petit becquet de toit. Certes, le design reste toujours un peu clivant, mais je trouve que ce nouveau modèle est plus réussi que le précédent.

  1. Et à l’intérieur ?

A l’intérieur, l’aménagement est conforme à ce que l’on attend d’une BMW, mais la qualité de construction a progressé, tout comme l’espace sur la banquette arrière ainsi que la garde au toit, tandis que le coffre est correct avec 525 litres (donc, il ne rend que 25 litres à celui du X3, une paille !). Bref, sur tous ces points, le X4 progresse et fait en sorte que ceux qui préfèrent son look tranché par rapport à celui d’un X3, plus classique, n’en subissent pas le revers d’une manière ou d’une autre au quotidien… Et ça, c’est déjà une bonne nouvelle.

  1. Et sous le capot ?

On ne va pas dire que c’était mieux avant : déjà à son lancement, une seule motorisation essence avait droit au 6 cylindres : la M40i qui tartinait ses 360 ch et 465 Nm de couple. Sympa. Le X4 mkII, forcément, évolue : la puissance stagne, mais le couple passe à 500 Nm. Par contre, un cran en-dessous dans la hiérarchie, le 28i du MkI passe au 30i de mon MkII d’essai : j’y gagne à tous les niveaux, avec un 4 cylindres de 1997 cm3qui sort 252 ch et 350 Nm contre 245 ch mais déjà 350 Nm. Du coup, les perfs y gagnent-elles ? Un peu : le 0 à 100 était couvert en 6,4 secondes avec le 28i, il descend en 6,3 avec le 30i, qui pointe à 240 km/h contre 232 km/h sur le 28i, merci au nouveau profilage. On va se dire la vérité : c’est peanuts. Pour être complet, la gamme du nouveau X4 comprend aussi une motorisation 20i (184 ch, 290 Nm) en essence, ainsi que 4 diesels : deux 4 cylindres (20d : 190 ch, 400 Nm ; 25d : 231 ch, 500 Nm) et deux 6 cylindres (30d : 265 ch, 620 Nm ; M40d : 326 ch, 680 Nm). Hiérarchie oblige, on notera avec satisfaction que le X4 se passe des motorisations d’accès (18d) pourtant dispo sur le X3.

On va se dire une autre vérité : moi qui ai possédé trois véhicules avec les sublimissimes straight-six de BMW (un 20i, un 28i et un 35i), j’ai quand même du mal à admettre que, désormais, ce monogramme 30i sur la malle soit synonyme d’une motorisation certes efficace, mais plus linéaire et moins volubile. Je souffre terriblement d’un mal moderne : la nostalgie.  Je sais : je suis un vieux con. Tiens, dans cette déprime conceptuelle, je me réjouis de voir que la prochaine version « e » du X5 fasse de nouveau appel à un six cylindres ! Les petites joies nourrissent les grands bonheurs.

  1. Merci de nous épargner tes états d’âme. Ça fait le job, sinon ?

En vérité, le 30i fait le job, évidemment. Accouplé à la boîte auto ZF à 8 rapports, il est souple, doux à bas régime, assez silencieux, réactif à la demande, bref, le parfait compagnon du daily driver. Il est bien fourni en couple à mi-régime, ne rechigne pas à prendre les tours, et les modes de conduite ont un vrai impact sur le caractère de l’auto…

A l’intérieur, c’est évidemment mieux maintenant : position de conduite parfaite (un atavisme BMW depuis 4 décennies !), instrumentation lisible et toujours orientée vers le pilote, on apprécie la modernité faite d’excellents sièges, d’une insonorisation parfaite, d’un info-divertissement facile à appréhender avec un écran tactile, tandis que le Control Gesture fait toujours son petit effet au moment de prendre un appel ou de faire varier le volume de la radio d’un négligé geste du doigt (bien placé sous le bon capteur). Et j’ai trouvé que son fonctionnement était plus précis depuis la première fois où j’ai eu l’occasion de le tester, dans l’essai de la dernière génération de 730Ld xDrive.

  1. Côté tenue de route ?

De fait, le nouveau X4 multiplie les qualités : facile, efficace, confortable, doté d’une belle tenue de route tout en étant très neutre (et en fait, pas si communicatif que ça), mais s’il est ferme, il n’est jamais cassant et vire quasiment à plat, sans roulis, ce qui reste respectable pour un engin de ce type. Évidemment, avec le pack M Sport, « mon » X4 30i ne donne pas dans le genre édredon (« David ») douillet (désolé !), Il n’empêche : j’ai essayé de prendre ce X4 30i en défaut, sur des départementales tourmentées et c’est dur. Le X4 est précis, motrice dur, tout est bon ; les fans de technique seront ravis d’apprendre qu’à motorisation égale, le nouveau X4 a perdu 50 kilos par rapport à la précédente génération. Comme j’ai fait mon coming out et que j’ai admis publiquement que j’étais un vieux con, je regrette malgré tout un petit manque de sensations. C’est efficace, collé par terre, ça va vite, même trop vite pour notre beau monde moderne perricho-radar-barbisé, mais ça ne m’a pas mis les tétons qui pointaient, notamment à cause d’une sonorité qui n’a rien de vraiment enthousiasmant (du moins en mode de conduite enthousiaste, car en « bon père de famille », le 2 litres est quasiment imperceptible) . Je vais donc économiser pour m’acheter le M40i et le faire chanter, voilà une bonne idée…

  1. Tiens, puisque l’on parle de caillasse…

C’est simple : le 20i débute à 50 700 € et le 30i à 56 400 €. Pour le M40i, il faudra a minima 77 200 €. En Diesel, le 20d débute à 54 900 € et le M40d est à partir de 76 200 €. Dans le cas de mon X4 d’essai, il fallait ajouter la finition M Sport (+ 8100 €), les belles jantes et pas mal d’options, pour un engin qui sortait à 80 000 € au final. Côté conso, la valeur officielle mixte est de 7,3 l/100, mais en réalité, à l’issue d’un essai certes assez dynamique je m’en tire à 11 l/100. Voilà ce qui se passe quand on fait trop chanter le turbo à double entrée !

Crédits photos : Benoît Meulin (© Blue Door Prod), beaucoup, & GL, un tout petit peu