… 2018 !

Grosse journée pour l’agence de notation américaine Standard & Poor’s qui aujourd’hui a dégradé la note de l’Espagne, abaissé la perspective de Veolia Environnement de stable à négative, abaissé la note de Groupama, annoncé qu’elle allait dégrader la note de l’Inde et s’est occupé du marché automobile européen.Selon les analystes de l’agence, les ventes de voitures neuves en Europe de l’Ouest ne devraient pas retrouver leur niveau d’avant la crise de 2008 avant l’année 2018 soit dans 5 à 6 ans. Les immatriculations de voitures neuves devraient rester inférieures à 12 millions d’exemplaires cette année au lieu de quasiment 15 millions en 2007 selon les estimations de Standard & Poot’s. Elles devraient ensuite se redresser peu à peu pour frôler les 15 millions dans six ans environ. Cette situation, selon une étude publiée durant le salon, s’explique par la mauvaise santé de l’économie européenne, le manque de pouvoir d’achat et une vraie morosité chez les consommateurs du vieux continent. L’agence note que  les pays ne connaissent pas la même évolution de la conjoncture automobile. Si le marché allemand va se maintenir (quoiqu’un peu artificiellement), il ne devrait baisser que de 1% en 2012 et rester stable l’an prochain. Les immatriculations s’effondrent en revanche en Espagne avec -11% attendus cette année et seulement 730.000 voitures neuves vendues tout comme en Italie où le marché devrait chuter d’un cinquième (-20%) en 2012 pour se situer au mieux à 1,3 million d’autos neuves mises en circulation (vs 1.7 millions de 2 roues). S&P fait le même constat pour le Portugal, la Grèce et note que le marché français quoiqu’en nette baisse se situe entre les deux situations. 2013 ne devrait pas voir de réelle amélioration de la situation dans les pays du sud de l’Europe qui sont en plus fortement pénalisés par une surtaxation de l’automobile.

Les analystes de S&P abordent eux aussi le problème de la surcapacité de production en Europe et font savoir que les constructeurs abordent ce sujet avec un certain manque de discernement en limitant la surcapacité globale à 5% alors que selon eux elle est proche des 20% ce qui laisse à penser qu’il faudra agir sur le tissu industriel automobile dans les prochaines années sous peine de grosses difficultés pour les entreprises qui restent trop concentrées sur l’Europe.
Un bilan qu’on connaissait déjà depuis quelques mois mais il faudrait aussi se poser la question de l’évolution des marchés chinois, américains, sud américains et russes dans les prochaines car selon leur évolution, ils pourraient ou non amplifier le phénomène et les cinq prochaines années de crise annoncées !

Via S&P, AFP.