C_42 by fans : où les fans de Citroën décident des véhicules qu’ils veulent voir exposés à Paris.

 Tout vient à point à qui sait attendre : après une longue attente, l’exposition « C_42 by fans » apparaît enfin, après que les soucis de monte-charge ont été réglés pour l’installation des véhicules sur leurs plateaux. Cette exposition présente l’originalité d’avoir été élaborée par les « fans » de Citroën via un vote sur la page Facebook du constructeur français, organisé l’été dernier. Ceux-ci ont par catégorie, et après pré-sélection par les Chevrons, dit quels étaient leurs Citroën favorites. Revue de détails !

1923 : B2 Caddy Sport

 Il faut un début à toute aventure. Créée en 1919 pour reconvertir les chaînes de l’usine d’armement du Quai de Javel, la marque automobile « Citroën » lance la Type A, remplacée deux ans plus tard par la B2. En 1923 sort la B2 Caddy Sport, qui est une évolution plus puissante : de 20 chevaux, elle passe à… 22 chevaux, obtenus à partir d’un 4 cylindres de 1452 cm3. La carrosserie, dessinée par Labourdette, voit la partie arrière entièrement redessinée tel un bateau, un côté chic auquel succombera Mistinguett… Mais loin de n’être que la diva de l’élite, cette B2 Sport sut s’illustrer dans des épreuves sportives où sa petite puissance était un atout (dont des courses de consommation, comme celle du « bidon de 5 litres » organisée à la Ferté-Bernard). Pour autant, si la B2 vous est d’une apparence familière, c’est parce qu’elle servit de base aux autochenilles de la Croisière Noire, en 1924/25.

1961 : DS 19

 Que dire de neuf à propos de la DS ? Tout a déjà été écrit, publié, au sujet de celle « qui avait 20 ans d’avance », et que nulle voiture ne sut remplacer convenablement. Reste que cette version de 1961 diffère de la version du lancement en 1955 par ses grilles d’aérations sur les ailes, les « cendriers », qui améliorent le refroidissement du moteur dont la puissance passe cette année-là de 75 à 83 chevaux. A l’intérieur, la planche de bord est revue afin d’accueillir un autoradio Continental Edison. Après quelques années et un restylage, c’est un total de 1 330 755 million de DS qui furent produites (chiffre porté au-delà du million et demi en comptant les ID), à Javel et Aulnay-sous-Bois, de 1955 à 1975. De quoi tenir la promesse fixée par Michelin au projet VGD, acronyme de « Voiture de Grande Diffusion ».

1969 : DS 21 Rallye

 C’est un domaine où on ne l’attendait pas mais où ses solutions techniques furent des atouts : la DS fut une excellente compétitrice automobile. C’est en remportant le Monte Carlo 1959 que l’ID 19 révélait le potentiel de la suspension hydraulique pour les performances routières. Dix ans plus tard, Citroën engage trois DS 21 légèrement modifiées et disposant du restylage de la partie avant au Rallye du Maroc : à la fin de l’épreuve, c’est un triplé des Chevrons, avec la victoire pour l’équipage Neyret-Terramorsi, qui récidive en 1970 et 1972 ! La carrosserie est assez peu modifiée par rapport aux protos de rallyes que l’on connaîtra quelques décennies plus tard dans le Groupe B ou encore aujourd’hui en WRC : ainsi, la carrosserie est réduite à 2 portières, tandis que les ailes arrières sont ouvertes pour permettre un meilleur accès aux roues en cas de changement.

2010 : Concept-car Survolt

 Le concept-car Survolt, présenté en deux itérations successives en 2010, s’inscrit comme la suite de la réflexion des designers autour de l’héritage stylistique de Citroën. En effet, de la Révolte révélée 2009 qui reprenait la forme ovoïde la 2cv sous la forme d’une citadine chic, la Survolt conserve le regard et la calandre, tandis que l’allure est rabaissée pour devenir une sportive biplace de 3,85 m pour 1,87 m de large et 1,2 m de large. Un jeu de mot sur son nom est proposé, puisque la Survolt est électrique, motorisée par un bloc de 300 chevaux. La Survolt a été présentée sous trois robes différentes : d’abord au Salon de Genève avec un mélange de noir, gris et mauve ; puis celle-ci présente au C_42, révélée au Mans Classic entre les mains de Vanina Ickx, à la teinte entre bleu turquoise et noir ; et enfin une version art car de l’artiste Françoise Nielly.

2013 : DS5 HYbrid 4 & Grand C4 Picasso II

 Ce sont respectivement les derniers produits de Citroën sur le marché européen pour ses gammes DS et C. La DS5 HYbrid4 est depuis maintenant un an exposée au deuxième étage, tandis qu’au premier niveau arrive la version longue à 7 places du dernier C4 Picasso. Celui-ci, essayé par Eric, ose arborer un design différent de son cousin à 5 places, avec lequel il ne partage guère que les rétroviseurs et les blocs moteurs. Sa plate-forme est l’empattement le plus long qui puisse être obtenu sur la dernière EMP2 de PSA, tandis que l’infodivertissement embarqué à bord fonctionne par double écran dont l’un est entièrement tactile. Reste que sur un segment des monospaces compacts, et encore plus des grands monospaces, en perte de vitesse face aux SUV et autres crossovers à garde-au-sol surrélevée, la concurrence s’annonce rude malgré les arguments et les atouts de ce nouveau duo de C4 Picasso.

Bonus : la DS3 WRC…

 …pour la dernière fois, dans cette livrée du moins. D’abord parce que l’équipage Loeb/Elena ne sera pas au départ du championnat mondial des Rallyes l’an prochain, pour la première fois depuis 2001 ; ensuite parce que les titres pilote et constructeur ayant été remportés par Volkswagen et la paire Ogier/Ingrassia, la DS3 WRC ne portera plus en 2014 le n°1 qui ornait son toit depuis 2011.

 Voici donc pour cette exposition « C_42 by fans », proposée au public au moins jusqu’au printemps 2014. Mystère pour la suite, même si l’on peut imaginer une thématique autour de « l’essentiel » et du lancement de la C4 Cactus. Qui vivra verra, et surtout, tout viendra de nouveau à point à qui saura attendre le renouvellement de « saison » du C_42 !

Crédit photographique : François Mortier pour BlogAutomobile.fr