En cette période maussade d’été pourri, de rigueur et de fermeture d’usines automobiles, quoi de mieux que de prendre le volant d’un coupé passion pour retrouver le sourire? Personne ne reste sur le trottoir! Notre terrain de jeu? L’Alsace, la Lorraine et ses routes vosgiennes qui, après les forêts nous mènent vers les grands vignobles alsacien. Je vous embarque pour une virée rapide mais inoubliable au volant du nouveau coupé GT86, fruit d’une alliance de passion et de raison entre Toyota et Subaru. Sensations garanties…

 

Pascal RUCH, PDG Toyota France, l’affirme haut et fort : chez le constructeur nippon, 3ème constructeur mondial, « la passion est de retour! » Après une déferlante de nouveautés sérieuses et pas toujours très excitantes ( Yaris, Yaris Hybride, Prius+ …), et avant les révélations à venir ( Nouvelle Auris au Mondial de Paris et Nouveau Rav4 d’ici début 2013), Toyota prend le pari de donner du frisson à un marché automobile en crise. L’enjeu est plus marketing que commercial. Le coupé GT86 ne devrait se vendre qu’à quelques petits millers d’exemplaires, mais il a pour tâche première de réhausser l’image émotionnelle de la marque, valoriser les acheteurs de modèles de grande diffusion et faire entrer de nouveaux clients dans les concessions.

 

 

Le coupé GT86 est né d’un accord scéllé en 2005 entre Toyota et Subaru mais le projet a réellement commencé en 2007 avec un maître mot « plaisir » marqué par trois caractéristiques non négociables !

-un moteur boxer avant associé aux roues  arrières motrices.

-une alimentation atmosphérique.

-un centre de gravité placé bas. (460mm)

L’histoire industrielle de Toyota a fourni de nombreuses sources d’inspiration aux concepteurs du coupé sport, remplaçant d’une illustre lignée disparue du catalogue.

-la TS800 ( Toyota Sports 800) pour son moteur avant et sa propulsion

-l’AE86 pour sa légèreté

-la 2000GT pour sa ligne superbe

 

Au sein de l’alliance, Toyota a porté la casquette design, laissant les équipes de Subaru mettre les mains dans le cambouis de la conception technique.

La GT86 se présente sous la forme d’un élégant coupé 2+2 à la carrosserie légèrement tricorps dynamique et racée de 4,24m de long pour une largeur de 1,78m, une hauteur de seulement 1,28m. ( Empattement : 2,57m)

Grâce à l’implatation du moteur au plus près du sol, le capot est très bas, gage d’aérodynamisme et de légèreté. Des décrochements dans le toit pagode et l’aileron arrière favorisent la stabilité au sol. L’appartenance à la gamme Toyota est assurée par un recours assez fréquent aux formes triangulaires connues sur les autres modèles, mais l’ensemble dégage une vraie forte personnalité. On peut néanmoins regretter le manque d’exclusivité lié au fait que le cousin Subaru commercialise le même modèle à quelques menus détails près … La ligne générale emprunte avec parcimonie des détails néorétro de ses inspiratrices, la 2000GT en tête et permet grâce à ses quatres coins proéminents de faire parfaitement corps avec la voiture : les ailes avants très prononcées visibles à travers le pare-brise, et les ailes arrières dans les rétroviseurs extérieurs, permettent au conducteur de savoir à tout moment où se trouve chaque coin de la voiture ! Idéal pour inscrire précisemment la voiture sur la route en toute circonstance. Le coupé GT86 est doté de magnifiques jantes 17 » en aluminuim à branches dédoublées. Les projecteurs haute densité au xénon et les feux diurnes parachèvent la netteté du design de la GT86 avec un regard perçant, sportif, et ce qu’il faut d’aggressivité.

