Ce coup-ci, j’ai vraiment épuisé tous mes arguments, absolument tous mes arguments qui me permettraient de justifier auprès de vous chers lecteurs un 361731671 ème article traitant de près ou de loin de la MX-5 de 4me génération (nom de code ND, pour ceux qui débarqueraient). Sauf que là, il y a une nouveauté ! La couleur uniquement ? Vous allez bien trop vite en besogne… Si le Racing Orange constitue la partie émergée de l’iceberg, Mazda a mis les petits plats dans les grands pour célébrer dignement les 30 ans de son mythique roadster et proposer cette série anniversaire ! Autopsie d’un futur collector.

Le sens du détail

Mon cher confrère Thomas vous l’avait pourtant annoncé ici, vous alliez très bientôt entendre reparler de la MX-5, et pour cause ! Le 7 février dernier, Mazda présentait quasiment 30 ans jour pour jour après la première apparition publique du roadster MX-5 au Salon de Chicago de 1989 une édition anniversaire pour célébrer 30 ans de succès. Baptisée “30th anniversary Edition”, 3000 exemplaires sont en ce moment même écoulés à travers le monde. Si les Etats Unis disposent à eux seuls de 500 exemplaires pour le seul marché, la France a vu sa dotation passer récemment de 100 à 200 exemplaires suite au succès rencontré par cette édition. Pas mal si l’on met ce chiffre en face de celui des ventes annuelles du roadster qui s’élèvent à un peu plus de 1000 unités pour cette 4ème génération.

La MX-5 se pare donc pour l’occasion d’une robe Orange Racing, choix plutôt osé de la part du constructeur nippon si l’on jette un oeil à la palette de couleurs proposée jusqu’à maintenant sur la ND, plutôt fade – dixit votre serviteur qui a pourtant choisi un gris pour son exemplaire personnel, osé n’est-il pas ? Et tenez vous bien, Mazda a le sens du détail puisque l’ensemble de l’habitacle arbore lui aussi fièrement surpiqûres, passepoils, et liserés assortis. La MX-5 30ème anniversaire reprend le merveilleux 2.0 L maison, fort de 184 ch en atmo ainsi que l’ensemble du pack sport incluant sièges Recaro, barre anti-rapprochement et amortisseurs Bilstein. Mais Mazda ne s’est pas arrêté là et a sorti de son magasin de jouets des jantes forgées Rays inédites qui plairont sans aucun doute aux amateurs de la culture automobile japonaise ainsi que des étriers de frein Brembo à 4 pistons à l’avant et Nisin à deux pistons à l’arrière. La taille des disques reste quant à elle inchangée.

Un cadre enchanteur

À croire que Mazda a fichu un logiciel espion sur mon ordinateur avec lequel je traite mes photos de vacances de ces deux dernières années, car sur beaucoup d’entre elles, on peut y apercevoir d’une part des MX-5 (ça c’est normal), et d’autre part le cadre enchanteur de la Route des Grandes Alpes. Communément appelée la RDGA, elle traverse du Nord au Sud le massif montagneux sur 720 km empruntant pas moins de 17 cols ! Pas besoin d’aller beaucoup plus loin pour que vous compreniez où je veux en venir : c’est tout simplement en France LE terrain de jeu idéal pour la MX-5, et je l’avais bien compris. Du coup vous devinez sûrement la suite. Invitation. Événement. Essais officiels. MX-5 30ème anniversaire. Les ingrédients magiques qui ont fait de ces deux derniers jours un souvenir inoubliable que je compte d’ailleurs bien vous faire vivre au mieux à travers la vidéo qui suit à la fin de l’article.

Des virages à n’en plus finir, des paysages alpins à couper le souffle et une fréquentation encore faible en ce début juillet, le tableau est idéal et les nuages menaçants ne viendront pas gâcher mon plaisir. Nous ne ferons qu’une petite partie de la Route des Grandes Alpes mais qu’importe puisque deux de mes trois cols préférés figurent au programme à savoir le col de la Colombière et le col des Aravis, mythe partis les mythe du Tour de France pour les amateurs de la petite reine. Nous démarrons depuis Genève en direction de la station de ski des Gets où nous attend le déjeuner. Nous empruntons pour ce faire le col de la Ramaz totalement désert. Les premiers tours de roue au volant de cette orange sanguine sont plus qu’enthousiasmants. Je retrouve mes marques. Les épingles s’enchainent une à une et offrent tour à tour une belle visibilité sur les sorties de virages ce qui me permet (ne le répétez pas) de légères dérives du train arrière. Jouissif. Les paysages sont en grande partie bouchés par les arbres de part et d’autre de la route et ne ressemblent en rien aux grandes vallées dégagées que nous découvrirons quelques heures plus tard.

Une MX-5 libérée

Les 8 MX-5 de notre groupe s’expriment pleinement et semblent se libérer de toute contrainte, l’échappement chantant de plus en plus aiguë à mesure que l’aiguille du compte-tours approche des 7000 trs/min. Vous dire que la MX-5 a gagné en agilité grâce à la réduction de poids amenée par les jantes forgées me rapprocherait de la vérité, mais vous dire que je n’ai rien ressenti de particulier serait plus honnête. Je n’ai clairement pas l’expérience pour réussir à ressentir un tel changement ni mon popotin une telle mémoire pour avoir le souvenir des sensations d’une MX-5 184 équipée de jantes de série pour comparaison. En revanche, le freinage est en net progrès et ça je sais le ressentir ! C’était jusqu’à maintenant le seul défaut que je trouvais à la ND, un manque de mordant ici largement gommé par nouveaux étriers. En revanche, l’endurance reste sensiblement identique et avec des plaquettes de série à peine rodées, quelques freinages appuyés avant les épingles m’invitent rapidement à calmer le rythme à mesure que la distance de freinage s’allonge.

Le col de la Colombière est une vraie merveille en terme de paysage et son sommet se perd dans les nuages bas. Normalement on doit pouvoir distinguer les hauts sommets mais le temps couvert nous empêche de contempler les neiges éternelles, dommage. Le revêtement est idéal comme bien souvent dans la région, notamment grâce au Tour de France pour qui les municipalités s’efforcent chaque année de garantir un bitume convenable qui en réalité se rapproche bien souvent d’un billard ! Ça tombe bien, les Bilstein et les Recaro épargnent moins mon dos que ma 1.5 L quotidienne sur route accidentée. La montée du col des Aravis est fait de longs lacets abruptes et les 184 ch ne sont pas de trop pour grimper jusqu’au sommet, ce que notre MX-5 fait vaillamment.

Mais alors que je cherche encore mes mots pour vous faire ressentir au mieux de qu’est de vivre l’expérience MX-5 dans de telles conditions, votre rédacteur adoré ne vous a pas oublié et vous propose 9 min de plaisir intense à travers cette vidéo. Elle n’est pas belle la vie ?

Merci à Mazda France de nous avoir permis de vivre cette expérience !

Crédits Photos / Vidéo : Maurice Cernay