Porsche 911Quand le seul dilemme de la journée c’est hésiter entre la Porsche 911 Turbo « Bleu Miami » ou la Porsche 911 Turbo S (blanche).. on ne peut pas parler d’une journée difficile. 

Comment résumer deux jours à essayer plusieurs modèles de la dernière 911 de Porsche en évitant de se faire massacrer à la moindre faute par Régis ou Jean-Baptiste qui sont nos experts maison de la marque (même si je soupçonne JB d’être encore plus incollable à propos de Tesla) .. Bon je me lance.

Certains illuminés auraient peut être refusé le voyage mais je ne bois pas de ce vin là : l’appel de l’essence et d’une marque légendaire n’ont pas manqué de me faire accepter. Je sais ce que vous vous dites, emplis de compassion : le pauvre, c’est dur. MERCI.

C’est fou comme notre sens du sacrifice nous dépasse parfois et on en vient à accepter ces difficiles voyages.

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C’est au cours de quelques 24h dans le Lubéron que j’ai pu conduire – plus longuement que par le passé – non pas une mais des 911.

Sujet de discorde entre les fans conservateurs, parfois intégristes, à qui déplaisent fortement le Cayenne, la Panamera, le Macan, les Diesel, les Turbo et tout ce qui a 4 roues motrices. Et certains regrettent aussi l’électronique qui a une place grandissante dans nos voitures mais qui semble les déposséder de leur identité.

Même si je n’ai pas conduit les générations de Porsche qui en sont dépourvues (ce n’est pas l’envie qui manque, si j’avais un garage j’y mettrais une belle ancienne), les kilomètres parcourus dans différentes versions de la mythique 9-1-1 m’ont convaincu qu’à Leipzig, tout n’avait pas disparu, loin de là.

Porsche_911_2016_Gonzague-23Bref tout content j’étais de pouvoir me mettre derrière ce fameux volant quelques mois après avoir fait 500 km dans la Porsche Boxster S d’un ami.. qui déjà m’avait fait bonne impression. Ce voyage je l’ai fait en partageant le volant avec Guillaume dont vous pouvez retrouver un des articles ici.

Le dernier mot de l’atmo

Ce qui fait l’essence et la renommée de la 911 dont on atteindra bientôt le million d’exemplaires vendus c’est son moteur « flat six atmo » (six cylindre à plat atmosphérique) placé à l’arrière de la voiture.. n’y cherchez donc pas le coffre. Avec la 911 Phase 2, on dit justement adieu à l’atmosphérique puisque la voiture se retrouve équipée de turbos. C’est ça qui fait hurler dans le milieu Porschiste.

Comme la gamme de 911 est plutôt large un petit récapitulatif n’est pas de trop, elle existe dans les versions suivantes :

  • Carrera – 3L – 370 chevaux – Boite méca ou PDK
  • Carrera S – 3L – 420 chevaux – Boite méca ou PDK
  • Carrera 4 – 3L – 370 chevaux – 4 roues motrices – Boite Méca ou PDK
  • Carrera 4S – 3L – 420 chevaux – 4 roues motrices – Boite méca ou PDK
  • Turbo – 3.8L – 540 chevaux – 4 roues motrices  – PDK
  • Turbo S – 3.8L – 580 chevaux – 4 roues motrices – PDK
  • GT3 – 3.9L – 475 chevaux – PDK
  • R – 500 chevaux – Boite méca
  • GT3 RS – 4L – 500 chevaux – PDK
Porsche 911 - Gamme

Image tirée du site

Selon les motorisations vous pouvez l’avoir en coupé, cabriolet ou targa. La plus abordable des Porsche commence à 98 975 euros TTC en France ce qui .. n’est pas abordable pour mon porte monnaie .. mais ne m’empêche pas de rêver.

Comme on le voit, beaucoup de modèles dispos en PDK c’était aussi la configuration que nous avions sur les voitures essayées. PDK veut dire Porsche Doppelkupplung, 3 points gagnés au Bac d’Allemand si vous arrivez à placer l’acronyme quelque part et en français ça se traduit surtout par une boite de vitesse à 7 rapports qui est robotisée ET à double embrayage. L’avantage? C’est rapide, et le septième rapport permet des économies de carburant.