 

A l’intérieur, l’univers est plutôt connu, sage, et fidèle aux codes traditionnels du secteur. Le tableau de bord offre une lecture claire et instantannée du régime moteur et, dans une moindre mesure, de la vitesse. Le volant de petit diamètre, parfaitement horizontal et débarassé de toute commande, garantit une excellente prise en main. Les motifs en T présents à l’extérieur sur la grille de calandre ou le triangle central du feu de brouillard arrière se retrouvent aussi dans l’habitacle, notamment dans les fonds de cadrans et sur les contre portes. Si le bandeau de plastique imitation carbone qui barre horizontalement la planche de bord est de très mauvaise qualité, à l’oeil l’habitacle reste plaisant et la vie à bord du coupé GT86 est aussi appréciable en position de pilote qu’en position de passager. Oubliez toutefois les places arrières, elles sont anecdotiques. Le coffre en revanche est relativement spacieux malgré une hauteur limitée puisqu’il s’avère être largement suffisant pour la bagagerie d’un couple en escapade, escapade aucours de laquelle chacun appréciera le grand confort des sièges baquets.

 

Sous le capot, le moteur D4S est à double injection, directe et indirecte, pour un meilleur rendement. Si le chiffre 86 est un hommage à la Corolla Levin AE86 et un clin d’oeil au nom de code du projet 086A, c’est surtout une référence appuyée au rapport carré alésage-course de 86mm X 86mm. Cette géométrie est une tradition des moteurs sportifs 2,0l de Toyota. Le moteur du GT86 développe 100ch par litre et peut être équipé de 2 boîtes, manuelle ou automatique. Pour cet essai, seule la boîte manuelle 6 vitesses était disponible. Une boîte plaisir ( encore !) qui parle aux puristes : levier et rapports très courts .

L’épreuve de la route tourne vite au régal. Pourquoi traîner pour vous le dire, le coupé GT86 m’a proccuré un grand plaisir de conduite et ce quelque furent les conditions de roulage. L’objectif premier de Toyota à la conception de cette sportive était de proposer un véhicule au comportement dynamique irréprochable plus que de participer à une course aux performances pures. La voiture s’adresse donc à un panel de conducteurs très ouvert, pourvu qu’ils aient le goût des belles autos et le porte monnaie bien rempli. La GT86 a toute l’agilité nécessaire pour répondre aux sollicitations de son pilote, et ses suspensions lui garantissent une parfaite stabilité le tout, toujours, dans un grand confort. A la moindre requête le coupé Toyota devient vif et joueur sans jamais perdre en sécurité. La répartition optimale des masses avant/arrière à 53/47 optimise la maîtrise du véhicule. Le freinage sans grand brio ni réel défaut est assuré par des jeux de disques avant et arrière de grand diamètre associés biensûr à un antiblocage ABS. Pour toujours plus de sensations de pilotage, il est possible de déconnecter en partie ou en totalité les assistances éléctroniques ( hors ABS). Et à ceux que les 200ch disponibles ne seraient pas suffisants, des évolutions moteurs ne sont pas exclues, mais en aucun cas un turbo ne devrait être un jour de la partie.

Plutôt paisible au démarrage, le coupé GT86 se conduit haut dans les tours, à l’ancienne, il n’offre toute sa puissance qu’au delà des 5000tr/mn. La sonorité rauque du moteur, amplifiée par un générateur de bruit mécanique, a de quoi faire croire à un caractère plus méchant que la réalité.

 

 

Si vous êtes tentés par l’aquisition de ce savoureux petit coupé sportif , vous pourrez vous l’offrir pour moins de 30 000€. Le coupé GT86 se frotte aux VW Scirocco et Peugeot RCZ et propose une finition unique haut de gamme pour 29 900€. La courte liste d’options propose la boîte automatique, le radar de stationnement, le Touch and Go multimedia et la sellerie cuir.

 

Très à l’aise en ville ( confortable, maniable et offrant une belle visiblité), joueur et vif sur route, le Toyota GT86 réussit la synthèse d’un véhicule sportif civilisé exploitable par un éventail de type de conducteurs très large. En ce sens, le GT86 ne porte pas le blason Toyota pour rien .

 

 

 

Photos Philippe Kerleroux.