Dimanche 20 Octobre, j’ai voulu réunir quelques Corvette de ma région afin de vous les présenter. En 2013, la Porsche 911 fêtait ses 50 ans (un article sur son anniversaire sera bientôt en ligne) mais sa concurrente depuis toujours, est et restera la Corvette qui fête ses 60 ans cette année.

C’est donc à Chemillé (49) que j’ai donné rendez-vous à mes amis corvettistes puisque dans la région des Pays de la Loire les Corvette sont nombreuses (presque autant que les Porsche). Arrivé dans l’équipe en Septembre, le temps de mettre en place ce rassemblement fut assez court. De plus, à cause de  la météo capricieuse certains invités se sont rétractés au dernier moment.  Nous n’étions que 7 voitures au départ.

Comment comprendre cette passion pour Corvette ?

Pour fabriquer une Corvette, la recette est simple : un gros moteur V8, une carrosserie imposante et une assise confortable.

La gamme Corvette, malgré une sobriété dans sa dénomination  C1, C2, C3, C4, C5, C6, C7 (ne pas les confondre avec Citroën), sait griser par ses qualités hors normes ceux qui conduisent une ‘Vette.

Un peu d’histoire :

La première voiture s’appelle C1, sortie en 1953. 300 exemplaires furent assemblés. En 1956, une seule configuration possible : intérieur rouge et livrée blanche à l’extérieur avec capote noire. Le moteur est un 6 cylindres de 150 ch. Elle adopte, cette même année une nouvelle carrosserie avec un moteur allant de 245 jusqu’à 270 chevaux. Puis en 1958, après 10.000 unités, les 4 feux avant apparaissent. Les 4 feux ronds à l’ arrière suivront en 1961. La production s’arrêtera en 1962.  La C1 reste très rare sur le continent Européen.

C’est en 1963 que la Corvette C2 fut dévoilée. Appelée aussi « Sting Ray » elle sera commercialisée en cabriolet comme la C1 mais aussi en coupé. Elle offre déjà au minium 250 chevaux pouvant monter jusqu’à 425 pour la version  Big block produite à seulement 25 exemplaires. Elle est aujourd’hui très recherchée. Les prix peuvent monter jusqu’à 600.000$. Quelques 117.964 exemplaires de C2 sortirent des chaines de production.

En 1968 naquit la Corvette C3. Comme chaque génération, ce modèle fut très controversé. Les premières sorties des chaînes n’étaient pas vraiment les meilleures : mauvaise finition et beaucoup de dysfonctionnements mécaniques et électriques. Le magazine « Road & Track » refusa d’ailleurs d’essayer la C3. Mais dès 1969 tous les « petits » problèmes furent corrigés. Elle sera nommée à son tour « Sting Ray ». Cette version est disponible en coupé et en cabriolet. Le coupé possède 2 demi-toits amovibles pour rouler cheveux au vent. Le long capot héberge un V8. Côté puissance les moteurs développaient de 185 chevaux (diminution de la puissance à cause du 1er choc pétrolier) jusqu’à 530 chevaux pour la ZL1 qui fut produite à 2 exemplaires. Elle partageait d’ailleurs son moteur avec la Camaro.

En 1984 la C4 fut dévoilée : Elle dispose maintenant d’un seul toit amovible et d’une excellente tenue de route. Le moteur évolue de 205 chevaux (1984) à 375 chevaux pour la version ZR1. La voiture à largement été diffusée avec une production de 22 000 exemplaires par an de 1984 à 1996.

La C5 arrive en 1997 sur en concession et sur les routes. Tout est nouveau : carrosserie, moteur, châssis. L’empattement augmente de 20 cm et le poids est réduit de 40 kg. En 1998, la version cabriolet fait son apparition. En 1999, un modèle avec hard top fixe est créé. L’année 2001 voit l’apparition d’une version Z06 forte de 385 ch.

