Un vent de renouveau souffle sur Morgan. Nouveau modèle, nouveau moteur, nouveau propriétaire. Et pourtant, tout semble immuable.

Electrique ? Non. ESP ? Non plus. Conduite autonome ? Vous n’y pensez pas ! Un autoradio avec CarPlay ? Pardon, quel autoradio ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que Morgan semble à l’abri de tous les tumultes technoïdes du moment. Et ce n’est pas forcément un mal de se poser un peu dans un fauteuil club, un verre de single malt à la main et de réfléchir tranquillement à faire éventuellement évoluer son produit, un jour, si il faut vraiment le faire.

Hélas, rattrapé par la sordide réalité des normes antipollution et l’arrêt de la fabrication du V8 atmosphérique BMW, Morgan a bien dû se résoudre à changer les choses. Et le changement est radical : nouveau châssis élargi baptisé CX, nouvelle composition mixte aluminium/bois, et nouveau moteur. Ce dernier adopte pour la première fois une technologie révolutionnaire : le turbo. Sous le looong capot se dissimule en effet un 6 cylindres en ligne bavarois, doté d’une de ces petites turbines innovantes. Un observateur attentif pourra d’ailleurs retrouver ce même groupe propulseur sous les capots nettement moins longs de la germaine BMW Z4 ou de la nippone Toyota Supra. Il est ici proposé dans sa définition 3 litres, 340 ch et 500 Nm. La boîte de vitesse sera hélas exclusivement automatique pour l’instant : une ZF à 8 rapports. Le levier de commande de boîte aurait d’ailleurs mérité un gros effort de personnalisation, tant son origine paraît évidente.

La Plus 6 reste heureusement une propulsion pure et dure, dont le seul garde fou électronique est un ABS. Ne cherchez pas d’ESP, de radars de recul ou autres broutilles : il n’y a rien de tout ça. Ah si, un allumage automatique des phares et un verrouillage centralisé.

La ligne de la Morgan est à première vue inchangée. En y regardant de plus près, elle est tout aussi inchangée. Il faudrait placer côte à côte une ancienne Plus 8 et une Plus 6 pour se rendre compte que la nouvelle venue est un peu plus large (1,74 m), ce qui profite à l’habitabilité et permet d’agrandir l’habitacle de 31%.

Dans le cockpit, justement, une autre nouveauté fait son apparition : un petit écran LCD, placé entre deux compteurs analogiques. Complètement décalé, mais joliment intégré. Ce qui l’est moins, c’est le volant plutôt grossier, doté de palettes de changement de rapports qui semblent tout à fait hors de propos. Pas de recharge par induction semble-t’il, mais est ce bien grave ? Terminons les aspects confort avec le nouveau hard top. Il est décrit comme inspiré des road racers des années 60 et donne à la Plus 6 un petit air canaille qui lui va bien.

Avec 340 ch et un poids plume de 1 075 kg vous vous attendez à d’excellentes performances ? Et vous avez raison : 0 à 100 km/h en 4,2 secondes et Vmax de 267 km/h. C’est mieux qu’une Plus 8, et tout ça les cheveux au vent et sans électronique.

Une édition de lancement à 50 exemplaires baptisée First Edition sera proposée en coloris Emerald ou Moonstone. Donner un prix français pour cette nouvelle Plus 6 relève de la science fiction en ces temps d’incertitude brexitienne. A titre d’information, le tarif de base outre-Manche est de 77 995 £ (ou 89 995 £ pour la First Edition).

Et comme indiqué en préambule, Morgan vient tout juste de passer sous le contrôle financier de l’investisseur italien Investindustrial, qui a racheté la majorité des parts via plusieurs fonds. Investindustrial n’est pas un inconnu dans l’industrie auto : il détient déjà des parts chez Aston Martin Lagonda.

Crédits photos : Morgan