Née en octobre 1988 après la victoire de Jaguar au Mans quelques mois plus tôt cette supercar anglaise de la fin des années 80 aura une destinée peu extraordinaire et ne connaitra que l’estime et la gloire du fait de son rang et de son nom. C’est ainsi à l’automne 1988, la marque au félin présente en grandes pompes au salon de Birmingham cette supercar développée sous la direction de Tom Walkinshaw ( maitre d’oeuvre de Jaguar Sport et directeur du team gagnant en Tourisme Européen avec les coupés XJS, au Mans ) qui est sensée donner la réplique aux F40 et autres Diablo mais lorsqu’elle passera en production  ( fin 1991 ) elle affrontera aussi les redoutables EB110 et McLaren F1 qui mettront à mal sa sportivité bourgeoise.

Née avec un moteur V12 6.5 L , cette XJ220 sera finalement produite avec un V6 3.5 L ( c’est le même V6 que sur les Metro 6R4 groupe B  ) suralimenté par deux turbos Garett T3 bien moins noble mais plus léger et surtout bien plus performant puisqu’il développe 542 chevaux et 642 Nm de couple ce qui permet à l’anglaise d’abattre le 0 à 100 km/h en 4.0 secondes environ, le 1000 m en 21.0 secondes pour une Vmax de 341 km/h ( il y a même un record à 349 km/h établi à Nardo avec une version sans pot catalytique ).

Cette XJ220 est une propulsion et non une 4WD comme beaucoup le pense qui passe sa puissance au sol via les roues arrières, une BVM5 et un vrai différentiel necessaire pour transmettre au sol les 542 chevaux.

Cette anglaise de grand sport se pare bien évidemment de tous les accessoires de confort digne d’une anglaise de l’époque ( Celle de BMC … ) ce qui lui fait accuser tout de même 1470 kg ( beaucoup il y a 20 ans) sur la balance malgré une structure en nid d’abeille d’aluminium fixée sur un chassis tubulaire et une carrosserie plutôt aérodynamique elle aussi en alu ( Cx de  0.36 ) avec fond plat.

Pour assurer son statut de voiture pour homme, la XJ220 est une auto sans beaucoup d’assistance et surtout sans direction assistée pour plus de précision. La XJ220 tient son nom du simple fait qu’il y aura seulement 220 exemplaires produits et 30 prendront la direction de la France entre 92 et fin 94. La XJ220 tentera aussi quelques incartades en sport auto notamment au Mans en 1993 et 1995 avec une victoire en 1993 dans sa catégorie mais aussi un déclassement pour non conformité à cause de l’absence du pot catalytique.

 Pour la voir circuler, c’est par là.

http://www.youtube.com/watch?v=asMCZDgPszo

Mais revenons à notre XJ quasi épave tant elle est en triste état. Cette XJ couleur « Bleu Le Mans » fut vendue il y a 6 ans par un cocessionnaire de Dubaï à un beyrouthin puis elle a disparu de la circulation pour des raisons sordides, politiques et guerrière et elle vient donc de réapparaitre au hasard d’une rue d’une ville du Qatar à l’abandon le long d’un trottoir et au milieu des gravats, de la poussière et dans l’indifférence générale comme quoi, pour la population en général, une voiture aussi rare est elle, reste de la tôle et rien de plus !

Pour information cette XJ220 n° 132 livrée en 2003 à son client libanais ne totalise aujourd’hui au compteur que 900 km et n’en avait en 2003 que 250… une vraie misère  !

Ci dessous la dernière image du félin dans un état correct il y a quelques années avant de s’endormir probablement définitivement mangé par les sables du temps, à moins que ce ne soit ceux du désert !  Vraiment dommage.

Crankandpiston, Youtube.