Lors de l’audience qui se tenait cette semaine, le Tribunal de commerce a donc répondu favorablement à la demande du parquet qui avait déposé un référé visant au gel de la vente aux enchères des actifs de feu Mia Electric.

Mia - le parquet s'en mêle et veut demander l'annulation de la vente

Ce gel de la vente va permettre, dans les prochaines semaines, à la justice de se pencher avec attention et force minutie sur les conditions de la vente qui ont vu le rachat des actifs de Mia (brevets, outil de production) par la fameuse SCI « Les Roseaux ».

Il faut savoir que selon plusieurs personnes, ce rachat n’est pas conforme aux règles de la loi française qui veut qu’il soit  interdit à un ancien dirigeant de se porter acquéreur directement ou par personne interposée (comme le cas ici) lors d’une vente aux enchères de biens d’une société liquidée dont il était le dirigeant.

L’affaire est limpide et pourrait clairement mettre en cause Michele Boos qui n’avait d’ailleurs pas caché sa joie lors du rachat des actifs par le représentant de la dite SCI puisqu’elle avait été jusqu’à le féliciter publiquement avant que que la société civile immobilière ne lui « offre » gracieusement les lots acquis de la vente aux enchères.

Il faut désormais patienter pour voir ce que va donner dans l’enquête qui doit faire la lumière sur de très nombreuses zones d’ombre autour de la nouvelle société Mia Génération et notamment celles qui concernent les conditions de rachat de l’appareil de production et des brevets de Mia Electric. S’il venait à s’avérer qu’il y a eu malversation, connivence ou volonté de tromper, la ventes aux enchères sera purement et simplement annulée. Si annulation, il y a, les actifs et brevets reprendront la direction de la salle des ventes mais cette fois sous un contrôle « serré » des acquéreurs potentiels.

Du coté de Mia Génération, on dit prendre acte de la décision mais on riposte immédiatement en tenant les propos suivants : « Le parquet affirme qu’il y a collusion entre nous et le principal attributaire des enchères ? Qu’il le prouve. En attendant, la collusion ne serait-elle pas plutôt de l’autre coté ? ». Ainsi Michèle Boos, par la voix du porte parole de Mia Génération, met clairement en accusation la région Poitou-Charentes et le député local Jean Grellier et fait dire : « Jean Grellier est actionnaire de la Sem Fabrique du Bocage qui était de parti pris dans les enchères et qui, avec la Région, était sur les rangs pour remporter les enchères sur le lot principal. En mauvais perdants, le député et la Région ont-il fait pression auprès du Parquet ? Cela donne l’impression qu’il fallait absolument que les enchères partent dans leurs mains et pas les nôtres ! »
Par ailleurs chez Mia Génération on réfute l’accusation du parquet au sujet de la défaillance de l’actionnaire de Mia Electric puis de Mia Génération. D’ailleurs la nouvelle entreprise dit qu’il y a quelques mois, si la Région avait accepté les 2 ou 3 millions d’euros que Mia Génération voulait « investir » dans Mia Electric, nous n’en serions pas là actuellement. Le porte parole de poursuivre sur un ton différent et de dire que Michèle Boos a mis beaucoup d’argent dans cette affaire (de dont on peut douter…) et qu’elle a hérité d’une situation financière, économique et industrielle catastrophique. Toujours selon Mia Génération, la justice française oublie un peu vite que la région était également actionnaire et que la défaillance pourrait bien venir d’elle et non de Michèle Boos.

Tout cela risque finalement de prendre une tournure façon réglement de compte politico-financier qui risque de s’éterniser et dont il n’est pas vraiment certain que Mia Génération sorte gagnant ou même grandit en terme d’image ce qui n’est pas très bon pour une « nouvelle » entreprise.

Une chose est sure, ça commence déjà mal pour Mia Génération et ce quelle que soit la décision finale. D’un coté il y a le risque de tout perdre et de voir des poursuites judiciaires engagées, de l’autre il va y avoir du retard à l’allumage puisque la nouvelle entreprise créée par Michèle Boos ne pourra disposer de ses achats avant plusieurs semaines si ce n’est plusieurs mois.

Via AP, LePoint, LaNouvelleRépublique, SudOuest.