Le ciel ne serait-il pas entrain de s’assombrir au dessus du constructeur turinois et de sa situation sur le marché européen ?

Si Chrysler et ses marques vont bien mieux depuis 18 mois, il n’en est pas de même avec la maison maison mère et ses marques (hors Ferrari et Maserati). Ainsi Fiat a vu ses ventes mondiales décliner de 2.4% au niveau mondial essentiellement à cause du déclin de Fiat sur le marché européen où les ventes ont chuté en 2011 de plus de 12%. Elle sont même passer sous le seuil psychologique (et fatidique ?) du millions d’exemplaires. Nous sommes même plus proches des 900.000 exemplaires que du millions puisque le constructeur à mis à la route en 2011 928.390 voitures. Fiat ne représente plus qu’un peu plus de 7.0% du marché européen (son marché historique avec le Brésil) et avec l’arrivée de la nouvelle Panda, les clients de fin d’année 2011 ont reporté leurs achats et Fiat a plongé à seulement 6.3% du marché européen au mois de décembre. Du pas vu depuis des années chez le constructeurs transalpin. Certains analystes font même remarquer que Fiat à immatriculé en fin d’année moins de voitures que BMW ! Pas terrible.

Bien sur on peut se dire qu’en 2012 les Panda et 500L aideront mais rien est sur quand on sait que l’effet 500L ne sera vraiment quantifiable qu’en 2013 puisque le minispace de Fiat n’arrivera sur le marché qu’en toute fin d’année 2012. Cette situation très tendue est confirmé par les ventes plus que moyennes de Lancia (l’Ypsilon s’en sort mais rien de formidable, quant aux autres modèles ils aident peu au retour en grâce de la marque à la lance), une gamme Alfa Romeo quasi moribonde puisque composée de deux modèles dont un est à son rythme de croisière et l’autre en perte de vitesse; on oubliera la possible 4C qui ne fera que de très faibles volumes de ventes en 2012 ou 2013. Tout cela sans parler des autres Fiat que sont les Idea, Bravo, Qubo, Doblo, Sedici dont les ventes vont et viennent essentiellement au rythme des promos. On gardera aussi des perspectives de ventes peu encourageantes en 2012 aussi bien sur le marché italien que dans le reste de l’Europe. Tous ces éléments font que la fameuse agence de notation Standard & Poor’s a décidé de dégrader une fois encore la note de crédit de Fiat et même de placé le constructeur et ses filiales européennes sous surveillance avec tendance négative pour les prochains mois (au Japon Honda vient de subir le même sort). S&P ajoute qu’en raison du rapprochement avec Chrysler, Fiat n’aura qu’un accès très limité aux liquidités ce qui limite les possibilités d’investissement et de développement (hors USA) ou plus simplement il y a moins d’argent pour les nouveaux modèles.

Une situation nouvelle pour Fiat mais pas nouvelle pour ceux qui se souviennent des différents constructeurs qui ont été associés depuis des décennies à Chrysler.

Pour poursuivre dans le sens de Standard & Poor’s et comme pour confirmer la fragile santé de Fiat sur le marché européen, on apprend que les usines italiennes tournent à faible régime. On parle d’environ 50% de leurs capacités en 2011 alors que ce pourcentage s’élevait à 60% en 2010. C’est bien le signe d’une vraie baisse d’activité ou d’une forte délocalisation de la production. Cette situation italienne est étrange quand on sait que certains sites délocalisés de Fiat tournent à près de 120% de leurs capacités (NDLR : aux USA les sites Chrysler tournent à 90-92% de leurs capacités de production).

On apprend ainsi que l’usine Fiat Cassino tourne à peine plus de 50% de ses possibilités du fait de la production des Bravo, Delta et Giulietta qui assure la majorité du travail. Fiat Mirafiori tourne au tiers de ses capacités (Mito, Idea, Musa) et ce n’est pas le report de l’investissement d’un milliard d’euros qui va améliorer l’affaire. Si on se fie au marché, aux demandes actuelles  seul le site de Pomigliano d’Arco devrait tourner correctement en Italie puisqu’on y assemble la nouvelle Panda. Pour les autres modèles la production se fait en Serbie, en Turquie et en Pologne sans parler des possibles futures Alfa Romeo qui seront construites aux USA chez Chrysler tout comme les SUV et autres berlines développées autour de la plateforme modulaire CUSW/C-evo. Reste le cas des futures Sedici et Jeep qui devraient être produites à Mirafiori mais à l’heure où les USA privilégient le « made in sur place », peut-on être sur que la Jeep compacte italienne fera un carton outre Atlantique, non rien ne l’assure.

Sergio Marchionne a réalisé son rêve américain mais il l’a fait au détriment de ses bases arrières et de ses marques historiques. L’affaire est risquée car le coût des prêts à Fiat va être réévalué (donc moins d’investissements pour limiter l’endettement), le marché européen à la baisse en 2012 et probablement en 2013 ne va pas aider Fiat à reprendre du poil de la bête et si Chrysler venait à avoir quelques soucis sur le marché US, les frais serait pour les deux entités du nouveau groupe automobile. Fiat doit faire les efforts nécessaires pour se sauver et sauver ses prestigieuses marques notamment sur le marché européen qui est le socle historique de Fiat. On n’oubliera pas que le grand marché brésilien devrait se tasser en 2012-2013 ainsi que celui de la Chine où Fiat veut prendre sa part du gateau; il restera les marchés russes et caucasiens mais seront ils suffisants pour rebooster Fiat, là encore rien de sur ! Alors une fois encore nous suivrons avec intérêt et passion l’évolution du groupe italo-américain et de son administrateur délégué dans les prochains mois.

Via Reuters, Acea, LeMonde.