C’est en pleine polémique sur les pneus que s’est déroulé ce dimanche le Grand Prix d’Allemagne de F1, sur le circuit du Nürburgring. Retour sur la course et sur la controverse Pirelli.

Silverstone, 30 juin 2013, Grand Prix d’Angleterre : une journée noire pour Pirelli, et pour 4 pilotes malchanceux qui ont vu leur pneu arrière gauche partir en lambeaux subitement (Hamilton, Massa, Vergne et Perez). Le manufacturier est vite mis en cause, car tout le monde se doute bien qu’il ne s’agit pas là d’une simple coïncidence. Pirelli, déjà plus ou moins critiqué pour ses gommes se dégradant très vite cette année, est sous les feux des projecteurs, mais pas pour les bonnes raisons ! La réponse de l’accusé ne tarde pas à se faire entendre : c’est la faute des équipes ! Elles n’auraient pas suivi les recommandations d’utilisation des gommes fournies, notamment au sujet du sens de montage (pneus asymétriques), du carrossage ou encore des pressions. Tout ceci combiné à un vibreur un peu trop agressif au virage n°4 aurait entrainé les explosions consécutives. Soit. De ce fait, les règles d’utilisation des gommes sont désormais inscrites au règlement et rappelées aux équipes. De plus, pour le GP d’Allemagne, de nouvelles gommes arrière à structure interne en kevlar (en lieu et place de structures en acier) sont introduites, avant un nouveau type en Hongrie dans 3 semaines, combinant la structure kevlar et certaines propriétés des gommes 2012. Les essais jeunes pilotes qui devaient avoir lieu la semaine prochaine à Silverstone sont remplacés par des essais pneus où les pilotes titulaires sont autorisés à rouler (Mercedes n’y aura pas droit suite à ses tests « secrets » de Barcelone).

Revenons à la course de ce week-end en commençant par les qualifs, où Lewis Hamilton s’est illustré en signant sa 29ème pôle position, égalant ainsi Juan Manuel Fangio. Il devance dans l’ordre les 2 RedBull de Vettel et Webber, suivies des 2 Lotus de Raikkonen et Grosjean, puis Ricciardo, Massa, Alonso, Button et Hülkenberg. Nico Rosberg n’est que 11ème, suite à une erreur stratégique de son équipe qui ne l’a pas laissé ressortir des stands en fin de Q2, pensant que le temps qu’il avait réalisé serait suffisant. Dommage ! Les pilotes Ferrari ont quant à eux choisi d’effectuer la qualification en pneus médiums, contrairement aux autres, en espérant effectuer un premier relais plus long en course.

Hamilton récidive donc en tête de la feuille des temps, en espérant que la malchance ne s’abatte pas sur lui comme la semaine dernière ! Les feux s’éteignent, et très vite les 2 RedBull débordent le Britannique qui ne peut lutter suite à son départ assez moyen et qui se retrouve alors 3ème. On assiste également à la désormais traditionnelle bagarre entre Button et Perez, puis à la non moins traditionnelle sortie de piste de Felipe Massa, au bout de la ligne droite des stands (4ème tour). Il est contraint à l’abandon suite à priori à un blocage de sa boite de vitesse en 5ème, ce qui l’empêche de repartir.

Les premiers arrêts aux stands ont lieu au 5ème tour (c’est tôt !), Di Resta et Vergne manquent de s’y accrocher. Hamilton rentre au tour 7, suivi un tour plus tard par Vettel puis Webber au tour 9. Son arrêt restera dans les mémoires : il repart alors que sa roue arrière droite n’est pas correctement fixée. Elle se détache instantanément et vient heurter violemment un caméraman qui se trouvait sur son chemin : (âmes sensibles, s’abstenir !)

Le malheureux est évacué rapidement à l’hôpital, il souffre d’un traumatisme crânien, d’une fracture de la clavicule et de plusieurs côtes brisées. Webber peut repartir (bon dernier) après avoir été poussé en marche arrière jusqu’à son stand. Alonso s’arrête au tour n°12, visiblement le fait de s’élancer en médiums n’était pas une si brillante idée… Consigne d’équipe au même moment chez Mercedes, où l’on ordonne à Rosberg de laisser passer Hamilton qui est sur une stratégie différente. Pendant ce temps, c’est Romain Grosjean qui mène la course, et ce jusqu’à son arrêt au tour 14. Le français est en bonne forme ce week-end, et il ressort en 3ème position après son changement de pneus. Il remonte petit à petit sur Vettel qui se trouve juste devant lui. Alonso et Hamilton nous offrent une belle bataille durant plusieurs tours, mais le pilote Mercedes ne peut lutter du fait de ses gommes à l’agonie. Il effectue son 2ème changement au tour 23.