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Nous avions à l’essai pas mal de modèles dont la Carrera 4S, la Turbo et la Turbo S .. la Turbo S étant un peu ma chouchou (et si je devais/pouvais choisir ça serait une Targa 4S que je trouve divine).

Au volant nous trouvons aussi le sélecteur de modes de conduite marqué O/I/S/S+ pour Normal / Individual / Sport / Sport + et qui – lors d’un appui sur sa partie central vous donne 20 secondes de couple en plus et gagner du temps sur le 0 à 100.

Porsche_911_2016_Gonzague-6Chance – ou bonne organisation de Porsche France – les routes du Lubéron sont excellentes pour profiter du châssis de ces 911.

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Visuelle.

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Ce sont les enfants dans les rues où nous passions qui  m’ont rappelé le symbole qu’incarne cette auto. De les entendre dire à leurs parents « regarde la Porsche! » me parait prouver que le look des véhicules allemands n’a pas radicalement changé, en tout cas pas suffisamment pour les rendre méconnaissables. C’est vrai qu’entre 1963 et maintenant seule la Porsche 996 lancée en 1998 avait perdu les phares ronds, cédant la place à un design peu apprécié nommé ‘oeuf sur le plat’ par ses plus fervents .. critiques.

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Porsche se targua (ahahah pardon je sais, aucun humour)… ou se targue d’avoir gardé des principes de design identiques depuis des années: une voiture au look simple, sans chichis. Efficace.

Ça tombe bien c’est aussi ce que l’on ressent au volant.

Côté look, la transition se fait donc en douceur sur ce dernier modèle où à l’arrière les feux sont plus tranchants que sur la 997, la prise d’air arrière est désormais en lames verticales au lieu du contraire sur les précédentes variantes, la voiture grandit aussi et perd en poids. On pourrait presque jouer au jeu des 7 différences tant les changements sont subtils.

3.2.1 .. grrrrr

Un petit tour de clef, à gauche du volant, ça perturbera les nouveau et le compteur s’anime en même temps que le moteur. Juste assez de temps pour vous mettre l’eau à la bouche.

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Enfin l’eau. Au prix du litre d’essence, c’est de l’eau de luxe et surtout si on adapte une conduite sportive, qui fera indéniablement augmenter la consommation. C’est d’ailleurs la sévérité des normes de CO2 qui a poussé Porsche à passer au Turbo qui permet de diminuer la cylindrée et les émissions de particules.

La sonorité de l’auto est réjouissante peu importe la version du moteur. Evidemment les modèles les plus sportifs ne font qu’augmenter la sensation.

Les premiers kilomètres parcourus en Carrera S « Coupé » m’ont laissé une bonne impression d’une voiture versatile et à la personnalité « configurable ». En ville, pas besoin de faire rugir le moteur & crier les échappements, le mode Normal se suffit.

On peut profiter du Porsche Active Safe, le régulateur de vitesse adaptatif (option disponible avec la boite PDK), et de l’assistance angles morts, de la lecture des informations de vitesse ainsi que d’assistance au stationnement (la voiture ne se gare pas seule cela dit).

En tout cas à bord la technologie est présente [selon les options que vous prendrez] avec par exemple un logement pour smartphones dans la console centrale, le Porsche Communication Management est lui de série (sur les Turbo), gérant au doigt et à la voix le GPS, le multimédia..

Les plus technophiles de la bande auront peut être envie d’essayer Apple CarPlay.. personnellement je trouve que ce n’est pas encore au point mais là ce n’est pas du tout la faute de Porsche, c’est plutôt la conception de la chose par Apple qui mérite d’être perfectionnée.

Ajoutez à ça la possibilité d’avoir le WiFi, le Bluetooth, Porsche Connect & Connect Plus.. la marque se veut au niveau de ses concurrentes sur l’aspect modernité même si la priorité c’est le plaisir de conduire !

Cheveux au vent

Tant que j’ai des cheveux, j’en profite pour les faire respirer. Le tout en transmission intégrale. Oui, c’est l’heure de la Carrera 4S Cabriolet :

Comme vous pouvez le voir sur les photos, le temps ne se prêtait pas tant que ça à rouler en décapotable mais nous n’allions pas nous laisser abattre par ce petit détail.

