Quand j’étais petit, la Corolla était pour moi surtout la reine des pistes caillouteuses sur Sega Rallye. Mais c’est avant tout une berline du segment C, essentielle pour la marque nippone. Avec son retour, la 12e génération de la Toyota vient remplacer une Auris qui, en Europe, n’a pas eu le succès escompté. Cette nouvelle génération va-t-elle relancer le segment pour la marque en France ?

Avant de commencer, je dois vous avouer que j’ai un très mauvais souvenir de la seule boite CVT que j’ai pu avoir en main, celle d’une Lexus NX300h. D’une lenteur abyssale et d’une gestion incompréhensible. J’allais donc à Majorque, lieu de l’essai, à reculons.

Arrivé à l’aéroport, je découvre la voiture en vrai pour la première fois. Je l’avais vue en photo très rapidement et j’avais trouvé le design assez séduisant. L’impression demeure. La voiture est jolie et moderne à la fois, surtout dans sa version 5 portes. Le break est beau mais je trouve l’arrière pas assez finement dessiné.

Sinon dans l’ensemble la voiture est beaucoup plus belle que l’Auris. Toyota a compris le message et nous livre une voiture parfaitement dans son temps. Mention spéciale pour les optiques que je trouve magnifiquement dessinées.

La ligne globale de la voiture est sportive. Surtout dans la version finition collection de la version break avec ses jantes 18″ de série et ses boucliers avant et arrière.

Passons à l’intérieur, dans notre version break Collection, le haut de gamme de Toyota, nous avions des sièges d’une beauté peu commune pour une Toyota ! Regardez plutôt :

La planche de bord avec cette imitation de cuir blanc tendu est aussi très jolie. Ce faux cuir continue sur les portières et c’est très beau.

L’ensemble est plutôt flatteur et on se croirait facilement dans une voiture de gamme supérieure. Le volant, en revanche, n’est pas au niveau. La jante est beaucoup trop fine et pas très confortable. Les boutons font très cheap et le plastique est assez bas de gamme. Décidément, Toyota a du mal avec les volants…

Le combiné compteur est quant à lui pas mal mais la couleur bleu électrique ne fait pas très moderne. Dommage, car c’est plutôt très joli dans l’ensemble.

Le plus décevant reste le système GPS multimédia de la voiture. Lorsque l’on pense Japon, on s’imagine nouvelles technologies. Mais là, on est sur une voiture qui a plus de 5 ans de retard sur ses concurrentes. Le GPS n’est pas du tout au niveau d’un GPS d’une 308 qui n’est pas le meilleur du marché. C’est dire… Ça manque cruellement d’ergonomie. De plus, impossible d’avoir Car Play ou Android Auto, une erreur importante aujourd’hui.

Seule chose cool sur le système de Toyota, le Coyote y est intégré.

Allez direction le cap de Formentor situé au nord est de l’île pour y réaliser mes prises de vue et expérimenter la voiture sur une route assez éprouvante faite de virages nombreux et de dénivelé important.

En chemin, l’autoroute qui traverse l’île est le terrain de jeu de notre version break avec le moteur 2.0 litres et 180 ch. Mais où sont-ils ? J’ai l’impression d’en perdre 30 avec la boite de vitesse e-CVT (nom commercial) qui confirme mon souvenir.

Mais dans l’ensemble, la voiture est très confortable. C’est une très bonne voiture pour faire de la route c’est indéniable, surtout au vu de la consommation sur cette voie rapide, moins de 6 litres / 100km. Surtout que les sièges, en plus d’être très beaux, sont très confortables.

On commence ensuite l’ascension jusqu’au cap, la route est de plus en plus exigeante et de plus en plus étroite. Pour cette dernière particularité, c’est assez surpris que je découvre la facilité qu’a la voiture à se faufiler. Mais la voiture a beau avoir gagné en sportivité dans sa ligne, on n’est clairement pas sur une voiture sportive.

On se retrouve avec une voiture pataude, une direction assez floue et un freinage qui n’apporte pas la consistance nécessaire pour s’amuser. On arrive très vite à la limite du dynamisme de l’auto. La version 5 portes avec la suspension pilotée permet de gommer ces mauvais côtés. Malheureusement à ce moment là, on est mal tombé.

De plus le moteur ne dispose toujours pas des 180 ch annoncés. A cause de cette boite CVT, le moteur semble continuellement à l’agonie. Mais après quelques temps à son volant, on en vient à comprendre le fonctionnement de ce mix boite/moteur. Si on en vient à conduire comme avec une voiture normale en écrasant la pédale de droite pour accélérer, le moteur va monter dans les tours sans aucune raison et ne pas changer de régime au passage des rapports simulés (au nombre de 10).

Il faut y aller plus doucement, travailler du pied droit pour obtenir la meilleur onctuosité possible et donc la consommation la plus basse. Pas simple à réaliser. Mais on se demande surtout pourquoi Toyota s’entête à vouloir encore et toujours associer une boite à variation continue avec son système hybride. Lorsque l’on regarde les autres solutions sur le marché, par exemple celle de Hyundai avec la iOniq, on sait qu’il est possible d’allier conduite normale et hybride. Pour information, Hyundai associe à un moteur hybride, une boite à double embrayage DCT.

Une fois le fonctionnement de la boite dans la tête, la voiture se montre assez silencieuse et on se prend au jeu de consommer le moins possible. Sur la seconde journée, en essayant de faire de mon mieux pour moins consommer et cela sur les routes assez vallonnées de l’île de Majorque, je suis arrivé à 5,1 litres aux 100 km. Alors qu’avec une façon plus conventionnelle de conduire, j’étais à plus de 10 l/100 la veille. Avec un peu d’entrainement, des confrères sur place ont même réussi à faire descendre celle-ci à 4,2 l/100.

Niveau tarif, la Corolla 12e du nom débute à 26 950€ (1 000€ de plus en break) avec, entre autres, de série : la climatisation automatique bi-zone, les phares à LED, l’alerte de franchissement de ligne avec maintien dans la voie ou encore le régulateur de vitesse adaptatif. Notre version d’essai break avec le moteur 180 ch et en finition Design était à 31 950€, pour la berline avec le moteur 122 ch. Le tarif avec la même finition s’affiche à 28 950€.

Toyota revient donc en force sur le marché des berlines après 2 générations d’Auris que l’on peut raisonnablement oublier. La marque nippone nous montre ici tout son savoir-faire avec cette nouvelle génération de Corolla dans sa maîtrise de la technologie hybride même si il faut savoir y faire pour en tirer le meilleur parti.

Seule sur son segment pour l’instant, la Corolla dispose d’arme tangible pour se tailler une place sur le marché. Toyota ambitionne 15 000 unités en 2019, soit une augmentation 1 900 unités par rapport à l’Auris. Souhaitons à la marque une telle réussite car, à part cette boite difficile à comprendre au premier abord, la Corolla est une très bonne voiture pour qui cherche une berline (ou un break) avec un style marqué et un confort remarquable.

Merci à Toyota France pour l’invitation

Photos : Ugo Missana