C’est pendant ce tour que l’on va assister à un autre événement marquant de ce Grand Prix : Jules Bianchi arrête sa voiture dont le moteur vient de rendre l’âme (en flammes !) sur le bord de la piste, mais sur les F1, il n’y a pas de frein à main ! La monoplace part alors en marche arrière et traverse la piste :

Pas de conséquences à cet incident, si ce n’est une pancarte Allianz couchée et l’entrée en piste du Safefty-car ! C’est alors le rush dans les stands, la succession des changements de pneus entraine quelques loupés, pour Bottas et Rosberg notamment qui perdent un peu de temps dans l’opération. Webber profite de la voiture de sécurité pour revenir dans le même tour que tout le monde. Le restart intervient au 30ème tour, et il est très bien géré par Vettel qui a déjà près d’une seconde d’avance sur Grosjean au passage sur la ligne de chronométrage. Notre Romain national va se battre pour rester dans la zone lui permettant d’activer le DRS (il est désactivé pendant 2 tours après une voiture de sécurité), au tour 35 il est à moins d’une demi seconde du triple champion du monde ! On se prend alors à rêver d’une première victoire pour lui ! Au 36ème tour, Perez et Maldonado sont en plein combat, et connaissant les 2 gaillards on craint le pire, mais Perez parvient à doubler sans qu’aucun dommage ne soit à déclarer, un vrai miracle !

Alonso, 4ème, se rapproche dangereusement du trio de tête. Grosjean est le premier des hommes de tête à effectuer son dernier changement de pneus au tour 40, imité le tour suivant par Vettel. Pas de changement de position entre les 2 après cet arrêt, mais à ce moment là c’est Raikkonen qui prend provisoirement le commandement de la course, il est en effet sur une stratégie décalée qui l’amènera à changer ses gommes plus tard. Grosjean et Vettel s’échangent les meilleurs temps en course, mais il finissent par perdre un peu de leur avance sur Alonso en étant gênés par Hamilton qui n’a toujours pas effectué son dernier arrêt. Raikkonen rentre aux stands au tour 50, tout comme Alonso. Ils ressortiront tout deux en pneus tendres, ce qui est un avantage non négligeable en fin de course sur Vettel et Grosjean qui sont eux en médiums.

« Kimi est plus rapide, ne le gêne pas ». C’est la phrase qu’entend Romain Grosjean pour la première fois au tour 52, on lui répète au tour 55 et il doit s’incliner face à son coéquipier, mieux placé que lui au championnat. L’avantage des pneus tendres se fait alors bien sentir, et Raikkonen va pouvoir tenter d’aller titiller Vettel durant ces derniers tours. Alonso revient également très fort sur Grosjean, il est à moins d’une seconde de lui (et donc dans la zone DRS) à 3 tours de la fin. Le dernier tour va permettre à Hamilton de dépasser Button pour la 5ème place, mais ne permettra ni à Raikkonen de doubler Vettel, ni à Alonso de doubler Grosjean. Webber parvient à terminer à la 7ème place, au prix d’une belle remontée suite à son incident dans les stands.

Vettel remporte donc pour la première fois son Grand Prix national devant les 2 Lotus. 25 points de plus pour lui au championnat (157), ce qui lui permet de creuser l’écart sur Alonso (123) et Raikkonen (116).

Le classement final :

1 Sebastian VETTEL Red Bull
2 Kimi RAIKKONEN Lotus
3 Romain GROSJEAN Lotus
4 Fernando ALONSO Ferrari
5 Lewis HAMILTON Mercedes
6 Jenson BUTTON McLaren
7 Mark WEBBER Red Bull
8 Sergio PEREZ McLaren
9 Nico ROSBERG Mercedes
10 Nico HULKENBERG Sauber
11 Paul Di RESTA Force India
12 Daniel RICCIARDO Toro Rosso
13 Adrian SUTIL Force India
14 Esteban GUTIERREZ Sauber
15 Pastor MALDONADO Williams
16 Valtteri BOTTAS Williams
17 Charles PIC Caterham
18 Giedo Van Der GARDE Caterham
19 Max CHILTON Marussia
20 Jean-Éric VERGNE Toro Rosso
21 Jules BIANCHI Marussia
22 Felipe MASSA Ferrari

Prochain rendez-vous dans 3 semaines en Hongrie !

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