Dois-je vous présenter la C6 ? Produite à 215.000 exemplaires, sa production vient de s’arrêter pour laisser place à la C7. Elle était disponible en cabriolet, coupé ou targa. Les versions Z06 et ZR1 étaient aussi commercialisées.

Revenons à nos mout…, pardon, nos Corvette, présentes à Chemillé !  

Des amateurs et connaisseurs de générations différentes de Corvette ont accepté de participer à la randonnée du 60ème anniversaire :

  • quatre Corvette C3
  • deux corvette C4
  • une Corvette  C6.

Toutes ces voitures roulent dans la région, mais les propriétaires ne se connaissent pas.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, le capot de la C4 qui est déjà très long, fait presque ridicule face à celui de la C3.

Les 4 autos ont été produites entre 1975 et 1978. La blanche est de 1975. Une des deux noires est une « 25ème anniversaire » et l’autre une « safety car ».   La dernière est la version sportive de la C3.  Son moteur de 7.4 L développe pas moins de 270 chevaux.

La différence entre 1980 et 2010 est de taille. D’un côté beaucoup de fils et un moteur dans son « jus ». De l’autre un moteur bourré d’électronique sous un morceau de plastique.

Ces quelques lettres resteront gravées dans la mémoire de beaucoup de personnes. Sting Ray pour rappeler la raie à éperon qui figure sur les flancs de l’auto.

Le parcours d’environ deux heures que j’ai préparé passe par les vignes d’Anjou et du Layon.

Une fois les présentations faites, nous partons pour une promenade d’une soixantaine kilomètres dans les vignobles. Je profite de l’occasion pour monter dans une C4.

Hormis l’autoradio qui n’est pas d’origine, le tableau de bord de la C4 de 1984 ressemble à une véritable discothèque. Il n’y a pas d’aiguilles comme sur les autres voitures mais des cadrans électroniques de toutes les couleurs. Un des problèmes de cette voiture est justement dû à l’électronique qui grille régulièrement. Si on oublie ce petit défaut, la Corvette « C Four » reste une sportive américaine et la C4 ne déroge pas à la règle puisqu’elle reprend le gros « glouglou » des autres Corvette mais celui-ci est à mon avis le meilleur pour le moment.  La boîte de vitesses automatique sur ce modèle est plutôt agréable quoiqu’un peu simpliste dans sa gestion mais elle permet une conduite sans à-coup. Le problème des voitures avec un toit amovible comme celui de la Corvette, c’est que lorsque le toit amovible est en mauvais état ou a pris un p’tit coup de vieux, que le temps clément n’est pas de la partie, l’eau rentre facilement dans la voiture comme sur certaines autos européennes des années 70-80. Et c’est assez souvent le cas sur les C4 !

Cette Corvette C3 de 1975 est donc la plus âgée. Avec près de 4.000 km  en 1 an, on peut dire qu’elle a pas mal roulé. Comme beaucoup de passionnés, son propriétaire explique qu’il a, avant tout, acheté cette Corvette pour sa ligne. Son point faible serait sa tenue de route pas facile et pas toujours efficace. On peut mettre cela sur son âge avancé mais aussi du fait d’une conception assez simple et des épures de trains roulants assez simplistes. Bien entendu son point fort reste comme pour toutes les sportives américaines son moteur V8!

Parlons un peu de cette C3 bleue. Elle n’est pas tout à fait comme les autres puisque elle développe un V8 7.4 L de 279 ch. C’est un peu la « Z06 » de la C3. Imaginez donc cette voiture sans assistance électronique type ABS ou ESP. Il faut appuyer sur l’accélérateur avec le bout de l’orteil.  Elle est  appelée aussi Big block du fait de la cylindrée importante de son 8 cylindres. Cette voiture ne sort que 1000 km par an.  Son point faible : Les bras du train arrière comme sur bon nombre d’autres Corvettes ou muscle car venues de l’autres coté de l’Atlantique.

