Essai Suzuki Across hybride rechargeable

Essai Suzuki Across hybride rechargeable : la plus puissante de l’histoire !

Il y a quelques années, Suzuki annonçait un partenariat avec un grand spécialiste de l’hybridation, Toyota. Rapidement, deux modèles ont été présentés au public : la Swace basée sur la Corolla et l’Across basé sur le RAV4. C’est ce dernier qui est à l’essai aujourd’hui…

Avec votre œil d’expert, vous avez forcément remarqué que seuls quelques légers détails de style diffèrent entre le célèbre Toyota RAV4 et ce tout nouveau Suzuki Across. Le but pour le « petit » constructeur japonais n’étant pas de développer une auto de A à Z, mais de respecter la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy), imposant aux constructeurs un seuil d’émission de CO² moyen à ne pas dépasser, soit 95 g/km.

Partant de ce principe, presque toutes les pièces de carrosserie sont identiques. L’arrière et le profil n’apportent aucun changement, même les jantes n’ont pas subi de modifications. Hormis les logos évidemment. C’est du côté de la face avant qu’on pourra les différencier. Si les ailes et le capot restent inchangés, le bouclier avant quant à lui, est entièrement redessiné. Toutes ces petites astuces limitant ainsi drastiquement les coûts. Et bizarrement, pour ma part, la recette fonctionne mieux. Le Suzuki bénéficie en effet d’une bouche béante, offrant plus de prestance, tout comme les fausses prises d’air latérales qui le dynamisent. Son regard, arborant une signature lumineuse inédite, se voit affiné et redonne un coup de jeune à l’ensemble. Ce n’est pas, et de loin, le plus beau des SUV, mais grâce à cette livrée Sensual Red Mica il n’est pas désagréable à regarder.

En grimpant à bord, pas de surprise là non plus, tout est repris de son cousin. Le constructeur n’a pas du tout fait l’effort d’y apporter sa touche personnelle. Et c’est bien dommage. Pratique et ergonomique certes, l’intérieur est cependant sans saveur. On est loin des standards modernes en termes de design et matériaux. Même le système d’infodivertissement est dépassé. Bon, il y a absolument tout ce qu’il faut, et chaque chose y est bien placée. Donc dans l’ensemble on s’y sent bien à bord de ce Suzuki Across. Gros point positif en plus, l’espace y est vaste. Le conducteur et son passager sont accueillis comme des rois, mais pas seulement. À l’arrière, trois grands adultes pourront là aussi être aisément installés : les jambes, la tête, les épaules, pourront jouir de beaucoup de place. Le coffre de 490 litres pourra en plus permettre d’emmener pas mal de bagages, sans faire de miracle non plus pour la catégorie. 

Tandis que le RAV4 propose également un modèle hybride non-rechargeable, Suzuki a opté uniquement pour la version rechargeable. Il embarque donc un 4 cylindres essence de 185 ch et deux moteurs électriques (182 ch à l’avant et 54 ch à l’arrière), pour une puissance cumulée de 306 ch et 270 Nm de couple. L’ensemble faisant de l’Across la voiture la plus puissante de l’histoire de la marque.

Et au volant qu’est-ce que ça donne ? Passé le côté fun de l’impressionnant 0 à 100  km/h en seulement 6 secondes, l’engin devient rapidement un SUV tout ce qu’il y a de plus classique. Doux, réactif et confortable, il offre des trajets des plus reposants. On savoure forcément le silence global, même en pleine charge, où on remarque les forts progrès des boîtes CVT. La désagréable sensation de patinage, ou le moteur qui hurle à la mort, c’est presque fini ! Le savoir-faire de Toyota permet de rendre l’ensemble plus lisse et plus discret. Ajoutons à cela, un bon tarage des suspensions et il absorbe une bonne partie des irrégularités de la route ; même les dos-d’âne paraissent insignifiants. On apprécie alors grandement les longs trajets en sa compagnie et toute la petite famille n’est pas épuisée en arrivant à destination. En plus de ça, malgré ses 2 tonnes sur la balance, son architecture lui permet d’être relativement dynamique en raison d’une prise de roulis limitée. En effet, la batterie, placée sous le plancher, abaisse le centre de gravité et assure une tenue de route presque exemplaire sur sol sec. La transmission intégrale offerte par le second moteur électrique amplifie la sensation de sécurité, et, le très bon feeling ressenti dans la direction nous permet d’hausser le rythme avec plaisir.

Enfin, parlons chiffres. Avec sa grosse batterie lithium ion de 18 kWh, il fait mieux que la concurrence en tout électrique. Officiellement, il est homologué pour 75 km d’autonomie en cycle mixte WLTP, tablez plus sur 60/65 km dans la réalité. Puis, il continue de faire figure de bon élève en évoquant sa consommation de carburant. Batterie vide (en fait il reste toujours un peu d’énergie), il est difficile de s’envoler à plus de 8l/100 km ; et en mode hybride, on se stabilise facilement à 7 l/100. Excellent pour un tel gabarit et niveau de puissance !

Alors que le Toyota RAV4 hybride rechargeable débute à 49 750 € en finition Design, le Suzuki Across débute à 53 990 € sans aucun choix de finition. Et sans choix d’option non plus, il a déjà tout : caméra de recul, sièges cuir avant et arrière chauffants, volant chauffant, peinture métallisée, et j’en passe… Grâce à sa grosse dotation, il se rapproche plus de la finition Collection de son concurrent, affichée cette fois-ci à 58 100 € hors option. Ce qui fait de lui, une presque bonne affaire. En plus avec une émission de CO² homologuée à 22 g/km, vous échappez au malus et la carte grise est gratuite.

En s’offrant un premier véhicule hybride rechargeable, Suzuki cherche à conquérir une clientèle plus large tout en assurant ses engagements environnementaux. Avec un design légèrement plus flatteur et des compétences routières cette fois identiques, l’Across a toutes les cartes en main pour tirer son épingle du jeu.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)