Il y a 4 mois, chez Ford on fêtait en grande pompe les 48 ans du site de Genk et ses 14 millions de véhicules produits depuis 1964. En ce mois de septembre 2012, les nuages se sont amoncelés sur le marché automobile européen et l’ambiance est moins festive. Ford, comme les autres, est à la peine malgré une gamme renouvelée, attractive et plutôt compétitive. Ainsi en 2012, Ford Europe devrait perdre un milliard ce qui n’est pas rien et si la situation du constructeur de Dearborn est plutôt bonne hors d’Europe rien ne semble plus aller en Europe.

Selon le Wall Street Journal, Ford travaille actuellement à un plan de restructuration pour l’Europe qui comprendrait au moins une fermeture d’usine et c’est peut-être celle de Genk en Belgique qui serait dans le collimateur de la direction mais le plan concocté par la direction n’est pas encore finalisé. Néanmoins les syndicats belges sont aux aguets et craignent pour les quelques 4360 salariés du site qui assemble les grandes Ford européennes que sont les Mondeo, S-Max et Galaxy. Selon les informations relatées par le WSJ, une forte baisse de la demande en Europe pour les grandes autos et un coût de main d’oeuvre élevé seraient parmi les raisons qui pourraient pousser la direction de Ford à fermer cette grande usine belge.

Luc Prenen, du syndicat ACV, à l’issue d’une réunion avec le directeur général de Ford Europe Stephen Odel déclarait en fin de semaine : «  Nous avons posé des questions sur la rumeur (de fermeture de l’usine). Ils ont dit qu’il ne pouvaient ni confirmer ni démentir. » Mais ni le directeur général Alan Mulally ni d’autres responsables n’ont dit si cela impliquait ou non des fermetures de sites et diverses mesures de réduction permanente des capacités de production. Par ailleurs, la direction européenne rappelle qu’elle a confirmé il y a quelques mois son engagement en termes d’emploi auprès des syndicats de Ford Genk et de la région flamande. Selon elles les emplois sont donc garantis au minimum jusqu’en 2020 et nous n’avons aucune information nous permettant de croire que ce ne sera pas le cas. Les syndicats et les analystes restent septiques face à cette annonce qui vise essentiellement à apaiser les esprits.

Ford a malgré tout annoncé et confirmé que des économies étaient nécessaires en Europe. Tant que les plans ne seront pas concrets et révéles, tous les sites européens craindront d’en faire partie. La situation de Genk n’est donc pas différente de celle des usines anglaises et allemandes même si on voit assez mal Ford fermer une grosse usine allemande… Néanmoins les syndicats et les représentants du personnel restent vigilants face à l’évolution de la situation. D’ailleurs, il apparait de plus en plus que les syndicats du monde européen de l’automobile ne devrait pas tarder à faire cause commune si les fermetures d’usines se confirment ! A suivre.

Via WSJ, Reuters.