Le propriétaire m’explique avoir acheté cette C4 car elle propose un bon rapport qualité prix entre les anciennes et les récentes. Son coup de cœur est lorsqu’on ouvre le capot, « tout le bloc avant  s’ouvre ». Cette Corvette parcourt 3500 km par an. Il ne faut pas oublier que les Corvette dotées de gros moteurs  consomment beaucoup et il faut s’habituer à voir l’aiguille de la jauge à essence bouger presqu’aussi vite que celle d’un compte tours… surtout quand on a le pied lourd. La C4 est une auto pas toujours facile ni évidente pour le commun des conducteurs notamment du fait d’une direction imparfaite et un rayon de braquage d’un autre temps mais dans l’ensemble l’auto reste très agréable à conduire.

La C6 est la plus moderne du lot. Elle possède le plus d’électronique, est sûrement la plus facile à conduire et c’est  aussi celle qui développe le plus de puissance. Cette version est la benjamine de la bande.
Je vous en parlerai bientôt dans un essai dédié à celle-ci. Cette Corvette C6 est une R437 avec le moteur LS3 de 437 chevaux. Une série limitée à 25 exemplaires. On la reconnait grâce à son blanc et ses logos bleus.

Une vie qui décrit vraiment se que l’on voit à bord d’une Corvette : Un long capot (qui perturbe un peu la visibilité notamment lorsqu’il s’agit de bien cerner les contours de la voiture pour se garer).

Notre cortège s’avance dans la cour du château de Fesles. C’est dans ce magnifique décor que j’accueille tous ces passionnés qui semblent être enchantés par cette virée.

Toutes les voitures sont alignées. C’est sous cet angle que l’on constate ô combien les capots des Corvette sont longs !

La C6 est  la première Corvette avec des feux non levants (pour des raisons de normes de sécurité. L’affaire est la même pour les européennes et les japonaises).

Si l’on observe cette photo, on voit que c’est à partir de la C5 que le design Citro... Corvette change. La voiture devient plus large. Il n’y a plus ce très long capot mais l’esprit esthétique de la voiture se veut puissant notamment de 3/4 arrière.

En passant dans les petites villes des Mauges, les enfants et passants admirent le petit cortège. Il est vrai qu’on ne croise pas autant de Corvette tous les jours. Certains nous prennent en photos, d’autres viennent nous parler, demandant : « Mais c’est qu’elle voiture ? Une Porsche ? ». Bas non un convoi de Porsche n’aurait pas fait autant d’effet. Ben oui une 911 c’est presque commun… 🙂

En arrivant sur la place du Château à Chemillé, c’est tout un attroupement qui se crée autour de ces étranges voitures venues du nouveau monde.  C’est à ce moment que l’on comprend qu’il ne reste pas en France que des personnes qui pensent Dacia, bonus écolo ou petit moteur diesel. Il reste encore des  curieux et passionnés et c’est heureux !

Pour finir, voici une vidéo qui vous permettra d’écouter le fameux « sound » de ces américaines :

Comment acquérir le mythe Corvette  ?

Vous trouverez des Corvette C3 dès 13.500€ mais elles sont plutôt rares. Comptez entre 20.000 et 30.000€  pour une C3 20.000 et 35.000€ pour une C5 et entre 25.000€ et 50.000€ pour une C6.

Le mythe Corvette reste donc accessible. Il faut juste trouver la perle rare et savoir où l’entretenir.

Ouvrez l’œil il y a sûrement la Corvette de vos rêves dans votre région.

Je vous parlerai prochainement de la C3,C4,C5 et surtout de la C6 plus en détails. Vu le peu de temps (un après midi) et le nombre de voitures, il m’était impossible de toutes les essayer.

Nous réorganiserons une sortie Corvette dans la région Pays de la Loire en 2014 avec, l’espoir, d’accueillir plus de voitures mais aussi tous les sympathisants du mythe automobile américain.

Je remercie toutes ces personnes qui ont bien voulu participer à cette virée américano-angevine et Vincent le photographe. A bientôt pour des nouvelles sorties en ‘Vette mais pas que…