Essai Suzuki Swift Hybrid CVT (boite auto)

Essai Suzuki Swift Hybrid CVT : toute douce.

Déjà plus de deux ans que vous plébiscitez régulièrement l’essai de la Suzuki Swift en boîte automatique. Avec la nouvelle Swift Hybrid CVT Pack Auto qui vient d’apparaître sur le marché, je ne pouvais pas résister à vous la présenter !

Évolution en douceur

Ce nouveau millésime ne change pas grand-chose. Une barre horizontale chromée fait son apparition sur la calandre, de nouvelles jantes sont proposées, tout comme la gamme de couleurs qui évolue. Et c’est tout. Mais avait-elle besoin de plus ? Pas vraiment… Toujours très mignonne, cette troisième génération de Swift apparue en 2017 était déjà bien née. Avec un style mélangeant classicisme et modernité, sa petite bouille continue de plaire au plus grand nombre.

L’intérieur quant à lui n’évolue pas du tout, et c’est ce qui pèche le plus avec cette Swift. L’ergonomie est toujours au top, elle est très facile d’utilisation, mais la présentation est de plus en plus vieillissante. Surtout face à une concurrence qui met aujourd’hui le paquet. Bien qu’on s’y sente à l’aise à bord, elle demanderait un petit coup de jeune et des matériaux moins raides. C’est notamment du côté de l’écran tactile ou de l’instrumentation qu’on remarquera son léger retard. Mais pour terminer sur une bonne note, tout ça est heureusement vite oublié avec un joli Apple CarPlay ou encore Android Auto. Bien sûr, mes goûts sur le plan du style ne gâchent en rien son côté accueillant, grâce à ses 4 vraies grandes places (et une 5ème d’appoint) on ne se sent pas étriqué. Cet espace offert aux passagers se répercute en revanche sur le coffre, qui conserve son petit volume de 265 litres.

Électrification douce

Pleinement lancé dans l’électrification légère de sa gamme, le constructeur propose désormais de l’hybridation sur chacun de ses modèles. La Swift évolue donc également en ce sens et se voit équipée du groupe motopropulseur de dernière génération. Le nouveau bloc essence atmosphérique à 4 cylindres Dualjet 1.2, appelé K12D en interne, devient plus efficient et est épaulé par le système SHVS (Smart Hybrid Vehicle by Suzuki). Ce dernier est composé d’un moteur électrique 12V et d’une batterie lithium-ion qui passe à 10 Ah, contre 3 Ah auparavant. Comme souvent, cette dernière se recharge en récupérant l’énergie cinétique lors de la décélération et le freinage, avant d’être utilisée en phase d’accélération ou au Start and stop.

Après vous avoir barbé avec la technique, voici ce que ça donne en ressenti. Avec seulement 83 ch et 107 Nm de couple (respectivement -7 ch et -13 Nm que précédemment), les chiffres ne plaident pas en sa faveur au premier abord. Pourtant avec le poids très contenu de 850 kg, ce n’est pas si catastrophique. Déjà parce qu’avec l’apport électrique (+50 Nm ponctuellement), la puissance est cette fois disponible dès les bas régimes, plutôt instantanément, et que les accélérations et relancent sont plus que satisfaisantes. Avec un 0 à 100 km/h en 12 secondes, vous ne serez pas le roi des départs aux péages c’est certain, mais aux feux rouges ce sera largement suffisant. Elle garde donc cette pêche qui la caractérise, procurant un véritable plaisir derrière le volant.

En plus de ça, elle affiche une fois de plus un parfait feeling dans la direction. C’est un vrai bonheur de la chahuter ; elle va se montrer pleinement à l’aise dans la jungle urbaine comme en pleine cambrousse. Grâce à une bonne proposition en matière de châssis et amortissement, les ingénieurs ont trouvé le bon compromis entre dynamisme et confort. Ce sont tous ces atouts qui ont fait de la Swift un véritable coup de cœur chez moi ces dernières années. Par son caractère pétillant, tout en restant docile, elle s’adapte à tous les types de conduite. Maintenant, c’est en réalité du côté de la nouvelle boîte CVT que le bât blesse, partiellement. Alors qu’elle demeure une excellente boîte au quotidien, en révélant une souplesse et douceur très agréables, c’est moins joyeux lorsqu’on demande plus de vivacité. Elle hurle en fait beaucoup trop en pleine charge, montant le régime jusqu’à bien plus de 5000 tr/min. Lors d’une insertion par exemple, on se sent, le mot est rude, comme agressé. Ce n’est vraiment pas agréable, et pour ceux préférant maîtriser les accélérations, la boîte manuelle sera une meilleure alliée. D’autant que cette dernière se montrera moins gourmande en carburant.

Budget tout doux

À ce sujet d’ailleurs, les promesses d’efficience accrue ne se sont pas nettement visibles à la pompe, par rapport à l’ancienne motorisation. La consommation n’en reste pas moins excellente, sur mon parcours d’essai très varié, elle oscillait entre 4,5 et 5,5 l/100, avec une petite pointe à 6 litres en fonction du relief autoroutier. C’est d’ailleurs sur ce long ruban d’asphalte que notre Swift Hybrid sera le moins à l’aise. Elle se montre en effet assez bruyante, avec un haut régime moteur, et des bruits de vent malheureusement peu atténués. Elle aura également tendance à ne pas tenir les 130 km/h lorsque l’inclinaison deviendra plus importante. Normal me direz-vous, avec si peu de puissance, mais c’est tout de même bon à rappeler s’il s’agit de votre voiture principale.

Sinon côté prix, la gamme prend un peu moins de 1000 €, mais son équipement se voit enrichi à chaque finition. Dès le premier niveau vous bénéficiez de feux à LED, de régulateur de vitesse adaptatif ou encore du freinage d’urgence. Quand la Swift débute à 15 390 €, la version ici présente s’établit à 19 900 €. Il s’agit d’une finition Pack avec une peinture bicolore « So Color » Speedy Blue facturée 850 €. Enfin, toutes les Swift sont neutres en malus.

Malgré une puissance pas toujours suffisante et une boîte à apprivoiser, la nouvelle Suzuki Swift Hybrid garde son tempérament fun et agréable à conduire au quotidien. Jolie et au budget bien placé, elle reste une citadine à réellement prendre en considération lors de votre projet d’achat.   

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)