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Le résultat ? C’est agréable d’écouter 420 chevaux (ahah sans blague..) Parfois c’est le vent qui chatouille nos oreilles, parfois c’est la cavalerie qui nous réveille. Dur de se lasser. Ça me fait penser qu’on est en Juin et que la météo continue à nous jouer des tours.. Bref, côté aérodynamique la voiture s’en sort bien on n’a pas l’impression d’être au milieu d’un typhon à 130 km/h, je crois que c’est ce qui compte.

La finition extérieure de cette « Cab » est discrète et élégante, couleur passe partout qui plaira aux propriétaires de voitures utilisant leur 911 au quotidien comme beaucoup semblent le faire.

Pause galinette cendrée

Porsche_911_2016_Gonzague-35 Porsche_911_2016_Gonzague-36Aucun rapport avec la voiture mais notre parcours était assorti d’une pause « truffe » où nous avons observé un chien truffier et son maître à l’oeuvre.. l’odorat de certains animaux n’a de cesse de m’étonner.

Retour aux chevaux mécaniques !

Porsche_911_2016_Gonzague-37La très sportive Turbo S vient achever mon cœur, mon porte-monnaie et également mon budget pneumatiques. Avec des roues de la largeur d’une autoroute américaine, un son guttural et ses 580 chevaux, le mot ennui ne fait pas partie du programme.

Et – chance – il semble que la meilleure partie de la route se fasse pour nous dans ce modèle. Enchaînement de lignes droites, de « S », courbes surprenantes et excitantes à souhait.

La Turbo S et sa transmission intégrale est tout simplement d’une efficacité diabolique, qui semble impossible à prendre en défaut.

A vous en faire aimer les virages

Ci-dessus, un élément qui - quand il doit être changé - fera plaisir à votre concessionnaire

Ci-dessus, un élément qui – quand il doit être changé – fera plaisir à votre concessionnaire

Entendons nous, l’autoroute c’est chiant. Les petites routes de campagne, ça c’est sympa. Et la 911 Turbo S vous fera aimer les virages et les détours. Peu importe la distance à abattre : on se fait plaisir au volant et c’est là que je me dis « oh oui cette voiture a une âme ». La transmission intégrale n’enlève rien au plaisir de conduire et au dynamisme : la qualité du châssis avec l’usage du mode Sport + ainsi que la possibilité de désactiver le PSM (Porsche Stability Management) laissent amplement à la 911 la possibilité de vous amuser.

Je crois – faute avouée à demi pardonnée – que je n’avais jamais roulé aussi vite dans un virage.

Porsche_911_2016_Gonzague-39C’est communicatif, pas piégeur et plein de remontées : malgré la très grande puissance de la voiture, pas de mauvaises surprises et une direction très précise. Bref c’est donc possible de faire une voiture moderne qui « raconte » encore ce qui se passe sur la route, pas aseptisée au point d’en devenir ennuyante.

Porsche_911_2016_Gonzague-41Le moteur au son guttural est accompagné – de série – du PASM ainsi que des freins céramiques, des jantes à 7 doubles rayons.. ça en jette bien notamment avec l’écrou central.

Porsche_911_2016_Gonzague-43Niveau design, l’aileron ne passe pas inaperçu non plus et est utilisé par le programme Porsche Active Aerodynamics qui change la position du spoiler avant (eh oui, monsieur est caché sous l’avant de la voiture) et de l’aileron arrière selon 3 positions : 1) totalement rentrés pour réduire le risque de frottement dans un garage, un trottoir etc 2) Speed au dessus de 120km/h en déploiement partiel et 3) qui se déploie avec le bouton dédié ou en mode Sport Plus ce qui fait pivoter l’aileron à son maximum pour augmenter l’appui de la voiture.

Pour cette merveille Turbo S Coupé, prévoyez – au minimum – 206 135 euros TTC sans les diverses options qui pourraient venir compléter la bête.

Je crains devoir la contempler en photo encore quelques temps alors je vous laisse sur une galerie photo pendant que je cours économiser !

Merci Porsche et les filles de chez Pascale Venot !