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C’est dans le cadre du prestigieux concours d’élégance de Pebble Beach que Mercedes va dévoiler un spectaculaire concept car sous la marque Maybach.

Depuis quelques années le concours de Pebble Beach, et la Monterey Car Week qui lui est associée, est devenu une nouvelle vitrine pour les constructeurs de voitures sportives et de prestige. Il devient en effet le cadre de présentations publiques de modèles de série, mais aussi de révélation inédites de concept car. Cette année, c’est Mercedes qui ouvre le bal avec ce gigantesque coupé nommé Mercedes-Maybach Vision 6. Le nom, comme souvent chez Mercedes, est révélateur de nombreuses informations. Tout d’abord, Maybach : la branche Luxe de la marque premium. Après le semi-échec de la limousine des années 2000, Maybach n’est devenu qu’un logo apposé sur des Classe S plutôt anonymes, même si le traitement de l’habitacle se fait avec le plus grand soin. Pour donner de la visibilité à la marque, rien de mieux qu’un porte étendard, surtout quand il s’étire sur presque 6 m de long ! Car le « 6 » du nom de ce concept donne tout simplement sa longueur. Quant à « Vision », c’est devenu un gimmick pour beaucoup de concepts cars actuels que ce soit chez Mercedes ou ailleurs.

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Esthétiquement, les influences de la Vision 6 sont multiples et vont chercher loin dans le passé des deux marques allemandes, notamment chez les roadster Mercedes 500K / 540K et les Maybach SW 38, dont le profil arrière typé fastback, ceinturé de chrome, est repris presque intégralement, en plus affiné. Immense capot, ligne fuyante, l’hommage est clairement là, et c’est plutôt inhabituel pour Mercedes dont les concepts car sont plutôt novateurs en terme de design (voire parfois complètement foutraques). Mais à bien y regarder de plus près, les proportions et certains détails rapprochent aussi la Vision 6 de la Vision GT Gran Turismo de 2013 : même portes papillon, équilibre des lignes identiques, même poupe minimaliste, tout juste signée d’une ceinture de LEDS. Il n’est pas impossible que la GT ait pu servir de base technique au coupé Maybach… Les proportions générales la rapprochent aussi de la récente AMG GT ou même d’une Jaguar F-Type.

Si le profil est fluide et élégant malgré sa longueur presque caricaturale (allez, on dirait un peu la voiture du loup de Tex Avery, avec son capot interminable), quelques détails font un peu fausse note. Les jantes tout d’abord : à vue de nez, on dirait du 26 ou 28 pouces 24 pouces dont les couleurs chatoyantes évoquent toute la finesse des voitures de rappeurs West Coast. Inspirées des jantes du Concept IAA présenté à Francfort l’an dernier, elles sont un brin vulgaires avec leur enjoliveur transparent. Ensuite, la calandre. Non, désolé, elle ne m’inspire rien. C’est chromé mais fade et banal. Pas de référence à un modèle historique pour autant que je puisse en juger, mais une inspiration trouvée dans « un costume à rayures » (sic). Dommage. Et pour finir : les portes papillons. Pourquoi ? Apanage des 300 SL où elles se justifiaient pour des raisons de rigidité de châssis, elles n’ont absolument pas leur place dans un coupé grand luxe, à part pour faire le show.

Pour ce qui est de l’habitacle, pas de nostalgie, mais du hi-tech. Seuls deux compteurs traditionnels restent présents dans la continuité de la colonne de direction. L’affichage de toutes les autres informations se fait sur le pare-brise, un peu comme dans Minority Report, le tactile en moins. Quoique non : le cockpit ne présente quasiment aucun bouton physique, toutes les commandes étant actionnées par des surfaces tactiles. Une petite touche de retrodesign : les sièges sont revêtus de cuir à gros boutons, comme un bon vieux canapé Chesterfield.

Sous le capot : V8, V12 ou même V16 ? Rien de tout ça. Juste quatre moteurs électriques d’une puissance totale de 750 ch, qui ne doivent d’ailleurs pas être sous le capot mais positionnés au plus près des roues pour assurer une transmission intégrale. Le capot abrite donc la soute à bagages ! Les batteries, d’une capacité totale de 80 KWh sont quant à elles disposées dans le plancher pour assurer une autonomie toute théorique de 500 km. Le système de recharge ultra rapide promet de regagner 100 km d’autonomie supplémentaire en juste 5 minutes, à condition de trouver le bon chargeur évidemment.

Les mensurations de la bête : 5,7 m de long pour 2,1 m de large et 1,32 m de haut. Une production en série de ce coupé relève quasiment de la science fiction. Il ne s’agit que d’un porte drapeau dans un cadre atypique. Mais si un ou plusieurs clients motivés et disposant d’un solide compte en banque se manifestent, il est fort possible que quelques exemplaires soient fabriqués, comme ce fut le cas pour la Vision GT Gran Turismo.

Crédits photos : Mercedes-Benz